Saints
Saintes

Juin

D'après le nom de Junius Brutus, premier consul de Rome

Mois consacré à Junon,
fille de Saturne, épouse de Jupiter, déesse du mariage. (En Grèce : Héra)
Elle présidait aux accouchements.
C'est un mois placé sous le signe du feu et de l'eau.


- Beau mois de juin change herbe rare en beau foin.

- C'est le mois de juin qui fait le foin.

- Un pré est bien vaurien quand en juin il ne donne rien.

- Prépare autant de tonneaux qu'en juin seront de jours beaux.

- Si juin fait la quantité, septembre fait la qualité.

- En juin, quitte ta pelisse


1 juin

- Pluie au jour de saint Révérien, belles avoines mais maigres foins.

Saint Justin (juste)

Martyr à Rome en 167. Il ne s'agit pas du Justin le philosophe que l'on fête au 13 avril.

Saint Révérien (révérence)

Évêque d'Autun en des temps difficiles, il eut la tête tranchée près de Nevers, vers l'an 273.

Saint Pamphile (ami de tous)

Prêtre et martyr en 308. Il était né en Phénicie (Ouest Syrien, le long de la Méditerranée) et fit ses études à Alexandrie, en Egypte. Il y étudia la philosophie et la théologie. Il y fut ordonné prêtre.

Il constitua une bibliothèque importante et copia lui-même de nombreux livres.

A Césarée de Palestine, il fut arrêté, torturé, puis on le laissa deux ans en prison, presque oublié. Il y composa "L'apologie d'Origène.

Un jour, cinq égyptiens chrétiens se firent arrêter et mettre dans la cellule de Pamphyle. Lors du jugement, on fit une "charrette" pour tous. Il fut jeté dans un brasier.

Saint Caprais (Caprasius)

Il fut abbé du Monastère de Lérins au 5ème siècle.Il fit un voyage en Orient puis revint s'enfermer à Lérins. Il y mourut en 430.

Il est invoqué pour les rhumatismes et les maladies nerveuses.

Cela peut tenir à "Caprasius" qui devint populairement "Crapasius", de "crepa", "crever" au sens d'éclater. (manger et boire à crever) En Lorraine, Mardi-Gras est parfois appelé saint Crevaz. (cf. Merceron)

Un autre saint Caprais est Honoré à Agen au 20 octobre.

Saint Flour ou Florus (fleur)

Un des 72 disciples de Jésus. Il fut envoyé par saint Pierre pour prêcher dans la Gaule narbonnaise. Dès son arrivée à Lodève, il abattit les arbres objets de vénération des païens. Parti vers l'Aquitaine, il fit jaillir une source avec son bâton. puis, se dirigeant vers le pays d'Arverne, il s'arrêta sur la colline où l'on construisit une ville qui prit ensuite son nom.


2 juin

- Soleil de juin luit de bon matin.

- Qui en juin se porte bien, aux temps chauds ne craindra rien.

- Saint Marcellin, bon pour l'eau, bon pour le vin.

Saint Marcellin

Marcellin était prêtre à Rome et son ami Pierre exorciste au commencement du 4ème siècle. Il furent arrêté comme chrétiens, torturés puis décapités. On dit qu'on leur fit creuser leur tombe avant de les tuer.

En Belgique Wallonne, le "mal de saint Marcellin" désigne une faiblesse des jambes. Il est invoqué pour faire marcher les enfants.

Le rapport à l'eau vient-il de son ami Pierre ? le pêcheur.

Sainte Blandine

Blandine vient du latin "blandus" qui signifie "caressant, flatteur".

Ce nom correspond assez bien au caractère de la sainte qui le portait et qui fut une des plus résistante pendant les persécutions.

Elle est fêtée en même temps que saint Pothin, (le désiré) au 2 juin. Avec plusieurs autres vierges, - dont sainte Émilie - ils furent tous martyrs après avoir été jugés par le tribunal de la Gaule lyonnaise, au 2ème siècle.

Pothin venait de Grèce et fut le premier évêque de Lyon. Il était envoyé par saint Polycarpe (de Smyrne). Il répandit à Lyon le culte de la Vierge.

Comme les choses se présentaient bien depuis 15 ans, il demanda du renfort à Polycarpe qui lui envoya Irénée.

Sur ces entrefaites, l'empereur Antonin le Pieux mourut. Il avait été très tolérant vis à-vis des chrétiens. Mais son successeur, Marc-Aurèle se laissa influencer et, gouvernant mollement, il n'arriva pas à juguler la haine contre les chrétiens.

Le persécutions commencèrent à Lugdunum. On commença par interdire aux chrétiens l'accès aux bains et au Forum. Les gens, poussés par la haine les injuriaient, leur lançaient des pierres, les outrageaient. Ils étaient facilement mis en prison qui regorgeaient de chrétiens. On les accusait de manger de la chair humaine et particulièrement de jeunes enfants.

Puis commencèrent de longues périodes de tortures de tous ordres. Pothin, vieux et malade, fut battu à mort et jeté en prison où il expira.

Blandine était esclave d'une matrone gallo-romaine. Toutes deux chrétiennes, elle descendirent ensemble dans l'arène. Blandine fut flagellée, grillée sur une chaise de fer, déchirée par les bêtes, enveloppée dans un filet et ainsi livrée à un taureau qui la jeta plusieurs fois en l'air. Enfin, elle fut décapitée.

Il y avait, ce jour-là, 48 martyrs dans l'arène.

Leurs corps furent mis en morceaux et exposés à la vindicte populaire pendant 6 jours. Puis on les entassa sur un bûcher et on les brûla.

On l'appelle parfois la mère des martyrs.

Saint Nicétas ou Nicolas Pérégrin

Au 11ème siècle, Nicétas naquit de parents paysans et pauvres, au sein de l'Attique, en Grèce.

A l'âge de huit ans, on lui confia la garde des moutons.

Mais voila qu'un jour, il se mit à crier tout à coup : "Kyrie eleison" (Seigneur, ayez pitié de nous, en grec) Il criait sans cesse, jour et nuit sans discontinuer. Il le fera d'ailleurs jusqu'à la fin de ses jours.

Sa mère interloquée ne lui épargna ni les remontrances ni les coups pour qu'il se taise. Elle le croyait tellement fou qu'elle le chassa de la maison avec interdiction d'y rentrer.

Nicétas grimpa sur une montagne voisine pour y crier encore plus fort : "Kyrie eleison".

Sa mère tout de même émue de ce qui se passait alla le retrouver pour le conduire chez les moines de Stérion afin qu'ils fassent un exorcisme car elle le croyait possédé.

Mais quoi que fassent les moines, Nicétas continuait toujours à crier "Kyrie eleison". A la fin, les moines le laissèrent partir.

Il se réfugia dans une caverne de la montagne avec son frère.

Au bout d'un certain temps, son frère fut dégoûté de la vie qu'il menait avec un frère qui passait son temps à crier "Kyrie eleison" et à couper du bois pour en faire des croix et en semer un peu partout où il pouvait. Il revint à la maison.

Nicétas décida alors d'aller à Rome. Sur le chemin, à Lépante, il rencontra un moine nommé Barthélemy qui ne le quitta plus.

Pendant le voyage, il fut maltraité sur le bateau tant il agaçait tout le monde avec ses "kyrie eleison".

En débarquant à Otrante, il guérit un énergumène. Sans doute l'énergumène avait-il trouvé plus fort que lui ?

Il marchait pieds nus, avec une courte tunique qui lui tombait jusqu'aux genoux. Il portait une croix à la main et une gibecière dans laquelle il mettait les friandises qu'il donnait aux enfants. Il rassemblait les enfants, les faisait mettre en procession et leur faisait chanter "Kyrie eleison".

Certains le prenaient pour un saint, d'autres pour un fou.

Arrivé à Trani, (Pouilles) il rassembla les enfants en procession et leur fit chanter "Kyrie eleison" en tournant autour de la ville.

L'évêque inquiet de tout ce bruit vint trouver Nicétas et lui demanda pourquoi il faisait ça. Nicétas lui répondit qu'il obéissait à l'Évangile annonçant qu'il fallait porter sa croix et se comporter comme des petits enfants. Dès lors, l'évêque le prit sous sa protection.

Après cette conversation, Nicétas rejoignit un groupe d'enfants qui trépignaient en l'attendant. Ils parcoururent la ville en procession pendant trois jours. Le quatrième, Nicétas tomba malade et fut amené à l'hôpital où il mourut. Toute la ville fut inconsolable d'avoir perdu un si jeune et si candide enfant. L'évêque demanda sa canonisation et l'obtint.

Il est un des patrons de Trani.

Saint Sadoc ou Sadoth (persan : ami du roi)

Sadocus, religieux de l'ordre de Saint-Dominique, martyr en Pologne, au treizième siècle.


3 juin

- Le temps qu'il fait en juin, le 3, sera le temps du mois.

- En juin, le temps du 3 sera celui du mois.

- Si vous voulez raccourcir la vie de votre mari, donnez lui en mai et juin des choux à manger.

Sainte Clotilde (Hold : gloire et Hilde : combat)

Elle est fêtée, depuis Vatican II, au 4 juin ???

Fille de Chilpéric, roi Burgonde, qui résidait à Lyon et soeur de Chrone. Gondebaud décida de détrôner son frère Chilpéric. Il lui trancha la tête et noya sa veuve dans le Rhône. Chrone fut enfermée au couvent et Clotilde dans un château situé près de Lons-le-Saunier. Cependant, Gondebaud la traita avec honneur bien qu'elle fut catholique.

Puis elle fit un séjour à Genève où Gondebaud la fit garder soigneusement.

Clovis qui régnait sur la France désira l'épouser mais Gondebaud refusait.

Clovis usa alors d'un stratagème pour atteindre Clotilde. Il envoya Aurélien, un noble Gallo-romain, en lui confiant l'anneau royal. Aurélien se présenta à une séance de distribution de dons aux pauvres, organisée par Clotilde. Il était déguisé en pauvre et habillé de guenilles. Il réussi à s'entretenir avec Clotilde et lui donna l'anneau. Clotilde - qui devait s'ennuyer ferme à Genève - acquiesca en lui remettant son propre anneau pour le transmettre à Clovis. Elle savait que cette tractation suffisait à donner à Clotilde le titre de fiancée de Clovis.

Elle dit à Aurélien d'envoyer rapidement une délégation afin de l'emmener hors de Genève. Il fallait profiter du fait que Arédius, le conseiller et l'âme damnée de Gondebaud était absent puisqu'il était parti à Constantinople. Si Arédius avait été présent, il n'aurait certainement pas donné son accord.

Aurélien revint donc à Genève non pas comme un mendiant mais comme un ambassadeur pour réclamer la fiancée de Clovis. Gondebaud étonné - ignorant le stratagème - consulta le conseil sans la présence d'Arédius. Tous évoquèrent le danger d'une invasion française en cas de refus. Il donna donc son accord à condition que le mariage se fasse à Chalon-sur-Saône.

Clotilde et les ambassadeurs déguerpirent en filant à cheval. Heureusement car Arédius était sur le chemin du retour. Arrivé à la cour de Gondebaud, il fulmina contre la décision prise en prédisant les pires vengeances de Clotilde pour sa famille massacrée.

On envoya une armée afin de rattraper les fuyards. Peine perdue car Clovis attendait Clotilde à Troyes.

Le mariage fut célébré à Soissons. Malgré sa répugnance à épouser un païen, Clotilde était délivrée de sa belliqueuse famille.

Elle eut un premier enfant : Ingomer. Elle obtint de Clovis la permission de le faire baptiser. Mais l'enfant mourut la semaine de son baptême. Clovis aigrit, accabla Clotilde de reproches croyant que l'enfant était mort parce qu'il n'avait pas été consacré aux dieux païens.

Elle eut un deuxième fils Clodomir, qui tomba aussi malade à son baptême. Heureusement, il guérit rapidement.

Arriva une guerre entre les Francs et les Allemands. Les Francs furent en infériorité sur la plaine de Tolbiac. Pressé par Aurélien, Clovis s'écria : "O Dieu de Clotilde, je croirai en toi et je me ferai baptiser si tu me donnes la victoire !" Bien sûr, à la minute, la situation tourna à son avantage. Les Allemands firent soumission.

Saint Rémi baptisa Clovis : "baisse la tête fier Sicambre, brûle ce que tu as adoré et adore ce que tu as brûlé." Clotilde était radieuse.

Clovis mourut en 511. La suite de l'histoire est faite de séquences plus horribles les unes que les autres, dépassant les meilleurs "films d'horreurs" d'aujourd'hui.

Entre autres, Clotilde excita ses fils contre les Burgondes qui étaient sous le règne de Sigismond, fils de Gondebaud. Gondebaud était mort. Sigismond fut précipité dans un puits avec sa femme et ses enfants. Voir aussi l'horrible assassinat, avec des ciseaux, des petits-enfants de Clodomir etc.

Après tous ces meurtres, Clotilde se retira à Tours, au tombeau de saint Martin. Pendant ce temps, ses enfants s'entretuaient.

Elle mourut en 545.

Les Allemands prétendirent que sur les armes de France, il y avait trois crapauds, mais Sainte Clotilde les aurait remplacés par trois lys reçus du ciel.

Si vous passez rue de Tolbiac à Paris, ayez une pensée pour Clotilde.

Saint Kevin (600)

Abbé irlandais qui resta immobile, les bras en croix pendant sept ans. (position de stationnaire que l'on retrouve quelquefois chez les ermites du désert de Scété en Egypte) les oiseaux venaient nicher dans ses mains. Il vécut 120 ans.

Saint Lifard (6ème siècle)

Juge ecclésiastique à Orléans. Il débarrassa la ville d'un horrible serpent. Dieu lui fit planter une baguette près du repaire du serpent. Le serpent se jeta sur la baguette mais ne put la briser. Il en mourut. Il est invoqué contre les serpents.

On le représente avec un bâton fiché en terre et un serpent qui mord le bâton au sommet.

Saint Davin

Davinus, confesseur à Lucques,


4 juin

- Beau temps en juin, abondance de grains.

- En juin beau soleil qui donne n'a jamais ruiné personne.

- S'il pleut en juin, mange ton poing.

Saint Quirin, évêque de Sissek (Hongrie)

Persécuté par le gouverneur de la ville de Sisseck, il fut précipité dans une rivière et noyé avec une meule attachée à son cou, le 4 juin 303.

Il paraît qu'il flotta longtemps à la surface de l'eau, ce qui lui permit de prêcher une dernière fois, puis il disparut.

Saint Optat (apotativus : souhaiter)

Né vers 320, probablement à Milève, Optat était peut-être fils de militaire.

Il vécut toujours, semble-t-il, dans le pays. Ses horizons sont restreints : peu d'allusions à d'autres pays d'Afrique, à Rome. Son patriotisme est étroitement local. Il fut païen dans sa jeunesse. A peine devenu évêque, il dut lutter contre l'adversaire donatiste. A Milève même, il y avait un évêque schismatique, chef d'un parti actif, redoutable. Optat dut se lancer dans la polémique et finalement il s'attaque au primat donatiste de Carthage lui même.

Optat mourut vers 385, ou un peu après.

PENTECÔTE - Septième dimanche après Pâques. (2014)

Pentecôte fait partie des fêtes mobiles qui, dépendant du cycle lunaire, sont tributaires de la fête de Pâques. La date change donc chaque année.

La Pentecôte (50 jours après Pâques : Grec Pentekostè : cinquantième jour) commémore la descente du saint Esprit sur la tête des apôtres sous forme de flammes ou de "langues de feu". (Le Paraclet : de paracletus : défenseur, consolateur).

Il s'agit d'une fête commune aux Chrétiens et aux Juifs. (Chavouat, commémorant le don de la Thorah, au Mont Sinaï, 50 jours après le passage de la mer Rouge.)

Il fut un temps où la Pentecôte était célébrée avec bien plus de fastes qu'aujourd'hui. On sonnait de la trompette pour rappeler "le fracas semblable à celui d'une bourasque de vent" qui accompagna la descente de l'Esprit sur les apôtres. De la voûte des églises tombaient des langues de feu ou des roses rouges. Puis, on lâchait des colombes.

Pentecôte était appelée "Pâques des roses"

Hors du contexte des grandes religions, la fête est le prétexte à rituels de purifications. Ce jour consacre la fin du séjour des âmes des morts sur la terre. A Chypre, la fête du Kataklysmos (Déluge) ou de saint Yalos (sainte Grève) est célébrée sur le rivage depuis des temps immémoriaux. Un dignitaire verse de l'eau bénite dans la mer puis immerge la croix. Les jeunes gens se lancent alors dans l'eau pour la récupérer.

De nombreuses fêtes se déroulent le dimanche et le lundi. (Soignies, etc.) C'est aussi le mardi de Pentecôte, à partir de 8h00 du matin que se déroule la fameuse procession dansante d'Echternach, au Luxembourg. 10.000 danseurs sillonnent la ville en dansant et continuent leur danse dans l'église. Étonnant ! Ça doit être le seul endroit, dans le monde, où, comme autrefois, on danse dans l'église.

- A Pentecôte les roses sont, à saint Jean s'en vont.

- Entre Pâques et Pentecouste, le dessert n'est qu'une drouste. (croûte)

- A la Pentecôte, les cerisottes.

- Pour Pentecôte, le berger goûte les cerises

- Pentecôte, fraises à goûter, Trinité, fraise au panier.

- Pluie à la Pentecôte, beau temps à la Trinité.

-Pentecôte pluvieuse n'est pas avantageuse.

- Pour la Pentecôte, mets tes boeufs au pâturage, car il y a de l'herbe et il ne faut pas s'attendre à ce qu'il y en ait davantage.

- A la Pentecôte, déshabille tes côtes


5 juin

- Juin froid et pluvieux, tout l'an sera grincheux.

Saint Boniface (bonne face)

Archevêque de Mayence, mort en 754.

Il s'appela d'abord Windfrid et naquit dans le Devonshire en Angleterre. Devenu prêtre à trente ans, il partit évangéliser l'Allemagne. Il passa d'abord en Frise et collabora avec Saint Willibrod, évêque d'Utrecht. Puis passa dans le pays de Hesse où il fut menacé par les païens. Un jour il se trouva devant un immense chêne consacré au Dieu Thor. Il le fendit en deux d'un seul coup de hache, ce qui lui valut la conversion de tous les spectateurs.

Un autre jour, il n'avait rien à manger mais un grand oiseau volant au dessus de sa table y laissa tomber un fort beau poisson.

Il organisa plusieurs évêchés dont ceux de Salzburg, Passau, Ratisbonne.

Puis il retourna en Frise où les gens étaient retournés à l'idolâtrie. Un 5 juin, la communauté avait dressé ses tentes au bord de la Burda. Ils virent fondre sur le camp une nuée de barbares. Chacun prit ses armes pour se défendre mais Boniface ordonna de laisser les armes et de se préparer à rejoindre le ciel. Ils furent tous massacrés. On l'appelle l'apôtre des Germains.

Saint Dorothée

Prêtre à Tyr. Il mourut martyr à l'âge de 107 ans en 362.

Un autre Dorothée surnommé "le Thébain" passa 60 ans dans une caverne en Egypte, non loin d'Alexandrie au 4ème siècle.

Saint Geniès

Comte d'Auvergne et confesseur. Il est honoré à Clermont. (vers 710)


6 juin

- Saint Claude baille les cerises ou les ôte.

- Haricots semés à la saint Claude rattraperont les autres.

Saint Claude

Claude vient de "Claudus" en latin. Il signifie "BOITEUX"

En mythologie, la boiterie est le caractère de bien des héros. Le boiteux a un pied en deçà et un autre dans l'au-delà. Il possède donc des savoirs mystérieux. On peut boiter des pieds, de l'oeil (borgne), de la bouche (blésité) du tronc (bossu). Autrefois, on se méfiait des boiteux. La boiterie était considérée comme un caractère diabolique. Le diable est souvent représenté avec un pied de bouc ou de cheval.

La fête de Saint Claude est au 6 juin. Depuis le Concile de Vatican II, Paul VI a fait placer la fête au 15 février. Ce qui fait mentir le dicton : "les cerises, c'est la saint Claude qui les donne ou qui les ôte". Dicton qui va bien au 8 juin mais qui ne correspond pas à la nouvelle date.

Saint Claude a donné son nom à une ville du Jura et à une marque de tabac. Il est patron des tourneurs de pipes. Il est aussi patron des tourneurs, des faïenciers, des potiers et des tanneurs. En outre, on peut l'invoquer pour faire ressusciter des enfants morts.

On croit qu'il naquit au château de Bracon, près de Salins, d'une illustre famille romaine. (vers 607)

Son père était "Patrice" ou "Maire du palais", c'est-à-dire gouverneur de la contrée.

Dès l'âge de sept ans, on lui donna de bons précepteurs. Il fit d'excellentes études tout en cultivant la piété. Vers l'âge de vingt ans, il embrassa l'état ecclésiastique et devint chanoine dans la confrérie dirigée par saint Donat.

Au bout de douze ans, il se retira dans le monastère de Condat (en 639) alors appelé Saint Oyand.

Il vivait une vie ascétique, ne se nourrissant que de racines et ne dormant que sur un dur grabat. A l'âge de 37 ans, (en 644), il dut , bien malgré lui, accepter la charge d'Abbé du monastère. Place devenu vacante par la mort de l'abbé Injuriose.

A la mort de saint Gervais, archevêque de Besançon, une voix du ciel se fit entendre qui demandait que l'on élise Claude à sa place.

Ayant conservé le titre d'Abbé de Saint Oyand, il s'y retira à l'âge de 86 ans. Il mourut le 6 juin de l'an 699 à trois heures de l'après-midi. Il avait alors 93 ans. On embauma son corps et il fut déposé à l'église de Saint Oyand.

Comme il avait une grande réputation de sainteté, un pèlerinage commença dès le lendemain de sa mort. On y venait de toute l'Europe. Lorsque les pèlerins étaient arrivés, on ouvrait le cercueil afin qu'ils puissent embrasser ses pieds.

Après la Révolution, le corps de Saint Claude fut mis en morceaux et porté au séminaire où se trouvait le représentant chargé d'organiser "l'esprit public". En route, l'os de l'avant bras tomba à terre et fut recueilli par un artisan nommé Jacquet qui le conserva pieusement. Le reste fut brûlé par les révolutionnaires la nuit du 17 juin 1794.

En 1799, toute la ville de saint Claude brûla. la Cathédrale résista grâce à ses murs épais. Seul le toit fut détruit. Après la restauration de l'édifice, on plaça ce qui restait des reliques du saint dans une châsse qui est toujours vénérée aujourd'hui.

On le représente avec un enfant assis à ses pieds et avec un sifflet. L'enfant parce qu'il sauva beaucoup d'enfants noyés et le sifflet parce qu'il est patron des ébénistes et des bimbelotiers du Jura.

- Les bains que prend saint Norbert inondent toute la terre.

Saint Norbert (fondateur des Prémontrés)

Il naquit à Santen près de Cologne au 11ème siècle. Il vécut d'abord une vie de plaisirs et de débauches.

Un jour, il lui arriva la même aventure que celle de Saint Paul sur le chemin de Damas. la foudre le fit tomber de son cheval.

Quand il se releva, il entendit une voix qui lui dit "pourquoi me persécutes-tu ?" (cf. Petits Bollandistes t.6) Cela amena sa conversion. Il entra au monastère et devint prêtre puis chanoine de Santen.

Un jour où il disait la messe, une grosse araignée était tombée dans son calice. Il l'avala courageusement puis s'agenouilla et attendit de voir ce qui se passerait, croyant que la mort surviendrait. Mais il éternua et rejeta l'araignée par le nez

Il séjourna à Laon. On le conduisit dans la forêt de Coucy en un lieu appelé Vois. Il y avait un vallon appelé Prémontré où une chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste était abandonnée. Il y resta en prière toute la nuit. Des révélations lui indiquèrent que c'était là qu'il devait fonder son ordre. Dans un rêve, il vit un grand nombre de personnes vêtues de blanc.

L'évêque lui donna le terrain afin qu'il y bâtisse un monastère. L'ordre des Prémontrés était né et prospéra dans toute l'Europe.

Norbert mourut à Magdebourg en 1134.

Un avatar des Prémontrés est la bière de Leffe, plus précisément "bière de l'Abbaye de Leffe", abbaye tenue par les Prémontrés. Leffe est un faubourg de Dinant dans la province de Namur.

Norbert doit se rappeler de ses beuveries de jeunesse !


7 juin

- La pluie de juin fait bel avoine et maigre foin.

- Un pré est un vaurien quand en juin il ne donne rien.

- Eau de juin ruine le moulin.

Saint Gilbert (descendant brillant - de haute race)

Né d'une famille auvergnate, Gilbert partit en croisade vers la terre sainte. Ne pouvant supporter les horreurs des guerres, il tomba malade et s'empressa de rejoindre l'Auvergne. Avec sa femme, ils décidèrent de devenir religieux, vendirent leurs biens et se séparèrent.

Gilbert rejoignit Sens où il se fit Prémontré. Puis il revint en Auvergne où il fit bâtir un monastère à Neuffonts. Il mourut en 1152.

Saint Mériadec

Issu d'une famille princière, il se fit moine, devint prêtre puis évêque de Vannes au VII§me siècle.

A Stival, près de Pontivy, existe une chapelle de saint Mériadec. On y montre une cloche en cuivre que l'on sonne au dessus de la tête de ceux qui sont sourds, afin de les guérir.

Saint Paul de Constantinople

Patriarche de Constantinople au 4ème siècle. Il fut étranglé par les arianistes, à Cucuse (Coscan, en Turquie, dans le Taurus). On le représente avec une corde au cou.

Saint Vulphy, patron de Rue

Il naquit à Rue, dans le Ponthieu, du temps de saint Riquier. Il était marié mais les gens le forcèrent à se faire prêtre. Il accepta et fit un contrat de chasteté avec sa femme. Mais un jour, il ne put s'empêcher de renouer avec les commerces charnels conjugaux. Cela fit scandale. Pour expier, il partit pèleriner en Terre-Sainte. Il pleura pendant tout le voyage. Puis il revint dans le Ponthieu où il se fit ermite. Les gens venaient de partout pour avoir sa bénédiction. Cela continua après sa mort en 643.


8 juin

En Bretagne, le 9 juin est l'anniversaire du déluge.

Nous commençons à entrer dans la période caniculaire. Nous sommes au lever vespéral de Sirius. (Syre ou Cyr)

- Quand saint Médard ouvre les yeux, écoute voir s'il pleut

- S'il pleut à la Saint Médard, il pleuvra 40 jours plus tard, sauf si Saint Barnabé vient lui couper le pied. (ou le nez)

- S'il pleut à la Saint Médard, il pleuvra 40 jours plus tard, à moins que saint Gervais soit beau et tire saint Médard de l'eau.

- S'il pleut le jour de saint Médard, quarante jours de temps bousard.

- Saint Médard éclairci fait le grenier farci

- Saint Médard beau et serein promet abondance de grain.

- Saint Médard, grand pissard, fait boire le pauvre comme le richard.

- S'il pleut à la saint Médard, c'est du beau temps pour les canards

- Repique les choux s'il t'en reste.

- Saint Médard s'est mis à pisser, saint Barnabé y a coupé.

Saint Médard (ou Merdard ou Merd ou Myrrdhin ou Merlin) évêque de Noyon et son frère jumeau Saint Godard (ou Gildard) évêque de Rouen. (en pays gallois, on l'appelle Lailoken et son frère l'Allogen)

Leur père s'appelait Nectard et leur mère Protagie. Ils naquirent à Salency, en Picardie, près de Noyon, au commencement du règne de Childéric, père de Clovis.

Médard était très généreux. Un jour, on lui avait fait don d'un manteau de grand prix. Ayant rencontré un aveugle qui n'avait pas de quoi se couvrir, il lui en fit présent.

Un autre jour que son père était revenu de la campagne avec plusieurs chevaux, il le chargea de les conduire dans le pré.

Médard apercevant un homme qui avait perdu son cheval à la suite d'un accident et qui portait sur la tête, avec beaucoup de peine, la selle, la bride, les étriers et les sangles, il lui donna un des chevaux de son père.

Dieu voulant lui faire connaître que cette action était agréable, fit tomber une grosse pluie, mais un aigle étant survenu au-dessus de sa tête, étendit ses ailes et le protégea de la pluie. D'autres disent qu'un immense aigle était survenu alors que Médard lisait un précieux manuscrit. D'autres disent encore qu'il aurait déclenché une pluie diluvienne de 40 jours, pour punir des jeunes paysans qui préféraient aller danser plutôt qu'aller à la messe.

Nectard et Protagie ayant vu la scène, encouragèrent Médard à faire le bien.

Il faut remarquer que c'est aujourd'hui, le 8 juin que l'on peut observer le lever vespéral (du soir) de la constellation de l'Aigle. C'est le début du cycle quarantenaire de la canicule dont le lever héliaque se situe au 21 juillet, près de Saint Jacques et de Saint Christophe.

Un autre jour, des paysans se disputaient à propos du bornage de leur terre. Médard vint et posa le pied sur un gros caillou en leur assurant que c'était là la vraie borne. Pour les en convaincre il imprima la marque de son pied dans le caillou aussi facilement que si le caillou avait été en cire.

Médard et Godard furent ordonnés prêtre le même jour par Sophrone, évêque de Vermand.

Médard vécu dans le Vermandois et allait souvent à Salency. Là, il inventa l'institution des Rosières. Il s'agissait de récompenser la jeune fille la plus méritante et la plus pure. Elle était alors dotée pour son mariage.

Comme Médard possédait un fief qui s'appelait "fief de la rose" et que c'est de là qu'il détachait une partie de ses revenus pour l'élue, le nom de "rosière" y aurait pris son origine. La fille touchait une bonne somme d'argent de rente plus une couronne ou un chapeau de rose.

La coutume des rosières de mai se fait encore aujourd'hui à certains endroits. Elle est remplacé à Orléans par l'élection de la "Jeanne d'Arc".

Une nuit, un voleur était entré dans sa vigne et y avait fait un grand dégât pour en emporter un grand butin. Une fois chargé de son butin, il ne put trouver d'issue pour sortir de la vigne. De plus il ne put se décharger de son butin. Il erra toute la nuit. Le matin, on le trouva, son butin entre les mains, dans un "effroi merveilleux" à cause de l'étrange nuit qu'il avait passée. Médard lui pardonna et lui fit même cadeau du butin.

Une autre fois, quelqu'un lui déroba une ruche, mais il fut tellement poursuivit par les abeilles qu'il n'eut plus qu'à se jeter aux pieds de Médard pour lui demander de le délivrer des abeilles.

Un autre personnage lui avait volé un taureau. Mais il fut obligé de le ramener car la clochette qui était attachée à son cou sonnait continuellement d'elle-même et rendait témoignage de son larcin.

L'armée de Clotaire Ier fit des ravages dans le Vermandois mais les chariots sur lesquels les soldats avaient chargé leur butin demeurèrent immobiles jusqu'à ce qu'ils eurent rendu le fruit de leur vol.

Médard fut sacré évêque de Vermand par Saint Rémi. Mais Vermand était la proie de pillages constants. Il déménagea alors à Noyon qui avait une grande forteresse. Un peu plus tard, il fut aussi consacré évêque de Tournai, ce qui lui donna la responsabilité de deux sièges épiscopaux.

La reine Radegonde, lassée de son voyou et dépravé mari, vint se consoler à Noyon auprès de Médard. Elle y fonda un monastère.

Quand il mourut, vers l'an 545, ou en 560, son corps fut transporté à Soissons. Arrivé au bourg de Crouy, le cercueil devint parfaitement immobile. On ne pouvait plus le lever. On vit alors une colombe sortir de sa bouche et s'élever vers le ciel. On y construisit une basilique.

Il est patron des marchands de parapluie. Les Saintongeais l'on rebaptisé saint Cassotoux.

Aujourd'hui, c'est aussi Sainte Syre ou Syrie, soeur de Saint Fiacre patron des jardiniers et invoqué pour la fécondité et contre les hémorroïdes. Entre Syre du 8 juin et Sirius du 21 juillet il y a un pas qu'il serait trop compliqué de franchir ici.

Sainte Syre (chien ou seigneur)

Fille d'Eugène IV, roi d'Écosse. Pour précepteur, elle eut saint Conon.

Elle ne voulut pas se marier malgré les nombreux prétendants. Afin d'éviter le mariage, elle pria pour devenir aveugle et le ciel l'entendit. un songe l'avertit qu'elle recouvrerait la vue si elle séjournait en la France. Elle partit donc rejoindre sainte Fare à l'abbaye de Jouarre, près de Meaux. Elle retrouva la vue et s'installa dans le lieu. De temps à autre, elle allait à Châlons faire un séjour dans la communauté de sainte Pome. Elle mourut en 640. C'était la soeur de saint Fiacre, patron des jardiniers.


9 juin

Saints Prime et Félicien (Premier & Félicité)

Deux frères qui vécurent à Rome au 3ème siècle et à qui on a fait subir tout ce à quoi peut rêver un bourreau avide de victimes. Comme les tortures ne leur faisaient pas grand-chose, on les décapita. Ils avaient tous deux plus de 80 ans.

Sainte Pélagie (de haute mer)

Poursuivie par les assiduités d'un magistrat, elle fut appréhendée par ses soldats. Elle leur demanda la permission de rentrer dans sa maison pour revêtir des beaux habits afin de plaire au magistrat. Une fois rentrée, elle monta sur le toit et se suicida en se jetant du haut du toit. Elle vécut à Antioche au 4ème siècle.


10 juin

- Si le 10 juin est serein, on affirme avoir du grain.

- Ciel du 10 juin boudeur, foin mal sec et sans saveur.

- S'il tonne le jour de saint Landry, tant pis si c'est un vendredi, et le jour où change la lune, tu n'auras de récolte aucune.

Saint Landry

Fut évêque de Paris et fonda l'Hôtel-Dieu au 7ème siècle.

On raconte qu'il y eut un incendie important vers la Place du Chatelet. Comme il menaçait toute la ville, quelqu'un vint avec des ossements de saint Landry attaché au bout d'une perche. Il présenta les ossements au-dessus des flammes qui se retirèrent rapidement.


11 juin

- Saint Barnabé reboutonne la culotte de Saint Médard.

- Si Médard et Barnabé comme toujours, s'entendaient pour te jouer des tours, tu auras encore Saint Gervais, qui le beau va ramener (19 juin)

- Le jour de la saint Barnabé est le plus beau jour d' l'été

- A saint Barnabé, canards potelés

- A la saint Barnabé, sème tes navets.

- Blé fleurit à saint Barnabé, c'est abondance et qualité.

- A la saint Barnabé, faux au pré.

- A la saint Barnabé, le seigle sort de sa peau.

- Pluie de saint Barnabé, diminue la récolte de moitié.

Saint Barnabé (Bar : Fils - Naba : Consolation) est né à Chypre et a d'abord été appelé Joseph (Dieu ajoute). Il est parti à Jérusalem pour s'inscrire à une école juive d'écriture Sainte fréquentée aussi par Saint Etienne et Saint Paul (qui s'appelait alors Saul).

Ses parents étant morts, il vendit tous leurs biens et rapporta tout l'argent aux apôtres. Ses amis l'appelèrent alors Barnabé.

Quand Saul, converti, s'appela Paul, il s'échappa de Damas où on cherchait à le faire mourir. Il vint à Jérusalem et Barnabé le présenta aux apôtres. Barnabé fut alors envoyé à Antioche (aujourd'hui Antakya, en Turquie). Saint Paul l'y ayant rejoint, ils firent tous deux un long périple sur les bords de la Méditerranée. Saint Paul proposa alors à Barnabé de faire la visite des églises d'Asie puis ils se séparèrent.

Après, on n'entend plus parler de Barnabé. Une tradition le renvoie à Chypre puis en Italie où il devient le premier évêque de Milan. Il passe à Bergame, à Brescia, puis, après avoir ordonné Saint Anathalon à Milan, il rentre à Chypre où il se fait lapider. On le représente souvent avec des pierres dans un pli de robes ou avec une hache ou une lance instrument d'un autre martyre.

Il est invoqué contre les pluies de grêles de juin.

Y a pas de quoi fouetter un chat.
On ne sait pas trop ce qu'il a à voir avec Saint Médard ? Un dicton populaire dit que Saint Barnabé reboutonne la culotte de Saint Médard.

Sainte Roselyne (Rose)

Actuellement, Roselyne est fêtée le jour de la saint Antoine, au 17 janvier. (voir ce jour) Elle mourut un 17 janvier 1329.

Sainte Macre

Au 3ème ou au 4ème siècle, elle vécut dans l'Aisne. Il existe un culte de sainte Macre à La-Fère-en-Tardenois. Le grand persécuteur du Nord de la France et de la Belgique, Rictiovare, lui fit couper les mamelles.

Dans sa prison, la nuit, un ange lui apparut et voulut lui donner un onguent afin de la guérir de ses blessures. Elle refusa en disant qu'elle n'avait jamais utilisé de médicaments et que, d'autre part, elle ne voulait pas se priver de la joie du martyre. Si l'ange voulait la guérir, il n'avait qu'à la guérir par sa simple parole. Elle se prosterna alors contre terre. En se relevant, elle avait retrouvé ses mamelles.

Ensuite, on la roula longtemps sur des tessons de pots cassés et de charbons ardents. Elle en mourut, on n'eut pas besoin de lui trancher la tête.

Saint Hugues de Marchiennes (intelligent)

Il est né à Tournai. Un jour, il fit une chute et se démit le genou. On eut beaucoup de peine à remettre l'os déplacé. Il fallut que douze hommes tirassent de toutes leurs forces dans cette cruelle opération. Hugues ne fit rien paraître de sa souffrance et s'en trouva complètement guéri.


12 juin

Saint Onuphre

Onuphre ou Onophrius ou Bénofer était un saint homme sauvage dont parle Saint Paphnuce (3 mars)

Paphnuce raconte :

"Je repris ma route et je marchai 7 jours. Après 7 jours je regardai en arrière. Je vis un homme qui marchait lui aussi. Ses cheveux tombaient sur son corps comme une crinière de léopard car il était nu. Des feuilles de lolium couvraient l'endroit de sa virilité. Lorsqu'il s'avança je fut saisi de crainte et je montai sur l'angle d'un rocher.

Il approcha du rocher, se jeta dans son ombre, accablé qu'il était des souffrances causées par la faim, la soif, la chaleur torride du désert. Il avait beaucoup souffert. Il leva les yeux et m'aperçut. Il m'adressa la parole : "Descends, homme de Dieu, car moi aussi je suis un homme. Je suis dans ce désert à cause de Dieu."

Il dit encore : "Je suis Bénofer (Onuphre en grec). Voici 7 ans que je suis dans ce désert, couchant dans la montagne à la manière des bêtes sauvages. Je mange du lolium et des feuilles d'arbres. Je n'ai jamais vu un seul homme."

(cf. Les hommes ivres de Dieu" Jacques Lacarrière, Point-Sagesse.)

Saint Onuphrius vivait au 4eme siècle. Il est un des ascètes les plus connus. Au 15ème et au 16ème siècle, on vendait des talismans reproduisant son image. Il y avait en ces temps une vogue pour les hommes sauvages.

Il aurait été le fils d'un souverain païen, d'autres disent d'un chef nomade abyssinien (éthiopien), né pendant que son père était en campagne.

La couronne, dans la représentation actuelle fait allusion à ses antécédents nobles; la croix patriarcale, fait référence à ses origines orientales.

A son retour, le père de Saint Onophrius a décidé de tester la légitimité de son enfant par le feu, si l'enfant était légitime, il ne serait pas consumé. L'enfant a miraculeusement survécu au test. Un ange est alors apparu et a ordonné au père de baptiser l'enfant. Saint Onophrius a alors été placé dans un monastère égyptien où il a été élevé pendant 3 ans par un paysan blanc.

Ensuite, il est parti vivre dans une grotte du désert de la Thébaïde. Il se nourrissait des dattes d'un palmier et de pains miraculeux.

Il y vécut 60 ans. Paphnuce, inspiré, le rencontra pour être témoin de sa mort. Certaines légendes allemandes racontent qu'il mourut parce qu'il avait été confondu avec une bête sauvage puis abattu.

Il fait partie de ces nombreux Saints velus et sauvages, au nombre desquels on compte Sainte Marie-Madeleine, saint Roland, et, dans une certaine mesure, saint Martin.

L'Onuphre velu est apparu en Italie et en Espagne au 14eme siècle.

Saint Jean de Saint Facond (Jean : "grâce de Dieu")

Jean de Castrillo naquit le jour de saint Jean-Baptiste en 1430, ce qui lui valut son prénom.

Il fut confié par ses parents au monastère de Saint Facond. Il reçut la prêtrise puis alla étudier la théologie à Salamanque. Quelques années plus tard, il fut atteint de la pierre. Une fois opéré, il entra au monastère de l'ordre des Augustins où il devint prieur.

Puis il se mit à faire des miracles. Un jour, un enfant tomba dans un puits. Jean mit sa ceinture sur le bord du puits. L'eau monta jusqu'à la margelle, amenant ainsi l'enfant sain et sauf.

Il passa le plus clair de sa vie à tempérer le caractère belliqueux des gens de Salamanque qui ne laissaient pas passer un jour sans qu'il n'y ait de séditions vengeresses entre les familles. Il s'éleva aussi contre les moeurs dépravées de la plupart d'entre eux. Ainsi se fit-il beaucoup d'ennemis.

Un jour il reprocha à un seigneur le scandale de sa vie avec une femme débauchée. Quelques jours plus tard, la femme s'arrangea pour lui faire avaler une coupe empoisonnée. Il en mourut le 11 juin 1479.


13 juin

- Saint Antoine de Padoue ouvre le derrière des poules.

(reprise des pontes) (Je ne sais pas si ce dicton est destiné à ce saint Antoine ou à celui du 17 janvier)

Saint Antoine de Padoue. (Antoine le Portugais) (Antoine : sublime fleur)

Saint Antoine de Padoue est souvent confondu avec le grand Saint Antoine ermite mais les deux personnages sont bien différents chronologiquement.

On l'invoque pour éviter les naufrages ainsi que pour retrouver les objets que l'on a perdus. Les femmes stériles et les femmes enceintes le prient pour avoir sa protection. Il protège aussi les faïenciers de Nevers et les marchands de fraises de partout.

On le représente avec un lis et tenant l'enfant Jésus dans ses bras.

Certains pensent qu'il fait retrouver les objets perdus parce qu'il a vécu à Padoue et qu'en Italien, Padoue peut s'écrire Pave. Cela fait Antoine de Pave ou Antoine d'épaves. Or une épave a toujours été un objet perdu. On peut donc prier Saint Antoine des épaves. La prière populaire est :

Saint Antoine de Padoue
patron des filous
rendez moi ce que vous avez volé !

Il est quelquefois appelé saint Antoine de Trouve.

Quant aux femmes stériles, cela vient sans doute de ce que, quelqu'un l'a vu, la nuit dans sa chambre éclairée d'une lumière surnaturelle, tenant dans ses bras l'enfant Jésus. Ce qui lui donne une qualité - quasi mystagogique - de faire "surgir" les enfants.

Mais c'était surtout un très grand orateur. Un conteur quoi ! Il prêchait même aux poissons :

Un jour qu'il était à Rimini, comme des gens ne voulaient pas l'écouter, il se dirigea vers l'embouchure du fleuve, au bord de la mer et s'écria : "Poissons de la mer et du fleuve, écoutez : puisque les hommes ne veulent pas entendre la parole de Dieu, c'est à vous que je vais l'annoncer."

Aussitôt, des profondeurs du fleuve, des abîmes de la mer, les petits mêlés aux gros, une multitude de poissons s'approchent du rivage. Ils arrivaient de tous côtés par troupes innombrables, serrés les uns contre les autres, la tête hors de l'eau, les yeux tournés vers Antoine qui leur parla ainsi : "Quelles actions de grâces, ô poissons, ne devez-vous pas rendre à celui qui vous a donné pour demeure cette immense étendue d'eau ! C'est à lui que vous devez ces profondes retraites où vous vous réfugiez pendant la tempête; c'est lui qui, à l'époque du déluge universel, lorsque tous les hommes et tous les animaux qui n'étaient pas dans l'arche périrent, vous a conservé l'existence. Vous avez sauvé le Saint prophète Jonas, vous avez fourni à Saint Pierre et à Jésus de quoi payer le cens, enfin, vous avez servi de nourriture au Roi des Rois. louez donc et bénissez le Seigneur." A ces mots, les poissons s'agitent, battent la queue, ouvrent la bouche et témoignent par mille signes qu'ils veulent rendre hommage au Très-Haut, et lui payer le tribut de leurs muettes louanges. Les assistants ne pouvaient contenir leur admiration et leur étonnement. (extrait des Petits Bollandistes T.6)

C'est sans doute un des Saints les plus mythifiés qui soient. On raconte plein d'histoires étonnantes sur son compte. Il suffit de passer à Padoue, au magasin de l'église Saint Antoine, pour en être persuadé.

Mais avant tout, il était portugais et s'appelait Fernand ou Ferdinand le portugais. Il est né à Lisbonne en 1195, le 15 août.

Son père s'appelait Martin de Bouillon et sa mère Thérèse. Martin appartenait à la famille de Godefroid de Bouillon.

Il entra au couvent des chanoine réguliers de Saint Augustin, à Lisbonne. Il les quitta en 1220 pour se faire franciscain.

Il demanda à partir pour l'Afrique mais ses supérieurs préférèrent l'envoyer en Europe. Il s'y rendit, puis, après être tombé gravement malade, on le réembarqua pour le Portugal mais à la suite d'une tempête, son bateau échoua sur la côte sicilienne dans la province de Messine. Apprenant que Saint François allait tenir le chapitre général de l'ordre à Assise, il s'y rendit. Puis il devint aumônier à Bologne pendant un an.

Se rendant à Forli avec des dominicains qui devaient recevoir la prêtrise, il fut convié à prononcer quelques mots. On se le figurait plutôt occupé à faire des tâches domestiques mais on découvrit un orateur de première force. Il avait 27 ans.

On l'envoya prêcher en Romagne et en Lombardie. "Il avait un extérieur poli, des manières aisées, un air intéressant. Sa voix était forte, claire, agréable. Ses paroles étaient comme autant de traits qui allaient percer le coeur de chacun de ses auditeurs...

Quand le bon frère prêchait, tous les travaux étaient aussitôt suspendus. Les juges, les avocats, les négociants laissaient leur occupations pour aller l'entendre... Parmi tous ces milliers d'auditeurs qui se réunissaient autour d'Antoine, on n'entendait pas le moindre chuchotement ni le plus léger bruit."

Antoine partit prêcher en Provence et dans le Languedoc au moment ou florissait l'hérésie albigeoise. Plus tard, de passage à Bourges, l'église n'était pas suffisamment grande pour contenir la foule. Il résolut de parler en plein air. Mais un orage éclata et les gens étaient effrayés. Mais Antoine les rassura et continua à parler. L'orage s'abattit autour de la pieuse assemblée avec furie, mais laissa intacte la place qu'elle occupait.

Alors qu'il avait été élu gardien du couvent de Limoges, une pieuse femme qui faisait des commissions pour les franciscains rentra un jour assez tard à la maison. Son mari la reçut et lui jeta des coups. Il la traita si cruellement qu'elle en perdit connaissance. Il en profita pour lui couper ses cheveux qui étaient très beaux et auxquels elle tenait beaucoup. Le lendemain, elle vint voir Antoine en pleurant. Il la consola. Rentré au couvent, Antoine réunit l'assemblée de ses frères et se mit en prière avec eux. Au même instant, les cheveux de la femme repoussèrent aussi beaux et aussi longs que jamais.

Un jour, à Toulouse, Antoine se prit à discuter avec un hérétique nommé Guiald. Après une longue et âpre discussion, Guiald dit : Dans trois jours, venez ici avec une hostie consacrée. J'amènerai ma mule que j'aurai privé de nourriture pendant trois jours. Vous présenterez l'hostie consacrée et moi je lui présenterai du foin. Si elle dédaigne le foin et qu'elle se tourne vers vous, je me convertirai. Le jour venu, c'était jour de marché, Guiald arriva avec sa mule et son foin et Antoine avec un ostensoir et une hostie consacrée.

La mule, dédaignant le foin se prosterna devant l'ostensoir en gardant sa tête sur les pieds d'Antoine. Etc. Etc.

Il a même vu la vierge resplendissante de lumière dans sa cellule.

Il mourut le 13 juin 1231 à l'âge de 36 ans. Il en a vu de toutes les couleurs après sa mort tellement les gens se sont disputé la possession de son son corps.

Saint Aventin (sans doute "advient")

Mais aujourd'hui, il y a aussi Saint Aventin fêté encore le 4 février, jour de Sainte Véronique. Certains disent qu'un ours lui servait la messe.

Un jour qu'il se baladait dans les Pyrénées, il entendit un ours qui gémissait, puis il le vit venir comme pour demander du secours. L'ours lui présenta sa patte et Aventin vit qu'une épine était enfoncée dedans. Il la lui enleva.

Il prêcha dans la vallée et se fit arrêter par les Sarrasins. Ils l'enfermèrent au haut d'une tout à Castel Blanquat. Il s'évada de la tour en se lançant par la fenêtre, avec confiance en la puissance divine qui, effectivement le soutint et le fit atterrir en douceur de l'autre côté de la rivière d'Oo. Un bloc de granit y garde encore l'empreinte de son pied.

Il reprit ses prédications et se fit de nouveau arrêter au point de jonction des vallées d'Oueil et de Larboust. Les Sarrasins lui tranchèrent la tête. Mais Aventin, saisissant sa tête, se releva et la porta pendant 400 pas dans la direction du village où il était né. Puis il s'affaissa. Les Sarrasins prirent peur devant ce miracle et s'enfuirent. On l'enterra à cet endroit et il fut oublié pendant 300 ans.

A cette époque, les gens furent attiré par un taureau qui venait toujours coucher au même endroit. Quelqu'un entendit "Là est le corps du bienheureux Aventin." Saint Bertrand (de Comminges) accourut. Ils firent des fouilles et retrouvèrent le corps mutilé de Saint Aventin. "A peine avait-on remué ses ossements qu'un inénarrable parfum s'en exhala." On lui éleva un sanctuaire.

Claude Gaignebet rapproche cette histoire de celle - à l'opposé et glabre - de Saint Jérôme et son lion caniculaire. Mais surtout du conte de la jeune fille sans main dans lequel Brigitte (Sainte Brigitte) se fait couper les mains par un père incestueux. Elle prononce alors une malédiction : "que noire épine s'enfonce dans ton pied et que mes mains seules puissent la retirer !" Le père devient alors ours, avec une épine dans la patte. Cela le fait souffrir de longues années. Quelquefois cela provoque une enflure. C'est sa fille qui, ayant recouvré ses mains, le guérira en excisant le pied et en le faisant accoucher d'un petit garçon.

Il note aussi que la fête du 4 février, jour aussi de Sainte Véronique (relation avec les menstrues : les "ourses") se trouve au lendemain de la Saint Blaise, personnification des "vents" et au surlendemain de la déshibernation de l'ours.

La fête patronale du village d'Oo est le jour du Mardi-gras.

La date du 13 juin est celle de la translation des reliques. Douze nuits avant le solstice, date à laquelle on faisait passer le bétail dans les cendres des bûchers solsticiaux, afin de les protéger du piétin.

Il y a du Gargantua dans tout ça


14 juin

- En juin c'est la saison, de tondre les moutons.

- Qui pêche en juin, pêche fretin.

- De juin vent du soir, Pour le grain est de bon espoir

Saint Basile le Grand (Basile : chef)

Il a été "déménagé" au 2 janvier depuis 1969 et Vatican II.

Il serait né à Césarée de Cappadoce (aujourd'hui Kayseri en centre Turquie) vers 329.

Philosophe, poète, théologien et Docteur de l'Église, il fit ses études à Athènes puis revint en Cappadoce puis dans le Pont où il fonda plusieurs monastères et institua une règle monastique.

Il combattit l'arianisme et fut souvent victime de persécutions violentes mais en réchappa grâce aux révolutions populaires qui se déclaraient à l'encontre des occupants romains et à son profit.

Il laissa de nombreux écrits dont une "Liturgie" suivie par la majorité des églises grecques.

Il mourut le 1 janvier 379 à l'âge de 51 ans.

Saint Rufin et Valère (rufus : rouge)

Venus de Rome, ils étaient préposés à la garde des denrées destinées au palais impérial situé sans doute à Bazoches sur Vesles (Aisne). On découvrit que les deux intendants étaient chrétiens. Ils se cachèrent mais finirent par être arrêtés par Rictiovare, gouverneur de la province, puis décapités.


15 juin

Dernier jour pour planter vos choux.

LA TRINITÉ (fête en l'honneur de la sainte Trinité instituée le dimanche qui suit la Pentecôte) (2 juin en 2012)
Avant Vatican II, la Trinité marquait la fin d'une période d'interdiction de se marier. Période qui commencait le 5ème dimanche après-Pâques.
Période qui englobait à peu près le mois de mai, mois des roses, mois de Marie. Un enfant conçu en mai naissaît en février, mois où les âmes des morts remontent et risquent de rapter les enfants sains pour les remplacer par des changelins pleins de sanies.

Cette fête date du XIIe siècle. La dernière modification officielle a été réalisée en 1911.

- S'il pleut le jour de la Trinité, il pleut treize dimanches de suite.

- S'il pleut le jour de la Trinité, le blé diminue de moitié.

- En Juin la pluie est loin, et s'il pleut , chaque goutte est comme un coup de poing.

- Juin larmoyeux rend le paysan joyeux

Sainte Germaine Cousin, la maltraitée.

La famille Cousin dont le père s'appelait Laurent et la mère Marie Laroche vivait à Pibrac, vers l'an 1579, dans un petit village à quelques kilomètres de Toulouse.

Quand Germaine naquit, la pauvre petite avait des scrofules et, comme on dirait aujourd'hui, elle était handicapée de sa main droite qui était atrophiée. De plus, elle était à peine née que sa mère mourut. Ca commence bien !

Peu de temps après, son père se remaria et eut des enfants de la seconde femme. Celle-ci n'eut, pour Germaine, que des regards de haine. Ainsi, Germaine, déjà orpheline fut placée sous le joug d'une cruelle marâtre.

Pour nous consoler, les Petits Bollandistes écrivent "Elle aima la douleur comme une soeur née avec elle, placée avec elle dans le berceau, et qui fut sa constante et unique compagne depuis son premier cri jusqu'à son dernier soupir."

Sous prétexte que Germaine avait des scrofules et que c'était contagieux, la belle-mère ne voulait pas que Germaine vive avec ses propres filles.

Il s'agit d'adénopathie fistulisée le plus souvent d'origine tuberculeuse mais aussi syphilitique - Le mot "écrouelles" vient de "scrofules" qui vient du latin "scrofa" qui signifie "truie". La désignation par "scrofules" viendrait du fait que la maladie provoque des petites enflures qui ressemblent à des dos de truies. Il existe une plante : la scrofulaire, censée guérir des scrofules. Les rois de France héritaient, lors de leur intronisation du don de guérir les scrofules. Ils faisaient toujours, au lendemain de leur consécration, un pèlerinage à Saint Marcoul grand patron des scrofuleux et de toutes les maladies du cou. (Voir au 1er mai) C'est là qu'ils recevaient le pouvoir sacré de guérison. Jean Lemaire des Belges (15e s.) désignait par "grande truie" une sorte de vérole qui atteint les cordes vocales. Le malade pousse des cris rauques et perçants comme ceux de l'animal.

Elle persuada son mari de lui faire garder les troupeaux. Comme ça, elle serait toujours dehors et loin de ses demi-soeurs. Quand elle était à la maison, elle devait manger dans l'étable ou par terre au fond du couloir.

Il lui était interdit d'avoir des contacts avec ses soeurs que pourtant, paraît-il, elle aimait tendrement. Elle n'avait aucune jalousie des préférences dont ses soeurs étaient l'objet. Mais que faisait donc son père ? Elle était donc toujours par monts et par vaux, gardant les moutons par tous les temps, supportant le froid comme la chaleur.

Tous les jours elle allait à la messe. Elle plantait sa quenouille en terre et la quenouille gardait les moutons. Les loups étaient nombreux dans la région mais jamais un loup ne lui enleva de mouton. Malgré cela, la marâtre n'arrêtait pas de lui reprocher sa négligence lorsqu'elle allait à l'église en laissant ses moutons.

Pour aller à l'église, elle devait passer un gros ruisseau. Mais rien ne l'arrêtait. Un jour que le ruisseau était extrêmement gonflé, des paysans qui la voyaient venir se demandaient, d'un ton railleur comment elle ferait pour passer. O surprise ! les eaux s'ouvrirent devant elle et elle traversa sans même mouiller sa robe.

Bien qu'elle n'avait pas beaucoup de nourriture, elle les partageait avec des pauvres. Sa marâtre l'accusa de voler le pain de la maison. Un jour de plein hiver, la marâtre croit s'apercevoir que Germaine avait emporté du pain dans son tablier. Elle courut après, en furie, avec un bâton. Des voisins la virent et devinèrent ses intentions. Ils s'empressèrent de la rattraper avant qu'elle puisse frapper Germaine. Ils la rejoignirent et il fallut qu'elle ouvre son tablier. Mais à la place de pain, apparut un joli bouquet de roses.

Les voisins allèrent raconter le fait au village. Depuis, son père interdit à sa femme de battre Germaine. Il lui proposa même de loger dans la maison mais elle refusa et continua à dormir dans son appentis, sous l'escalier. (Cf. Saint Alexis au 17 février)

Un matin que son père ne l'avait pas vu sortir comme d'habitude, il alla voir sous l'escalier et la trouva morte sur son lit de sarment. Elle avait 22 ans.

On raconte que la nuit même de sa mort, deux religieux qui allaient vers Pibrac, furent surpris par l'obscurité et s'arrêtèrent dans les ruines du château. Ils virent passer deux jeunes filles, vêtues de blanc, qui se dirigeaient vers la ferme Cousin. Quelques instants plus tard, les apparitions reprirent le chemin inverse mais à la place de deux, il y en avait trois dont l'une était couronnée de fleurs.

Elle fut enterrée dans l'église de Pibrac, en face de la chaire, sous les dalles du sol, sans aucune inscription. Peu à peu, on l'oublia ainsi que le lieu exact où elle avait été enterrée.

Vers l'an 1644, à l'occasion de funérailles, le sonneur se disposait à creuser une fosse dans l'église. A peine avait-il soulevé une première dalle qu'un corps enseveli se montra. Le sonneur effrayé se mit à crier. Cela attira quelques personnes qui constatèrent que l'endroit du visage qui avait été touché par la pioche offrait l'aspect de la chair vive. Le corps fut ensuite découvert complètement. Il était entier et préservé de la corruption. Les ongles des pieds étaient parfaitement adhérents. Même les fleurs qu'elle tenait dans sa main n'étaient que légèrement fanées. A la difformité d'une de ses mains et aux blessures du cou, on reconnut le corps de Germaine Cousin qui était là depuis 43 ans.

On plaça le cadavre - tellement frais - debout près de la chaire, devant le banc des notables, exposé à la vue de tout le monde.

Un an plus tard, une des notables, Marie de Clément Gras, épouse de noble François de Beauregard, se mit à rechigner parce que Germaine était placée juste à côté du banc qu'elle occupait à l'église. Sans doute pas trop loin du poële ! Elle ordonnât qu'on éloignât la Germaine.

Bien mal lui en prit. Elle attrapa un ulcère au sein et l'enfant qu'elle nourrissait devint malade et fut presque moribond. On fit venir des médecins de Toulouse. Rien à faire. Alors, son mari lui rappela le mépris qu'elle avait eu pour la pauvre Germaine et se demanda si Dieu n'avait pas été offensé et voulait la punir par le mal dont elle souffrait.

Marie Gras demanda alors pardon. Durant la nuit suivante, elle se réveilla et vit une grande clarté dans sa chambre. Elle crût voir Germaine qui lui prédit la guérison de son enfant. Elle regarda son sein. La plaie était presque fermée. Elle fit venir son enfant, il était guéri et téta abondamment le lait qu'il refusait depuis longtemps.

Le lendemain, elle offrit une caisse de plomb où l'on plaça le corps de Germaine. Il fut porté dans la sacristie. Et on l'oublia encore. Germaine était décidément faite pour être délaissée et oubliée.

Le 22 septembre 1661, le vicaire général de l'archevêque de Toulouse, Jean Dufour, vint à Pibrac. Il était entré dans la sacristie et fut étonné de voir un cercueil en pareil lieu. Il le fit ouvrir et l'on trouva Germaine aussi fraîche que 16 ans auparavant.

Alors on lui raconta tous les détails de sa vie et la manière dont elle avait été retrouvée. Il fit même creuser sous l'église, à l'endroit où Germaine avait été retrouvée. Il y avait d'autres corps à l'état de squelette. On ne pouvait donc plus douter du miracle.

De fil en aiguille, à la suite de nombreux miracles, on demanda la canonisation en 1700.

A la révolution, en 1793, un fabricant d'étain et quatre hommes enlevèrent le cercueil de Germaine pour en faire des balles. Ils retirèrent le corps qu'ils enfouirent dans la sacristie en jetant dessus de l'eau et de la chaux vive. Mais peu après, un des hommes fut paralysé d'un bras, l'autre devint difforme, son cou se raidit et sa tête se tourna vers l'une de ses épaules. Le troisième fut atteint d'un mal de reins qui l'obligea à se plier en deux et porter cette infirmité jusqu'à son tombeau. Les deux autres implorèrent Germaine pour obtenir son pardon, ce qu'elle fit.

Quelques temps après la révolution, le maire de Pibrac, Jean Cabriforce, à la demande de la population, fit ouvrir la fosse. On découvrit une fois de plus Germaine, mais cette fois les chairs avaient été fort atteintes par la chaux. On mit notre Germaine dans un beau nouveau suaire et on la replaça dans la sacristie.

Quelques années plus tard, un pèlerinage attira les foules. Après bien des aventures turbulentes où le corps de Germaine fut "transbahuté" à différents endroits, et où l'on put dresser une liste impressionnante de miracles, le procès en béatification reprit son cours et Germaine fut béatifiée par Pie IX le 7 mai 1854.

Il paraît qu'elle ne savait pas lire.

On la représente avec une houlette, un mouton, une quenouille et aussi avec un tablier sur lequel on peut voir un bouquet de roses. Elle une des patronnes des bergers.

Saint Landelin le voleur

Il vécut sous le règne de Dagobert entre Bapaume et Cambrai. Encore jeune, il se mit à la tête d'une bande de voleurs. La mort horrible d'un de ses compagnons le décida à changer de vie.

Il devint abbé de l'abbaye de Crespin, entre Mons et Valenciennes. Il mourut en 686.

- Pluie à la saint Vit un bon an donnera mais l'orage en souffrira.

Saint Vit ou Guy (Germ. Wild : forêt)

Déménagé au 12 juin depuis 1969 et même substitué. Le Guy de Sicile ne serait pas fiable. Il est donc remplacé par Guy Vignorelli, un franciscain.

Mais Vit ou Guy de Sicile est bien plus intéressant.

Sa vie est très curieuse. On l'invoque contre la "danse de Saint Guy", autrement dit la "chorée", du grec "Khoreia" qui veut dire "danse". Il est le patron des comédiens et des danseurs.

On l'invoque aussi contre le sommeil trop prolongé, peut-être - disent les petits Bollandistes - parce qu'il souffrit le martyr "de bonne heure", il était encore enfant. On l'invoque aussi pour les chiens et contre la rage. En Italie, il est quelquefois représenté tenant un chien en laisse. On le représente aussi à côté de lions et autres animaux farouches pour rappeler qu'il fut exposé aux bêtes.

Souvent, il est représenté dans une chaudière pleine de résine, de poix et de plomb fondu, accompagné de ses parents nourriciers : Saint Modeste et Sainte Crescence. Mais ils en sortirent vivants. (Il est aussi patron des chaudronniers)

Les Allemands ont coutume de peindre Saint Guy avec un coq, pour obtenir de se réveiller à une heure fixe.

Il est donc, comme beaucoup de Saints, patron de deux maladies opposées : la danse Saint Guy et la léthargie. Beaucoup peuvent donner soit la guérison et la vie, soit la maladie et la mort. (cf les haches doubles ou les maillets doubles des dieux)

Il faut rappeler que c'est la danse "Saint Guy" qui a sans doute initié la procession dansante d'Echternach.

Né en Sicile, son père était un notable appelé Hylas et vénérait les idoles. Pour son éducation il fut confié à Modeste et à la nourrice Crescence. Ceux-ci l'élevèrent chrétiennement.

Guy avait 12 ans lors de la venue de Valérien en Sicile. Valérien, préfet, avait pour mission de persécuter la secte des chrétiens. Ayant appris que Guy était chrétien, il commanda à Hylas de mettre son fils dans le droit chemin du paganisme. Hylas promit de le faire. Ce fut peine perdue. Valérien fit arrêter Guy et lui fit donner des coups de bâtons. Mais les bras des bourreaux perdirent leur force et se desséchèrent. Cela arriva même à la main que Valérien avait étendue pour prononcer la sentence. Mais Guy les guérit tous miraculeusement.

Valérien, touché par le miracle rendit Guy à son père qui essaya de le changer en le plongeant dans les délices et l'amollissement, les nourritures, les fêtes, les danses, les petites servantes etc. Mais, au milieu de tout cela, Guy ne faisait que gémir et soupirer.

On l'obligea à dormir dans une chambre magnifique garnie de broderies d'or et de pierres précieuses. mais à peine y était-il entré qu'apparurent douze pierres d'une couleur et d'un éclat merveilleux. Les domestiques témoins du prodige poussèrent des cris d'admiration qui firent accourir Hylas. Il y vit douze anges d'une beauté indicible. A peine les eut-ils vu qu'il devint aveugle. Il courut chercher un remède au temple de Jupiter, mais ce fut sans résultat. C'est Guy qui lui redonna la vue.

Sur les ordres d'un ange, Modeste, Crescence et Guy s'enfuirent en Italie, en bateaux, et abordèrent la côte près de Naples. Comme Guy y accomplissait des guérisons, la foule s'empressait de venir le voir.

Le fils de l'empereur Dioclétien fut possédé par un démon qui le tourmentait cruellement. Il supplia Guy de le guérir. Guy parla au démon et le contraignit de sortir. Cela se fit avec un bruit horrible.

Dioclétien alors, chercha à corrompre Guy en lui offrant une partie de ses trésors et même une partie de son empire. Comme il résistait à tout, Guy fut jeté dans un cachot avec Modeste et Crescence.

Peu après, Dioclétien les jeta tous trois dans une chaudière pleine de poix et de plomb fondu. Il en sortirent sans qu'un seul de leur cheveux ait été atteint. Puis ils furent exposés aux bêtes mais les lions venaient leur lécher les pieds.

Puis, ils furent placés sur un chevalet et on leur rompit les os. A cet instant, l'air se troubla, le tonnerre gronda de manière épouvantable, et le bruit, et les éclairs remplirent l'amphithéâtre d'une horrible frayeur. Alors un Ange descendit, les détacha et les rétablit en santé. Puis il les ramena de Rome à Naples.

Après avoir demandé à Dieu d'aller le rejoindre, ils supplièrent leurs amis de les enterrer en ce lieu puis ils envoyèrent leurs âmes au ciel le 15 juin de l'an 303.


16 juin

- Pluie à la saint Aurélien, belle avoine et mauvais foin.

Saint Aurélien

Il fut évêque d'Arles au 6ème siècle sous Childebert Ier. Il y fonda un monastère.

Son tombeau est à l'église de Saint Nizier à Lyon. Il serait mort en 550.

Saint François Régis

Étonnant personnage qui, paraît-il, était de force herculéenne. Il est né le 31 janvier 1597 à Fontcouverte, près de Narbonne. En 1616 il devint Jésuite à Toulouse. Puis il fut mandé pour aller enseigner les Belles-Lettres au Puy. Ensuite, il retourna à Toulouse où il devint prêtre.

Il était très bon orateur avec un langage simple et populaire. Tout le monde aimait l'écouter.

Il désira se faire missionnaire pour aller évangéliser les Canadiens. Mais ses supérieurs l'envoyèrent dans le Vivarais.

Non seulement il était toujours par monts et par vaux, par tous les temps, pour prêcher, mais il redoublait d'énergie afin de secourir les pauvres.

Un jour de novembre, il se cassa une jambe en tombant d'un rocher. Il continua à l'aide d'un bâton afin d'aller prêcher. Ce n'est que longtemps après qu'il accepta de laisser visiter sa jambe : elle était parfaitement guérie.

Après une vie très active, il se perdit en chemin, un 31 janvier 1640, et erra longtemps dans la forêt. Il finit par trouver une cabane dans laquelle il prit un peu de repos malgré le froid et la bise. Il en contracta une pleurésie. Péniblement, le lendemain, il arriva à La Louvesc où il mourut.

Il est invoqué pour guérir de la stérilité. Devant le tombeau de saint François Régis, les épouses versent de l'eau sur le dos de leur mari tout en récitant un chapelet.

- S'il pleut le jour de saint Cyr, le vin diminue jusqu'à la tire. (jusqu'à la lie) (Beauce)

- Pluie de saint Cyr fait le vin enchérir.

Saint Cyr

Son nom vient du grec Kurios qui signifie "maître, seigneur". Il n'avait que 3 ans lorsqu'il fut martyrisé en 304 par Dioclétien. Il fut précipité du haut d'un escalier.

De par son nom, il devint patron des scieurs de long.

Le saint Cyr d'aujourd'hui est à associer mythologiquement à Sainte Syre (8 juin) et au lever héliaque de Sirius, la Canicule (21 juillet)

- Pluie de saint Férréol ne rend pas meilleur l'auriol (la châtaigne)

Saint Férréol

Son nom latin est Ferveolus qui signifie "brûlant, fiévreux". On l'invoque afin de guérir des fièvres.

Avec saint Ferjeux, il fonda l'église de Besançon au 3ème siècle. Il moururent martyr en 212.

Sainte Lutgarde (Maison du peuple)

Née à Tongres, au 13ème siècle, elle avait une jeunesse frivole et coquette. Son père se ruina en affaires. Il devint impossible de la doter. Elle fut mise en pension au monastère sainte Catherine à Saint-Trond.

C'est là que Jésus lui apparu en lui montrant sa poitrine et en lui enjoignant de l'aimer. Elle se mit à faire des miracles et à guérir des maladies avec sa salive.

Une nuit où elle se réveilla en sueur, Jésus lui apparut et lui fit baiser la plaie de sa poitrine ensanglantée.

Après bien des histoires et visions rocambolesques, elle alla au monastère cistercien d'Aywières où Jésus continua à lui apparaître ensanglanté. Elle passait son temps dans un monde de visions célestes.

Finalement, onze ans avant sa mort, elle devint aveugle. Ce qui ne l'empêchait pas de continuer à vivre avec frénésie. Elle suivait la liturgie avec tant de passion qu'un jour, alors qu'elle chantait avec ardeur, les soeurs virent une grande flamme sortir de sa bouche.

Elle mourut le 16 juin 1246.

Sainte Aline : Adeline ou Adèle ou Odette ou Adélaïde ou Odile

(Sainte ODILE, est patronne de l'Alsace. VIIIème siècle : fêtée le 13 ou 14 décembre)

Odile, du germain ODAL, comme Aline, signifie richesse, patrimoine, noblesse. (Alice, Adèle, etc.)

Sainte ALINE naquit au 7e siècle, de parents nobles. Son père s'appelait Levolde. Il était Seigneur de Dielbeeck en Brabant (Belgique). Sa mère s'appelait Hildegarde. Ils étaient païens.

Un jour, le père, sur le chemin de la chasse, rencontra un chrétien sur les bord de la Senne, avec qui il discuta.

Le chrétien lui proposa de venir à Forest le lendemain afin de participer à la célébration de la messe "vous verrez ainsi la beauté de la cérémonie !"

Levolde, d'une nature curieuse, accepta.

Le lendemain, il se dirigea vers Forest et fut bien accueilli par les chrétiens.

Mais Levolde ne s'était pas laissé convaincre. Il revint en son château et raconta à sa femme et à Alène ce qui lui était arrivé tout en jurant que ses dieux à lui étaient bien meilleurs que ceux des chrétiens.

Alène ne dit rien mais, curieuse comme elle l'était, son désir d'aller voir là-bas ce qui s'y passait, ne fit que grandir. Craignant la colère de son père, elle s'arrangea pour s'enfuir secrètement une nuit et se réfugia dans un petit oratoire situé près de Forest.

Elle y fit de nombreux voyages nocturnes, et fut instruite par saint Amand qui la baptisa.

Mais son père finit par être informé des fugues de sa fille. Furieux, il envoya une armée détruire les oratoires et massacrer ceux qui y priaient. Alène fit partie des victimes et fut enterrée sur le lieu.

Peu de temps après, on remarqua que ceux qui s'approchaient de la tombe guérissaient de leurs maladies. Cela fit grand bruit et, bientôt, la tombe fut fréquentées par les foules.

C'est alors qu'un seigneur du pays, nommée Osmonde, illustre, riche, mais aveugle se fit amener près de Levolde et lui demanda de l'amener sur la tombe de sa fille où il avait l'espoir d'être guéri.

Levolde lui dit qu'il trouvait ridicule tout ce qu'on lui avait rapporté mais qu'il voulait bien conduire Osmonde. Il ajouta que si Osmonde guérissait, il embrasserait la foi des chrétiens.

Osmonde recouvra la vue. Levolde s'effondra sur la tombe de sa fille en confessant qu'il était lui-même l'auteur de sa mort. Lui et sa femme se convertirent. Levolde se fit bapriser sous le nom d'Harold. Ils construisirent une église en l'honneur de saint Ambroise. C'est là qu'on les enterra.

Une version de la légende raconte aussi que lors du retour d'une de ses fugues, arrivée au bord de la senne, elle traversa en marchant sur les eaux. Le soldats de sont père, effrayés, préviennent Levolde qui crie à la sorcellerie et demande qu'on lui amène sa fille. Elle se débat et, un soldat lui arrache un bras. Un ange apparaît alors, ramasse le bras et le porte sur l'autel de la Chapelle.

On l'invoque contre le mal de dents et contre les maux des yeux. On la représente avec un bras arraché ou avec une couronne.


17 juin

- Si juin fait la quantité, septembre fait la qualité.

- C'est juin qui fait le foin.

- S'il tonne en juin, année de paille et de foin.

Marie la Douloureuse

Marie naquit à Woluwé-Saint-Pierre, près de Bruxelles, au 13e siècle. Elle conçut une dévotion particulière pour la Vierge Marie.

Plus tard, elle alla vivre loin de sa famille dans une petite habitation contiguë à l'église.

Il y avait déjà plusieurs années qu'elle vivait là, de l'aumône des gens qui la connaissaient.

Un jour, comme elle était très belle, un libertin lui fit des propositions malhonnêtes. Mais elle les rejeta avec indignation. Plus il insistait, plus elle refusait, mais cela aiguisait la libido de l'entreprenant libertin. Il résolut de se venger.

Sachant qu'elle allait parfois dans une famille où elle recevait des provisions pour manger, l'homme se glissa furtivement dans la maison, y déroba une coupe d'argent et, habilement, la glissa dans le cabas de Marie.

Marie retourna vers sa maison avec ses petites provisions.

Bientôt, on remarqua que la coupe avait disparu. Pendant ce temps, l'homme s'était approché de la demeure de Marie et l'accusait du larcin en déclarant qu'elle ne pourrait échapper à la justice qu'en cédant à ses propositions.

Comme Marie protestait, il saisit le sac et en sortit la coupe d'argent. La jeune fille était hors d'elle même, ne pouvant croire à ce qui lui arrivait. Devant des témoins oculaires, il rajouta que Marie était sûrement une magicienne et qu'il avait été ensorcelé par elle à tel point qu'il ne pouvait plus trouver le sommeil.

Passée en jugement, Marie se défendit en disant que c'était sûrement quelqu'un qui avait mis l'objet dans son sac. Rien n'y fit. Elle fut condamnée à mort et la sentence devait être exécutée immédiatement.

Le bourreau lui lia les pieds et les mains et fit un trou dans la terre.

Le calomniateur était dans la foule et regardait les préparations du supplice.

Quand le trou fut terminé, le bourreau plaça Marie dans le trou et la recouvrit de terre. Puis, il prit un pieu quadrangulaire qu'il posa verticalement sur le corps, puis, trois hommes armés de lourds marteaux l'enfoncèrent avec violence.

Un moment après, le supplice de l'innocente vierge était achevé mais celui du calomniateur allait commencer.

Livré aux remords, il était agité par des visions épouvantables. Bientôt, il jeta des cris si horribles qu'on fut obligé de lui lier les pieds et les mains pour l'empêcher de se tuer.

Il resta ainsi pendant 7 ans.

Ses parents finirent par essayer de le faire approcher de l'ancienne maison de Marie et de le faire entrer dans l'église. Quand ils approchèrent de l'église, l'homme entra dans une telle fureur qu'il fallut sonner les cloches pour appeler à l'aide.

Saisit par plusieurs personnes, on l'introduisit dans l'église où il se calma. L'esprit démoniaque qui l'habitait l'abandonna.

Se sentant guéri, l'homme tomba à genoux et avoua son crime.

On plaça le corps de Marie dans l'Église où elle repose encore aujourd'hui après avoir accompli de nombreux miracles.

Ainsi se termine l'histoire dolente de Marie la Douloureuse.

Saint Hervé (du celtique Haer, fort ou Houarn, fer et ber, ardent)

Autrefois, les prêtres célébraient une "trentaine" de messes pour chaque mort (Arn ofern drantrel). Vingt neuf messes étaient dites dans la paroisse du défunt, la trentième était célébrée dans la chapelle de Saint Hervé au sommet du Ménez-Bré. (chaîne de l'Arez - communes de Pédernek et Louargat - vers Lannion et Guingamp)

On la célébrait à minuit en la disant à rebours, en commençant par la fin. On n'allumait qu'un des cierges de l'autel. Tous les morts de l'année y assistaient ainsi que tous les diables.

La veille de l'office, on transportait dans la chapelle un sac de graines de lin.

Le prêtre devait monter pieds nus vers la chapelle, afin d'être "prêtre jusqu'à la terre", un goupillon dans une main, un bénitier d'argent de l'autre.

Après la messe les démons accouraient en hurlant vers le porche de la chapelle. Le prêtre les faisaient passer en revue, leur imposant ordre et silence et leur enjoignant de montrer leurs griffes afin de voir si l'âme du défunt n'y était pas prisonnière. Ensuite, il leur distribuait à chacun une graine de lin - car les démons ne partent jamais les mains vides. S'il oubliait un des démons, il devait alors se livrer lui-même et se damner. Voila pour la chapelle.

Et voici pour Hervé :

Après avoir passé quatre ans à la cour de Childebert, Hyrvanion, barde errant, originaire de la Bretagne insulaire arriva dans le Léonnais sous le règne de Hoël II. Il cherchait un navire en partance pour la Grande Bretagne.

La veille de s'embarquer, en songe, il vit un ange qui lui fit savoir :

"Dieu veut que tu t'établisses dans ce pays. Tu rencontreras, à la margelle d'une fontaine, une jeune fille nommée Rivanone. Tu l'épouseras et le fils qui naîtra de cette union sera un grand saint."

Bien qu'inquiet de ce songe, Hyrvanion décida de rejoindre son pays. En se dirigeant vers la mer, il rencontra une jeune fille. Elle s'appelait Rivanone.

"Je suis la soeur de Rivoaré qui habite cette maison derrière les arbres", dit-elle.

Hyrvanion lui raconta alors son rêve. Rivanone lui confessa qu'un ange lui était apparu et lui avait parlé dans les mêmes termes. Hyrvanion décida de ne pas continuer son voyage.

Avec l'accord de Rivoaré, (Rivanone était orpheline) Hyrvanion épousa Rivanone. Ils donnèrent naissance à Hervé.

Dès le lendemain de leur noces, Rivanone dit : "Si j'ai un fils, je souhaite qu'il ne voit jamais la fausse lumière trompeuse de ce monde !"

Hyrvanion répondit : "Oui mais qu'il ait au moins la vision des splendeurs célestes !" puis il quitta Rivanone pour la vie d'ermite.

Hervé naquit aveugle.

A l'école, Hervé émerveilla ses condisciples et ses maîtres. Ses propos était toujours plein de sagesse et de clarté. L'évêque de Léon, en ayant entendu parler, voulu lui conférer la prêtrise. Hervé n'accepta que les ordre mineurs. Sans doute ne voulait-il pas se laisser emprisonner dans une hiérarchie et garder sa vie aventureuse.

Après l'avoir confié au sage Arzian sa mère se retira dans la solitude.

A la fin de ses études, Hervé vagabonda au travers du Trégor, accompagné de Guiharan, (ou Guich'Haran) compagnon un peu simple qui lui resta fidèle jusqu'à la fin de sa vie.

Un jour, l'âne dont Guiharan se servait pour faire les travaux des champs vint à se faire dévorer par un loup. Hervé convoqua le loup et l'obligea à remplacer l'âne dans les durs travaux. La présence du loup ne dérangeait pas les moutons du troupeau.

De temps à autre, Guiharan exhibait le loup aux passants pour en tirer quelques menus profits. Hervé exerçait alors son incomparable talent de chanteur. ainsi que ses facultés d'exorciste.

La popularité de l'aveugle devint grande. On tint plus compte de ce qu'il disait que de la science des plus grands docteurs. Son port d'attache était une terre située non loin de Lesneven. Il y fit jaillir une source.

Un jour, il fut question de juger Comorre le Tyran (ou Conomor) qui en était à l'assassinat de sa septième femme, Tryphine, elle avait périt avec l'enfant qu'elle portait. N'étant pas d'accord sur le lieu ou devait se dérouler le procès, les évêques décidèrent qu'Hervé trancherait le débat.

On dépêcha un cavalier pour le chercher. Il le trouva dormant dans un courtil de Pédernec, sur un lit de sauges en fleurs et la tête appuyée sur une ruche d'abeilles. Les bestioles butinaient en silence pour ne pas le réveiller. Averti, après son réveil, le saint étendit le bras vers le Ménez-Bré.

Le conseil se réunit alors sur la montagne. Hervé avait été prié de siéger à côté des évêques.

Aveugle et, par surcroît, Celte, c'est-à-dire volontiers flâneur, il ne se pressait point pour arriver. Depuis longtemps, tout le monde l'attendait.

Escorté de son loup et précédé de Guiharan, Hervé arriva enfin, achevant de manger des mûres contenues dans un pan de son manteau. Il ressemblait à un loqueteux. Un des prélats ne put s'empêcher de chuchoter à son voisin : "Quoi, c'est pour ce moine aveugle et en haillons qu'on nous a fait attendre si longtemps !"

Bien que cela ait été seulement chuchoté, Hervé l'entendit :

"Mon frère, pourquoi me reprochez-vous mon infirmité ? Ne savez-vous pas que Dieu nous a fait comme bon lui semble ?"

A ces mots, en poussant un cri d'épouvante, l'orgueilleux prélat s'affaissa. Ses yeux pendaient hors de son visage. Hervé, touché de compassion le guérit en lui appliquant des simples.

Cela se passait en juillet où la canicule avait tout desséché. Hervé, plantant son bâton fit jaillir une source qui désaltéra l'assemblée.

Chaque jour, Hervé voyait les saints du ciel, il pouvait les dénommer tous. Il fit don de cette grâce à l'évêque Houardon.

Il avait un pouvoir sur les démons. Il sauva Even, comte du Léon, d'un essai diabolique d'empoisonnement. Il précipita dans la mer un démon de l'ivrognerie.

Averti de sa mort six jours avant, il fit venir Houardon pour son dernier soutien. Sa cousine Christine, qui avait aidé sa mère dans son ermitage, mourut au même instant que lui.

Tous deux entendirent les choeurs célestes célébrant l'entrée au ciel du moine poète.

Saint Hervé est un des saints les plus honoré en basse Bretagne. C'est une dévotion qui se fait plutôt le soir ou la nuit.

C'est devenu un proverbe : "voyager de nuit comme les pèlerins de Saint Hervé".

Il est un des patrons des chanteurs et est invoqué pour retrouver la vue.

Lire :

Anatole LE BRAZ Magie de la Bretagne - Bouquins - Laffont P 747 à 752

Joseph Chardronnet Le livre d'or des saint de Bretagne - Amor éditeur P 121 à 125

Saint Ours, archidiacre d'Aoste

Né en Ecosse au Vème siècle, il est venu s'installer à Aoste dans les Pyrénées. Il y mourut et son corps est conservé à Aoste.

Il était très respectueux des choses sacrées. Un jour, un jeune homme, auquel son maître avait confié la garde de ses chevaux, passa devant l'église mais sans marquer le respect dû au lieu. Ours lui en fit la remarque mais le jeune homme n'en tint pas compte.

Il fut alors en proie à une illusion : il crût avoir perdu le meilleur de ses chevaux et le préféré de son maître. Il erra sur la place, devant l'église, en le cherchant partout avec une grande anxiété. Il passait et repassait en pleurant toutes ses larmes.

Ours lui fit promettre d'être plus respectueux. Le jeune homme reconnu alors le cheval qu'il cherchait, c'était celui qu'il montait.

Il est aussi honoré le 1 février. Il y a 10 saints Ours.

Il existe, à Digne, un pèlerinage à saint Ours, pour les vieilles filles qui cherchent un mari.

Saint Antide

Saint évêque de Besançon martyr.

Il avait un grand pouvoir sur les mauvais Esprits. Un jour, il força le Diable à le prendre sur son dos et à le conduire à Rome en deux heures. Arrivé près de la demeure du Pape, il attacha le Diable à la porte, comme on faisait avec les chevaux, puis alla s'entretenir avec le saint Père. A la fin de son entretien, il se remit à cheval sur le diable qui le ramena à Besançon.

Quand Crocus le fit décapiter, on dit que sa langue continua à parler. Cela effraya tellement les hordes qui l'entouraient que ceux-ci s'enfuirent et beaucoup s'empalèrent sur leurs lances.

Il y eut sans doute deux saints de ce nom évêques de Besançon car nous voyons dans le Catalogue des évêques de cette Église un saint Antidius qui fut décapité par les Vandales commandés par Crocus l'an 267; et Fleury sous l'an 407 fait mention d'un saint Antidius évêque de Besançon honoré le 17 juin comme ayant été martyrisé par les Vandales.

Mais nous croyons que ce saint est le même que celui de l'an 267 et que le second saint Antide vécut plus tard, qu il était chanoine de Besançon quand il en fut fait évêque et qu'il ne souffrit point le martyre. Il est fêté le 25 ou le 27 juin à Besançon.

Son reliquaire est conservé à Pontarlier dans la chapelle des Étraches.

Saint-Anthot a fêté saint Antide, patron de la paroisse du village. Après l'office, c'est en procession que la statuette a gagné ce qui sera sa demeure pour une année : le château de Madame de Saint-Anthost qui, pour la circonstance et par la beauté des lieux, accueillait les fidèles (certains très surpris) pour un vin d'honneur autour d'une table chaleureusement préparée. A saint Antide de protéger le château, ses hôtes et les habitants de saint-Anthot. (Journal : Le Bien Public, 17 juillet 2001)


18 juin

- Juin bien fleuri, vrai paradis

- Juin froid et pluvieux, tout l'an sera grincheux.

Sainte Marine la déguisée

Sainte Marine est surnommée "la déguisée", nous allons voir pourquoi.

Son père s'appelait Eugène. Il perdit sa femme. Sentant le désir de renoncer au siècle, il recommanda sa fille Marine à l'un de ses parents puis se rendit dans un monastère.

Tout allait bien sauf que de temps à autre, ses yeux se mouillaient de larmes et la mélancolie l'habitait. C'est que le souvenir de la fille qu'il avait laissée dans le monde semait le trouble dans son âme. L'abbé s'en aperçut et lui demanda ce qui le tourmentait. Eugène lui répondit : "mon père, j'ai laissé dans le monde un enfant encore bien jeune et c'est son souvenir qui cause mes peines."

L'abbé lui répondit : "Eugène, je vous permets d'aller le chercher et de l'amener au couvent."

Eugène, très heureux de la réponse de l'abbé, courut chercher sa fille. Il lui coupa les cheveux, lui fit revêtir un habit de garçon, changea son nom de Marine en Marin et lui ayant fait promettre de garder le secret jusqu'à sa mort, il l'emmena au couvent.

Ainsi, "frère" Marin vécut parmi les moines.

Il n'avait encore que 17 ans lorsqu'il perdit son père. Marin, noyé dans la tristesse, resta alors dans sa cellule.

Les moines allaient souvent faire des provisions à un marché qui se trouvait à 3 lieues de là. Ils se servaient pour cela d'une charrette. On se plaignit de ce que Marin ne les accompagnait pas. L'abbé lui fit des reproches et depuis, Marin se joignit au groupe de moines pour les aider dans leur tâche.

Lorsqu'il était trop tard pour revenir coucher au monastère, il restait avec les autres frères dans un hôtel qui se tenait près du marché.

Le patron de l'hôtel avait une fille qui s'était laissée séduire par un soldat. Ses parents s'en aperçurent, la battirent et la forcèrent de nommer son séducteur. Elle nomma frère Marin.

Le père courut donc au monastère pour se plaindre auprès du père abbé. Celui-ci fit venir Marin qui, après avoir jeté ses yeux au ciel et réfléchi quelques instants, lui dit : "Je suis très coupable et je suis disposé à faire pénitence".

L'abbé le chassa du couvent. Marin resta 3 ans à la porte du monastère couchant sur la terre nue et se nourrissant de ce que les passants voulaient bien lui donner.

La fille de l'hôtelier ayant mis au monde un fils l'envoya, dès qu'il fut sevré, au frère Marin en disant : "voila votre enfant, nourrissez-le comme vous pourrez". Marin l'accepta comme si c'était son fils et lui donna des soins en le nourrissant des aumônes qu'elle recevait.

Après 5 années de cette vie, les frères du monastère furent touchés de compassion, supplièrent l'abbé de recevoir à nouveau Marin dans la communauté. L'abbé accepta à condition qu'il balaye toute la maison, qu'il aille chercher de l'eau, qu'il nettoie les chaussures de tous les frères et qu'il les serve tous.

Marin accepta mais peu après il succomba de faiblesse et de maladie. Les moines dirent "son crime devait être bien grand car Dieu ne lui a même pas laissé le temps de faire pénitence." Il voulurent alors l'enterrer loin du monastère.

Pendant qu'ils préparaient le corps, quelle ne fut pas leur surprise de découvrir qu'ils n'avaient pas à faire à un frère mais à une femme ! Ils se mirent tous alors à crier en se frappant la poitrine : "comment a-t-elle put souffrir tant de peines, tant de mauvais traitements et de mépris sans dire un mot ?" L'abbé tomba à genoux et supplia la servante de Dieu de ne point lui en vouloir car il avait agit par ignorance. "Vous ne m'aviez pas déclaré votre secret, hélas !"

Le corps de Marin-Marine fut alors enterré dans l'oratoire du monastère. La fille qui avait diffamé Marin tomba dans un accès de fureur et fut possédée par un démon. On l'amena au monastère où elle fut délivrée de sa possession après 7 jours.

Sainte Marine mourut en 750. C'est en 1230 que ses reliques furent transportées de Constantinople à Venise. La translation se fête le 17 juillet. Marine était la patronne d'une paroisse de Paris.


19 juin

- S'il pleut à la saint Gervais, pour les blés, signe mauvais.

- Quand il pleut à la saint Gervais, il pleuvra quarante jour après.

- Qu'il pleuve à saint Gervais, en partie sera pourri le blé

- La pluie de saint Gervais fait le pain mauvais

- Saint Gervais quand il est beau tire saint Médard de l'eau

Saint Gervais et Saint Protais

Comme les jumeaux "Médard et Godard", "Gervais et Protais" sont jumeaux ou simplement frères et représentés ensembles avec un arbre qui les sépare. Nous sommes en période zodiacale des Gémeaux.

Le couple "Gervais et Protais" est un mythe très compliqué. Ils sont extrêmement populaires et sont patrons de multiples paroisses en France.

Ils sont associés à Saints Nabo et Ploto que l'on invoque contre le rachitisme et pour faire se développer les enfants "noués".

La légende en fait deux martyrs romains qui étaient les enfants de saint Vital. (voir au 28 avril) Il est dit qu'après la mort de leurs parents, il restèrent 10 ans à prier, enfermés dans une petite chambre. Il faut se rappeler que saint Vital fut enterré vivant dans une fosse où coulait de l'eau.

Le rapport avec une période où l'on plante en terre reste à démontrer.

Sainte Julienne de Falconieri

Elle est née de parents âgés en 1270, à Florence. Plus tard, elle entra dans le Tiers-ordre des Servites dont elle devint la Supérieure.

Elle passait le plus clair de son temps à prier, souvent en extase.

Julienne souffrait beaucoup d'un mal d'estomac à tel point qu'elle ne pouvait plus manger ni même communier. Un jour, elle pria un prêtre de lui apporter une Hostie consacrée. Comme elle ne pouvait pas la manger, elle lui demanda de l'approcher de sa poitrine. Un fois sur sa poitrine, l'hostie disparut.

Elle mourut le 19 juin 1340. Sur sa poitrine, on découvrit la trace de l'hostie.


20 juin

Sous le calendrier Julien, le 20 juin correspondait à la saint Médard. Le dicton "quarante jour plus tard", correspond donc à Sylvère ou Gervais. "quarante jours après".

- Pluie d'orage à la saint Sylvère, c'est beaucoup de vin dans ton verre.

Saint Sylvère ou Silvère, pape (6ème siècle)

Sa vie est marquée par l'animosité de l'impératrice byzantine Théodora, femme de Justinien qui fit tout pour qu'il ne soit pas élevé au pontificat. Il fut tout de même élu pape mais elle réussit à le faire tomber. Il fut exilé. Quelques temps plus tard, Justinien, mari - assez soumis - de Théodora le fit amener en Italie. De nouveau, il fut exilé et enfermé dans l'île de Palmaria où il mourut de faim.

L'histoire de ce pape est tortueuse à souhait. On le représente comme un pèlerin, avec un bourdon à la main.

Saint Adalbert

Fondateur de l'abbaye de Wissembourg en Alsace. Il fut premier archevêque de Magdebourg. Personnage charismatique, il mourut le 20 juin 981.

- En juin, brume obscure, trois jours seulement durent


21 juin

Saint Eusèbe

Évêque de Samosate et martyr au 4e siècle. (Syrie)

- S'il pleut le jour de saint Leufroi, foin dans le pré n'est pas à toi, car si l'eau commence au matin, en voila pour trois jours sans fin.

- Les récoltes auront trop froid s'il fait du vent à saint Leufroy.

Saint Leufroi (loup)

L'effroyable Saint Leufroi

Saint Leufroy a un rapport avec le solstice puisque dans sa vie, il fut chauve. Or, à partir du 24 juin, la terre entre dans sa période glabre favorisée par les fauchaisons et les brûlures du soleil. En allant vers le solstice d'hiver, elle se dépare progressivement de sa toison.

Mythologiquement, nous sommes en train de passer d'une période marquée par Jean-Baptiste, nouvel Élie le verdoyant, maître de l'humidité, de la végétation, Naziréen velu que le rasoir ne pouvait toucher, à la période marquée par le fils spirituel d'Élie : Elisée le chauve, marquant le début de la sécheresse caniculaire. Le nom de Leufroi fait aussi penser au loup (leu) vert de la Saint Jean)

Leufroi est né du côté d'Évreux à la fin du 7ème siècle.

Il eut rapidement le désir de la vie monastique. Un jour, il décida d'inviter chez lui ses parents et ses amis. Il les traita chaleureusement et leur fit des cadeaux. Il leur proposa de passer la nuit dans sa maison. Pendant que tout le monde dormait, il quitta la maison et ne revint plus.

Saint Ausbert, archevêque de Rouen lui donna la prêtrise. Revenant de Rouen vers Evreux, il s'arrêta près de Louviers et décida d'y construire un monastère. Beaucoup de gens l'aidèrent et lui apportèrent des richesses. Cela fit des jaloux qui le décrièrent auprès de Didier, évêque d'Évreux. Celui-ci, ajoutant foi aux calomnies, se rendit auprès de Leufroi afin de lui faire des reproches à propos de sa témérité. Didier prit le calme de Leufroi pour une insulte et le fit lier et mettre sur un cheval et emmener vers Evreux. En cours de route, le cheval de Leufroi tomba et mourut. Cela ouvrit les yeux de Didier qui regretta ses actes et demanda pardon.

Plus tard, un de ses religieux ayant laissé tomber le fer de sa cognée dans l'Eure, Leufroi mit le bout de son bâton dans l'eau et la cognée remonta et vint s'attacher au bâton.

Un jour qu'il pêchait pour son plaisir, une femme qui passait par là dit en murmurant contre lui : "Je pense que ce Chauve épuisera toute la rivière et qu'on ne pourra plus pêcher après lui." Elle crut l'avoir dit si secrètement que personne ne pouvait l'avoir entendue. Mais Leufroi avait l'oreille fine.

Il répondit aussitôt : "Pourquoi, femme, m'envies-tu un bien qui m'est commun avec le reste des Hommes ? Et pourquoi me reproches-tu un défaut qui vient de la nature et non de ma volonté ? Je prie Dieu qu'en punition de ta faute, le derrière de ta tête et celle de tous tes descendants n'ait jamais plus de cheveux que j'en ai sur le front."

Sa parole fut aussitôt accomplie, pour elle et pour sa descendance.

Un jour, un homme qui avait dérobé une meule au monastère, fut poursuivit devant les juges. Le coupable s'emporta furieusement et traita Leufroi de menteur et de calomniateur. Leufroi répondit : "que Dieu soit juge entre toi et moi !" A cet instant on vit le misérable saisi de douleurs, cracher toutes ses dents devant l'assemblée. Ce que firent aussi tous ses enfants. Depuis lors, toute sa postérité n'a point de dents.

Un dimanche qu'il sortait de la messe, il vit des paysans travailler aux champs. Il leva les bras au ciel et demanda que cette terre devienne stérile en punition de ce péché. Depuis, on n'a pu faire pousser aucun arbre sur cette terre où il n'y a que des chardons et des ronces.

Un jour, revenant de voyage, il entra dans la maison d'un ami pour se reposer. C'était en temps de canicule et les mouches étaient si importunes qu'il ne pouvait prendre un moment de repos. Mais à peine eut-il courbé la tête pour prier que toutes les mouches disparurent. Depuis on n'en a plus vu une seule dans cette maison.

Souvent, il se levait avant les moines pour aller à Matines. Il les réveillait et se dirigeait vers l'église où les frères le trouvaient déjà tout "élevé en Dieu". Un jour que les affaires de sa charge l'avaient empêché de s'y rendre comme à l'ordinaire, le démon prit sa figure et, pour se faire saluer par les religieux, vint prendre sa place à l'église.

Les premiers moines entrèrent en saluant comme d'habitude, "ne croyant pas saluer le loup pour le pasteur". Mais un des frères qui venait de quitter Leufroi dans sa chambre, s'étonnant de trouver au choeur sa ressemblance, alla rapidement l'avertir de ce qui se passait. Leufroi sachant que c'était là un tour du démon, courut promptement tracer une croix devant la porte de l'église ainsi que sur toutes les fenêtres.

Puis il commença à frapper le démon de toutes ses forces. Comme le diable ne pouvait passer par les endroits où une croix était tracée, il n'eut que la ressource de grimper à la corde de la cloche et de se sauver par le clocher.

Leufroi mourut le 21 juin de l'année 738. On le représente avec plusieurs enfants parce qu'il est célèbre pour ses guérisons d'enfants malades, ou encore faisant jaillir une source devant un paysan qui se plaignait de la sécheresse, ou encore dissipant une nuée de mouches.

En ce qui concerne ses reliques : L'abbaye de la Croix-Saint-Leufroi obtint 3 ossements : deux petits du pouce et un grand du bras. Les habitants de Suresnes obtinrent une côte mais ils la perdirent par la suite. Où est donc passée la côte de Saint Leufroi ?

En 1577, ils en obtinrent deux autres os : un de la cuisse et le menton avec 3 dents. Mais ces reliques furent brûlées par les hérétiques. A une 3ème reprise, ils obtinrent le doigt du milieu d'une de ses mains plus un os d'une de ses jambes.

Saint Louis de Gonzague

Jésuite au XVIe siècle en Italie.

Saint Raoul (conseil de loup ou roue ou roux)

Il naquit dans le Quercy et devint archevêque de Tulle au 9e siècle.

Saint Méen

Une "demoiselle de saint Méen" désignait autrefois une galeuse. Le mal saint Méen était une expression qui nommait plusieurs maladies de peau concernant surtout les mains. "une espèce de gale horrible à voir" que l'on comparait à la lèpre.

Saint Méen est né vers 520 dans le sud du Pays de Galles au temps du tyran Conomor. Méen est une latinisation du breton Meven et se prononce "main". D'où son patronage pour les gales des mains.

Lors d'un voyage à Rome, il passa par l'Anjou où il eut l'occasion de tuer un dragon qui infestait le pays.

Il est particulièrement honoré dans les villes qui portent son nom : Saint Méen dans le Finistère et Saint Méen le Grand en Ille-et-Vilaine.

Son culte s'est répandu dans toute la Bretagne et jusqu'en Belgique ou, dit-on, il ne s'agirait pas du même saint Méen bien qu'il guérisse des mêmes maladies.

Dans les Ardennes française, à Haraucourt, il y eut des nombreux pèlerinages qui attiraient des foules jusqu'à 10.000 personnes en périodes de pointes. Comme les résultats se faisaient attendre, on remplaça la petite statue du saint par une grande statue en plâtre et le pèlerinage reprit de plus belle puis périclita peu à peu. Finalement, il fut "puni" et l'on retrouva sa statue au fond d'un puits : il était décapité et on lui avait coupé les mains.

Les enfants qui jouaient avec cette statue l'appelaient "Sans Mains"

Il mourut à Gaël, où il avait fondé une abbaye, en 617.


22 juin

ÉTÉ

(D'une racine indo-européenne : aidh : "brûler", "allumer")

(Latin Aestus : "chaleur brûlante", "bouillonnement des vagues".)

- Été brûlant fait lourd froment

- Labour d'été vaut du fumier.

- Pleurs de femme et pluie d'été, gros ruisseaux n'ont jamais fait.

- Quand en été on voit les champignons sur le fumier, c'est signe de pluie.

- Quand le coq en été boit, pluie arrive souventes fois.

- D'été bien chaud vient un automne pendant lequel souvent il tonne.

- L'été, la nonne l'enflamme (Ste Claire au 12 août) le moine l'éteint (St. Bernard au 20 août)

- A la Saint-Alban, on peut poser ses vêtements

Saint Alban (blanc)

Dans l'Angleterre du 4e siècle, Alban vit entrer chez lui un chrétien poursuivit par un groupe de païens. Il lui proposa d'échanger leurs vêtements afin de protéger son hôte. Le subterfuge fut rapidement découvert et tous deux furent éventrés.

Saint Paulin (petit)s

Il naquit à Bordeaux vers 353 de parents riches et notables italiens. Son père, Ponce, avait le rang de préfet.

Il eut pour précepteur le poète Ausone. Il se maria avec Thérasie, une espagnole, et devint pour un temps préfet de Rome.

Puis il voyagea. A Alcala de Henares, en Espagne, il eut un fils qui mourut huit jours après sa naissance.

Il rencontra saint Ambroise, saint Jérôme, saint Augustin et même saint Martin qui le guérit d'une "incommodité à l'oeil". C'est à l'âge de trente sept ans qu'il fut baptisé par Delphin, évêque de Bordeaux.

Après quelques études en Espagne il revint en Italie et se fixa à Nole avec son épouse Thérasie. Séparé d'un commun accord avec elle, il devint prêtre puis évêque de Nole. Il voulut terminer sa vie en terre sainte mais saint Jérôme l'en dissuada.

Il vendit tous ses biens pour racheter des esclaves puis se fit lui même esclave pour racheter le fils d'une veuve. Cette veuve éplorée lui demanda s'il pouvait racheter son fils emmené comme esclave. Comme il n'avait plus de biens, il proposa de s'échanger lui-même contre son fils. Comme elle refusait ce sacrifice, il l'obligea à l'accepter. Feignant d'être l'esclave de la veuve, elle l'emmena en Afrique pour le présenter au prince maître de son fils. La liberté rendue au fils, Paulin fut chargé du travail au jardin. Il servit son maître avec fidélité et gagna sa confiance à tel point qu'il venait souvent s'entretenir avec lui.

Un jour Paulin vit en songe que le père du prince allait bientôt mourir et lui en fit part. C'est ce qui arriva. Paulin fut alors considéré comme un prophète et renvoyé à Nole avec tous les esclaves de son diocèse ainsi que de nombreux cadeaux.

Il mourut en 431 après avoir laissé quelques écrits théologiques, de nombreuses lettres ainsi que des recueils de poèmes.

On le représente vivant comme esclave dans un jardin.


23 juin

- Le sage dit qu'à la Saint-Audrey, mieux vaut suer que grelotter

Sainte Edeltrude ou Audrey

Audrey ou Édeltrude ou Édiltrude, nom qui vient du gaëlique Eszelszrisz transformé en Eszeldrid.

Vous allez voir que la suite de son histoire comporte des mots aussi compliqués que son nom.

Elle fut reine d'Angleterre puis abbesse d'Ely au 7eme siècle. Son père s'appelait le roi Anna et sa mère la reine Héreswilde. Elle était soeur de Sainte Sexburge, de Sainte Withburge, et de Sainte Ethelburge. Elle naquit à Ermynge dans le Suffolk

On la donna en mariage à Tonbercht, prince des Girviens. Mais, comme disent si bien les petits Bollandistes, elle sut conserver intacte la fleur de sa virginité.

Lorsque son premier mari fut mort, elle se maria avec Egfrid, roi de Northumerland qui la poursuivit d'abord de ses assiduités jusqu'à ce qu'elle consentit à l'épouser. Mais, de même qu'avec Tonbercht, elle sut conserver intacte la fleur de sa virginité. Saint Wilfried et le vénérable Bède on témoigné de ce prodige.

Sa soeur Sexburge épousa Ercombert, roi des Cantuariens. Withburge fonda un monastère à Derham.

Ethelburge, soeur de Saint Erconwald, fonda un monastère à Barking. Son corps se gardait à Nunnaminstre dans le Winchester.

Elle est fêtée le même jour que Saints Taraque, Probe et Andronic, Wasnulphe, Gomer et Saint Grat de Lichos : le 11 octobre.

Jolis noms pour vos futurs enfants !

Elle et ses soeurs moururent toutes de la peste en 679.

Quand Audrey sentit sur son cou une tumeur, elle en témoigna une joie extrême. Quand le médecin incisait la tumeur, elle disait "je n'ai pas mal". "Je me souviens que quand j'étais petite, je portais un collier de perles qui était superflu. Dieu me fait beaucoup de miséricorde de vouloir me punir de mes vanités en cette vie."

- Orages avant la Saint Jean ne sont pas dangereux, après ils sont violents

Saint Liébert

Évêque de Cambrai, il partit en pèlerinage à Jérusalem mais ne put y aboutir et revint vers sa patrie Il mourut en 1076.

Sainte Christine de Stommelen. (ointe)

Une autre Sainte Christine, dite aussi l'Admirable, (La sainte volante) est née à Saint-Trond et sa fête tombe le 21 juillet.

Christine de Stommelen est née près de Cologne au 13e siècle. A 13 ans, elle entra chez les Béguines où elle ne mangeait que du pain et de l'eau et avait une ceinture qui n'était qu'une grosse corde entourée de noeuds qui lui faisait une ceinture de blessures autour du corps. Elle couchait sur une planche de bois et appuyait sa tête sur une grosse pierre.

Chaque nuit, elle fléchissait le genou 200 fois. Elle allait toujours nus-pieds. Un jour, à l'église, elle tomba en extase. On l'emporta dans sa chambre et elle demeura ainsi pendant 3 jours. Les Béguines crurent qu'elle avait eu un accès d'épilepsie ou de démence.

Pendant 2 ans, Christine continua soit à pleurer, soit à éprouver une "douce et consolante compassion" et à prier sans cesse que Dieu lui donne un signe de sa Passion.

Puis, le démon lui apparut sous la forme de Saint Barthélemy et lui conseilla de se tuer. "c'est le moyen le plus prompt et le plus sûr d'entrer au ciel" Pendant 6 mois, Christine eut une vive propension au suicide, surtout quand elle était seule. Elle voulait toujours se jeter dans le puits.

Un jour où on lui avait fait une saignée, elle voulut enlever le bandage pour mourir par une perte de sang. Elle entendait sans cesse une voix qui lui disait :

"lève-toi, tue-toi, Dieu le veut ! Si tu ne le fais pas, Dieu te fera étouffer puis il te jettera en enfer !"

Un autre jour, où elle devait aller communier, elle entendit Saint Barthélemy lui dire : "n'allez pas communier aujourd'hui, car lorsque le prêtre vous présentera l'hostie, elle tombera à terre et cela causera un grand trouble dans l'assemblée."

Un autre jour encore, ou elle allait communier, elle fut renversée sauvagement par un cheval écumant de rage qui la foula aux pieds, la mordit, lui enleva avec ses dents une partie de la peau de la tête avec les cheveux. La dernière épreuve survint la nuit. Le démon la tourmentait tellement que chaque matin, son lit était comme trempé de sang.

Les tentations cessèrent subitement après une bataille qui fut livrée près de Cologne le 5 juin 1288.

Après quoi elle vécut encore 34 ans dans la tranquillité.


24 juin

Naissance de Saint Jean-Baptiste

La Saint Jean d'été.

"Si Saint Jean fait la pissette, aux coudriers pas de noisettes".

"Pluie de Saint Jean noie les noisettes, beau temps à Saint Pierre les rachète."

"Mieux vaudrait perdre sa femme que de ne pas semer des raves le jour de la Saint Jean Baptiste."

- Jean et Jean se partage l'an.

- Les herbes de la saint Jean gardent leurs vertus tout l'an.

- Si Saint Jean trouve poule couvant, il y aura mort de bêtes et gens.

- Pluie de saint Jean, pluie pour longtemps.

- L'eau de la saint Jean ôte le vin et ne donne pas de pain.

- Pluie de Saint Jean, emporte noix et glands

- Avant la saint Jean, pluie bénite ; après la saint Jean, pluie maudite.

- Saint Jean doit une averse, s'il ne la paye, Pierre la verse (29 juin)

- S'il pleur à la saint Jean, il fera beau à la saint Pierre.

- A la saint Jean, les groseilles vont rougissant.

- Après la saint Jean, si le coucou chante, la saison sera rude et méchante.

La nuit du 24 au 25 juin, fait partie des deux passages les plus importants de l'année : les Solstices. Cette nuit, le soleil va se retourner afin de reprendre le chemin par lequel il était venu.

C'est la fête de Saint Jean-Baptiste qui est un des Saints les plus fabuleux et un des plus importants. Il est vénéré autant par les musulmans que par les catholiques. Dans la grande mosquée des Omeyades à Damas, il existe une petite chapelle dans laquelle repose le chef de Saint Jean. Un de ses os se trouve dans le palais de Topkapi à Istanbul.
Saint Luc, par la bouche de l'ange Gabriel dit qu'il aura l'esprit et la puissance d'Élie. Jésus le qualifie de nouvel Élie. (Mat. 11, 14)
Le prophète Élie est appelé le verdoyant, il est maître de la pluie et de la sécheresse; on le décrit exactement de la même manière que Jean-Baptiste (fin Rois I)
Présenté comme velu, le rasoir ne le touche pas; il mange du miel et des sauterelles, il est en rapport avec l'eau qu'il utilise pour baptiser. Il a clairement des caractères oursins.

Jean-Baptiste est patron de la gorge, préparant la voie du verbe. C'est donc le premier patron des chanteurs et des musiciens. Guy d'Arrezzo, au 10e siècle, s'est basé sur un hymne à Saint Jean-Baptiste - le "Ut queant laxis" - pour y trouver les noms des notes de son nouveau système musical. Système que nous avons encore aujourd'hui, en Occident, il basé, mythologiquement et sémantiquement, sur la geste de Jean-Baptiste.

Jean-Baptiste est aussi le patron des cultivateurs d'asperges pour deux raisons. Une réalité et un calembour. Il faut beaucoup d'eau pour faire pousser des asperges puis, "asperges me Domine". La saison des asperges se termine au 24 juin, jour où ceux qui la cultivent font la fête.

Sa mère s'appelait Élisabeth, elle était âgée et stérile et n'avait pas d'enfant. Son père s'appelait Zacharie, (Dieu s'est souvenu) c'était un prêtre. Le service l'avait désigné ce jour là pour entrer dans le Temple.

Une fois à l'intérieur, Zacharie vit un ange à la droite de l'autel (Orion). C'était Gabriel (Gabor, le fort) "grand baroudeur du ciel", grand messager de la fécondité. Il annonce à Zacharie que sa femme aura un fils et qu'il devra l'appeler Jean (grâce de Dieu), qu'il ne boira ni vin ni bière et que le rasoir ne le touchera pas. Zacharie est dubitatif : "ma femme est stérile et avancée en âge". Gabriel lui dit "puisque tu as douté, tu seras muet jusqu'à la naissance de ton fils".

Et Zacharie sort du Temple sans pouvoir dire un mot.

Neuf mois après, Jean Baptiste naquit et redonna la parole à son père. Ce qui en fait aussi le patron légitime des orthophonistes et des phoniâtres et même des musicothérapeutes qui, en somme, sont tous des "déboucheurs" de gorges. Comme aurait dit Marcel Jousse, des cureurs de gorges soufflantes. Rabelais, Rabbi Blaise n'est pas loin, avec sa quête du "Trink" de la divine bouteille, sa quinte-essence à la gorge de velours, ou son Nazdecabre. Il faut que les souffles circulent. Mais que faire quand on a un ours dans la gorge ?

Tout le monde connaît bien la vie de Jean-Baptiste. Il baptisa le Christ dans l'eau du Jourdain. Mais l'on sait qu'il a eu des démêlés avec Hérode, dit le grand, qui était amoureux d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe, et voulait l'épouser. Jean-Baptiste, considéré déjà comme un prophète, lui avait dit qu'il ne pouvait pas la prendre pour femme. Ça n'avait pas plu à Hérode qui avait fait enchaîner Jean-Baptiste.

Un jour, la fille d'Hérodiade, donc la nièce d'Hérode, dansa devant lui. Elle lui plut tellement que, devant les convives, il lui dit qu'il exaucerait tout ce qu'elle demandait. L'Évangile ne nous donne pas son nom. C'est la tradition qui nous révèle qu'elle s'appelait Salomé. A l'instigation de sa mère, elle demanda illico la tête de Jean-Baptiste sur un plat.

Hérode ne put pas se dédire et ordonna qu'on la lui donnât. Salomé alla porter la tête à sa mère triomphante. Quand Jésus l'apprit, il en devint mélancolique et se retira dans un endroit sauvage. Mais la foule le rejoignit. Comme les gens avaient faim, il prit 5 pains et 2 poissons et arriva à nourrir 5.000 personnes. (Matthieu 14)

Jean-Baptiste baptise dans l'eau, mais il fait savoir qu'arrive celui qui baptisera dans le feu et le souffle. Cette assertion illustre le processus du passage d'une période verdoyante à la période caniculaire et desséchante qui se présente.

Les coutumes de la Saint Jean sont vieilles comme le monde, liées au solstice d'été, elles étaient pratiquées avant leur christianisation. Il s'agit essentiellement des feux et des bains de la Saint Jean. Les deux rituels se pratiquent à minuit. L'église a toujours dénoncé le caractère païen de ces pratiques. Si les curés sont venu, petit à petit, bénir le feu et l'eau, c'est dans le but de christianiser le rituel.

Lorsque le feu crépite, on saute par-dessus. A la hauteur des sauts, on mesurera la hauteur des blés. Dans le feu, on jette des plantes que l'on va cueillir soi-même. Mais avec ces plantes, on peut garnir sa ceinture ou sa maison.

La plante essentielle de la Saint Jean (elle n'est pas la seule) est l'armoise. C'est une plante qui chasse le diable. Elle servait aux femmes qui souffraient d'une atteint à l'utérus, elles s'en faisaient des cataplasmes. Il faut rappeler que le nom latin de l'armoise est "Artémisia vulgaris". Artémise, déesse ourse qui favorise les accouchements et la menstruation.

La grande maladie qui se guérit à la Saint Jean est la maladie nerveuse et principalement l'épilepsie.

Bernard Coussée, dans son livre cité ci-dessous, note que la Saint Jean ouvre sur le signe du cancer, signe lié à la lune et donc à l'eau. En cette période où le soleil est vainqueur, la lune vient comme lui rappeler la nécessité du mariage des contraires. Elle lui rappelle que sa croissance est finie. Il va maintenant revenir en arrière, et, comme les "crabes-cancers", à la démarche boiteuse, il fera demi-tour et redescendra jusqu'à Noël. La Saint Jean est donc la fête de Jean qui pleure. L'eau souveraine des bains solsticiaux sauvegarde la vie. La terre est sauvée de l'embrasement, les hommes n'ont plus de crainte.
C'est pourquoi la Saint Jean est à la fois une fête solaire et une fête lunaire.

"Saint Jean, la canicule et les moissons", Éditions Bernard Coussée. Bernard Coussée, 458, rue Jules Ferry 59283 RAIMBEAUCOURT

Pour la Saint Jean, il y a encore le loup, ennemi du mouton et des bergers dont c'est la fête aujourd'hui. Chaque année, à Jumièges, un rite nomme "loup-vert" et pour un an, un roi de l'année.

Voir Le cycle annuel des saints Jean


25 juin

Saint Éloi d'été (Éloi d'hiver est le 1 décembre). Il est patron des chevaux et des orfèvres ainsi que des forgerons. Il est représenté avec une tenaille isomorphe d'une pince de crabe-cancer. La tenaille illustre bien la rotation du soleil qui se fait au solstice, en tournant vers l'autre versant de l'année. (voir sa vie au 1 décembre)

Sainte Fébronie, ou les bourreaux fébriles.

Elle a vécu en Syrie au IVè siècle

Il y avait à Nisibe (Nazib) un monastère dirigé par l'abbesse Platonie. La règle y était sévère. La prieure s'appelait Brienne. C'est à elle que l'on confia, dès l'âge de deux ans, l'éducation de la petite Fébronie.

Mais Fébronie était ornée d'une beauté si parfaite que sa tante craignit qu'elle ne lui devint un piège. Elle prit donc bien des précautions pour la sauvegarder. Quand elle fut plus âgée, sa tante lui prescrivit de ne manger qu'un jour sur deux et de dormir sur un banc fort étroit ou de dormir sur la terre nue. Fébronie édifia ses soeurs par son humilité et son obéissance.

Platonie étant morte, Brienne devint abbesse. Elle confia à Fébronie le soin de la lecture et les commentaires des Saintes écritures pour l'assemblée. Comme des gens de l'extérieur assistaient à l'office, Brienne obligea Fébronie à se couvrir le visage de son voile afin de le dérober au regard des assistants.

Hiérie, la veuve d'un sénateur fut touchée par ce que disait Fébronie et désira lier connaissance avec elle. Brienne résista longtemps à sa demande et finit par accepter à condition qu'elle se présente revêtue de l'habit religieux.

Après quelques entretiens, Fébronie étant tombée malade, Hiérie la soigna jusqu'à ce que sa santé fut rétablie. Mais Fébronie ne se guérissait que pour retrouver l'état de maladie.

Ce fut le temps où l'empereur Dioclétien envoya dans cette province un préfet sanguinaire : Sélène. Il était accompagné de son neveu Lysimaque. Autant Sélène était sévère, autant Lysimaque avait de la compassion pour les chrétiens. Il avait, en effet, été élevé par une mère chrétienne.

La plupart des soeurs du monastère décidèrent de fuir afin d'éviter la fureur des Romains. Fébronie et Brienne décidèrent de rester sur place avec une autre soeur : Thomaïde.

Après une visite assez "cavalière" des soldats, adoucie par les soins de Lysimaque, un soldat dénonça Fébronie à Sélène pour sa beauté.

Après plusieurs péripéties, Sélène, contre l'avis de Lysimaque, renvoya ses soldats qui arrachèrent Fébronie de sa couche et la chargèrent de chaînes. Ils lui mirent un carcan sur le cou et la traînèrent hors du monastère. Brienne dit à Fébronie : "considérez que vous allez au combat et que votre céleste époux en sera le spectateur. N'ayez point de compassion pour votre corps..."

Thomaïde lui promit de prendre un habit séculier pour être présente à ses combats.

Les personnes qui avaient l'habitude d'aller écouter Fébronie à l'église furent affligées. Sous la conduite d'Hiérie, elles allèrent au prétoire, et, quand on amena Fébronie chargée de chaîne et d'un carcan, tout le monde poussa des cris et des lamentations.

Sélène et Lysimaque étaient présents. Sélène dit "Fébronie, votre modestie et votre beauté m'ont apaisé." Il proposa alors à Fébronie de devenir la femme de son neveu Lysimaque. Mais Fébronie répondit "J'ai, au ciel, un lit nuptial qui n'a pas été fait par la main des hommes. L'Époux que j'ai choisi est immortel. Ne perdez pas de temps, O juge, ni vos flatteries ni vos menaces ne sauraient me faire changer de résolution."

Sélène ordonna alors qu'on l'attachât à quatre pieux et qu'on y mît le feu en dessous et que, tandis qu'elle serait brûlée, on déchargeât sur son dos une grêle de coups. Cela fut exécuté avec tant de violence que son corps fut couvert de sang alors que sa chair tombait en lambeaux.

L'assemblée demandait au tyran d'avoir de la compassion pour la jeunesse de l'enfant. Mais il ne voulut rien entendre. Puis Sélène la fit suspendre sur le chevalet. "Qu'on lui ouvre les côtés avec des ongles de fer et qu'on y applique le feu pour la brûler jusqu'aux os". Cet ordre barbare fut exécuté à tel point que des lambeaux de chair tombèrent avec des ruisseaux de sang; les flammes du brasier dévoraient déjà les entrailles de la vierge.

Elle avait tellement mal qu'elle était devenue incapable de dire quoi que ce soit. Aussi, elle ne répondait pas aux questions de Sélène qui ordonna alors de la détacher du chevalet et de l'attacher à un poteau et commanda qu'on lui coupât la langue puisqu'elle refusait de parler. Elle la présenta aussitôt au bourreau comme si elle avait voulut dire "la voila, coupe !" Mais tandis qu'on allait la lui couper, l'assemblée l'empêcha. Sélène ordonna alors qu'on lui arrachât les dents. On lui en tira dix-sept.

Après un moment de répit, Sélène ordonna qu'on lui coupât les seins. L'exécuteur s'arma d'un fer tranchant et abattit la mamelle droite. Lorsque les deux mamelles eurent été tranchées, Sélène ordonna d'appliquer le feu sur les blessures. Beaucoup de spectateurs ne purent supporter la vue de ces tortures et s'en allèrent en disant "Maudit soit Dioclétien et ses dieux !"

Thomaïde et Hiérie étaient restées sur les lieux. Elles envoyèrent raconter à Brienne ce qui se passait. Celle-ci s'écria "Mon Dieu, faites que Fébronie termine glorieusement son combat afin qu'on puisse la compter au nombre des martyrs."

On détacha Fébronie du poteau, mais elle tomba à terre tant elle était affaiblie. Hiérie ne pouvant plus supporter qu'on tourmentât si cruellement la Sainte, s'écria "O monstre d'inhumanité ! Tous les maux dont tu as fait souffrir Fébronie ne te suffisent donc pas ? Tu as oublié ta propre mère dont le corps fut semblable au sien. Tu ne te rappelles donc pas que, né sous de funestes auspices, tu reçus de ses mamelles ta première nourriture et que ce fut là le premier pas qui te conduisit à la situation élevée dont tu abuses aujourd'hui pour le malheur des autres !"

Sélène tout bouillant de colère ordonna de traîner Hiérie à son tribunal. Mais les amis qui étaient auprès de lui l'en empêchèrent. Alors il ordonna qu'on coupât les deux mains et le pied droit de Fébronie. Les exécuteurs placèrent un billot sous la main droite de Fébronie et, d'un coup, la hache la sépara du bras. Ils firent de même pour la main gauche. Puis, ils mirent le pied droit sur le billot mais le bourreau dut s'y prendre à trois fois. Fébronie éprouva alors, dans son corps, des convulsions violentes et mis son pied gauche sur le billot, demandant par ce signe qu'on lui coupe aussi l'autre pied.

Alors, Sélène ordonna qu'on lui tranchât la tête. Un soldat tira son épée, saisit les cheveux de Fébronie, puis, après avoir marqué l'endroit où il devait frapper, il lui porta le coup mortel.

Les juges se levèrent alors pour aller dîner.

Mais Lysimaque pleurait de toutes les larmes de son corps. Sélène, apprenant cette affliction ne voulut pas manger. Il quitta la table pour aller se promener dans la cour du prétoire. Il tomba dans une noire mélancolie puis, ensuite dans un délire furieux et se mit à rugir comme un lion, à mugir comme un taureau blessé. Enfin, dans un accès de rage, il se frappa la tête contre une colonne et tomba sans mouvement et sans vie.

Lysimaque ordonna qu'on fit un cercueil de bois incorruptible pour y mettre le corps de la Sainte. Pour lui, il prit la tête, les mains, les pieds et les dents, et tout ce qui avait été séparé du corps, et les ayant enveloppés dans son manteau, il se dirigea vers le monastère, suivi de Thomaïde et de Hiérie.

Arrivé au monastère, à la vue du corps de Fébronie, Brienne tomba évanouie. S'étant relevée, elle s'écriait en pleurant :

"Laissez-moi embrasser ces pieds qui ont écrasé la tête du serpent; laissez-moi baiser les plaies qui serviront au salut de mon âme; laissez-moi orner sa tête d'une couronne de louanges, puisqu'elle a été la gloire de notre sexe par la victoire qu'elle a remporté dans le combat."

A l'heure de none, Brienne dit à Fébronie, comme si elle avait encore été en vie : "Venez prier avec nous !" Mais le miracle ne se fit pas. Le soir, on lava le Saint corps et on le couvrit de ses habits. Après quoi, Brienne voulut qu'on ouvrît les portes pour que tout le monde puisse contenter sa pieuse curiosité. Lysimaque ayant renoncé au culte des idoles se joignit à la foule.

Le lendemain on plaça le corps dans le cercueil et prenant soin de mettre les membres coupés à leur place. Les dents que l'on ne pouvait remettre dans leurs alvéoles furent placées sur la poitrine.

On la représente avec une couronne à ses pieds ou ayant à côté d'elle des cisoires pour rappeler qu'elle eut les pieds, les mains et les mamelles coupées.

On lui bâtît une église dans laquelle on voulut mettre le corps de Fébronie. Les évêques vinrent au monastère pour demander le corps, mais quand on voulut le prendre, on entendit un coup de tonnerre, la terre trembla et la secousse se répandit dans toute la ville. A ce signe, les évêques ne doutèrent plus de ce que Fébronie voulait rester dans le monastère. Il demandèrent alors à Brienne de leur donner au moins un membre coupé. Brienne ouvrit le cercueil, mais quand elle voulut soulever une main, la sienne se trouva sans mouvement.

Elle demanda pardon à Fébronie puis elle retrouva la mobilité de sa main. Finalement, elle réussit à prendre une dent qu'elle donna aux évêques. Ceux-ci la mirent dans une boîte et la placèrent dans l'église.

- Le jour de la Saint-Prosper, n'oublie pas de fumer la terre

Saint Prosper d'Aquitaine Docteur de l'Église.

Né en Aquitaine, il devint évêque de Reggio en Italie. Il combattit l'hérésie de Pélage qui niait le péché originel ainsi que l'action de la grâce de Dieu, au profit de la volonté personnelle.

Il laissa de nombreux écrits et mourut en 466.

Sainte Thècle de Maurienne

Évangélisatrice de la vallée de Maurienne au 6e siècle.

Une autre Thècle est fêtée à l'équinoxe d'automne.

- S'il fait beau à la saint Guillaume, t'auras du blé plus que du chaume.

Saint Guillaume de Monte-Vergine

Né à Verceil en Lombardie, Guillaume eut très tôt le goût de la solitude. Il partit en pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle, ensuite il eut l'idée d'aller vers Jérusalem. Mais un songe lui enjoignit de se retirer sur le Mont Virgilien entre Nole et Bénévent. Le mont s'appelait Virgilien en l'honneur de Virgile qui y avait séjourné. Guillaume y fit construire une belle église en l'honneur de la Vierge. Le mont passa de "Virgilien" à "Virgine" : Mont de la Vierge.

Il y institua la Confrérie du Monte-Vergine. Il fonda d'autres monastères dans la région de Naples.

On raconte que le roi de Naples, René Ier, était rempli d'admiration pour Guillaume. Mais certains jaloux le dénoncèrent comme hypocrite. René voulut le mettre à l'épreuve. Il lui envoya une courtisane chargée de le débaucher. La courtisane semblait être presque arrivée à ses fin car Guillaume feignait de s'y laisser aller. Cependant, il lui demanda un délai : elle devait revenir le soir.

Lorsqu'elle revint, elle trouva Guillaume étendu sur un grand lit de braises rouges enflammées. Il ne paraissait pas en souffrir et invita la courtisane à venir se coucher près de lui. Elle eut si peur qu'elle tomba à genoux et demanda pardon. Elle se convertit et aida Guillaume à construire un couvent de femmes à Venosa. Elle en devint l'abbesse et finit Bienheureuse : Agnès de Venossa.

Guillaume mourut en 1142.


- Pluie de juin ruine le moulin.

26 juin

Saint Jean et Paul

Jean et Paul. Ils étaient, l'un Maître d'Hôtel, et l'autre surintendant à la cour romaine. Ils se firent bêtement couper la tête sous Julien l'apostat. Curieusement, on les invoque contre l'orage.

Saint Maxence

Il y a six Maxence. Quatre hommes et deux femmes.

Au 6 mai, un martyr à Milan, aux 29 mai et 26 juin, un évêque de Poitiers, au 26 juin, Maxence d'Agde, abbé au diocèse de Poitiers, au 5 octobre, un martyr à Trèves sous Dioclétien, au 30 avril, une veuve, mère de l'évêque saint Vigile, au 20 novembre, une vierge et martyre en Beauvaisis.

Maxence d'Agde, ou Maixent, est né d'une famille noble à Agde vers 448. A sa naissance, on l'appela Adjuteur.

Il est fêté au 26 juin, le lendemain de la Saint Jean-Baptiste. Il partage cette journée avec les saints Saulve et Super, un saint Jean et un saint Paul qui n'ont rien à voir avec les apôtres, un Anthelme qui fut Général des Chartreux, un enfant, saint Pelage qui fut coupé en morceau avec des tenailles, à Cordoue en 975, ainsi que bien d'autres qu'il serait trop long à nommer ici.

Ses pieux parents le mirent rapidement sous la conduite de l'Abbé Sévère. Avec un nom pareil, adjuteur ne pouvait que marcher droit. Il était si doué et fit tant de progrès, qu'il attira la jalousie de ses collègues. Il choisit alors la retraite. On dit que ce sont plutôt les applaudissements que les critiques qui le firent partir, par humilité. Quoi qu'il en soit, il passa deux ans, je ne sais où, après quoi il revint chez les siens en ramenant avec lui la pluie, qui faisait bien défaut dans ce midi sec et chaud.

Après cet exploit, on l'honora comme s'il était descendu du ciel avec les nuages. Comme cette renommée lui pesait, il décida de quitter à nouveau son pays pour monter vers le Poitou, où, sans doute, il faisait plus frais.

Il rejoignit le prêtre Agapit dans une grande vallée fraîche qui s'appelait vallée de Vauclair. C'est là, au monastère bénédictin de Saint Saturnin, qu'il reçu le nom de Maxence. Il devint saint si vite et si fort qu'il fut sacré, sans sourciller et solennellement, supérieur successeur d'Agapit.

Il mangeait peu, du pain d'orge, et ne buvait que de l'eau. Comme il était toujours en prière, il devint courbé et ses genoux calleux.

Pendant ce temps-là, Clovis guerroyait contre Alaric, roi des Wisigoths. Une troupe s'approcha du monastère. Tout le monde était effrayé. Mais Maxence sortit fièrement et s'avança sans peur vers les soldats. L'un d'entre eux leva son épée pour couper la tête de Maxence, mais son bras devint paralysé et fut ramené derrière l'oreille. A ce moment, le soldat se jeta aux pieds de Maxence pour lui demander pardon. Avec de l'huile, et, sans doute un petit massage, Maxence guérit son agresseur. Clovis lui fit bien des cadeaux.

Quand il mourut, vers 515, il avait 70 ans.

C'est autour de son monastère que se bâtit la ville de saint Maixent. Après le passage des protestants et des révolutionnaires, le corps de Saint Maxence fut réduit à sa plus simple expression. Comme disent les Petits Bollandistes, l'église paroissiale ne renferme plus "qu'une très mince portion de lui-même". Paradoxal pour un saint dont le nom signifie "maximum" !

On le représente avec une colombe sur la tête, signifiant qu'il fut choisi par le ciel, ou encore entouré d'oiseaux.

Saints Saulve & Super

Ils ont eu le destin sur lequel le plomb de Saturne a pesé lourd. Bien qu'ils aient été deux véritables camions, ils eurent banalement la tête tranchée au 8ème siècle à Beuvrage près de Valenciennes.

Saint Anthelme

Il y a aussi Anthelme, général des Chartreux et 26ème évêque de Belley. Il allait soigner les lépreux dans une ladrerie située près du Rhône. Il est mort de maladie, dans son lit, en 1178.

Et Saint Pélage, jeune enfant, qui fut coupé en morceaux avec des tenailles de fer à Cordoue en Espagne, en 925. Dans cette ville des pelures de cuir, les outils devaient êtres nombreux.


27 juin

- Temps de la Saint-Fernand, chaleur et soleil riant.

Saint Ferdinand ou Fernand (protecteur courageux)

Au 31 mai, nous avions Ferdinand III, le roi qui vainquit les arabes à Séville, aujourd'hui, il s'agit d'un évêque de Cajazzo en Campanie qui vécut probablement au 13e siècle et dont on ne sait rien.

Saint Crescent (croissance)

Disciple de saint Paul et fondateur de l'église Vienne en Dauphiné au Ier siècle.

On n'a sur lui que des renseignements contradictoires. Plusieurs villes dont Mayence, se disputent ses reliques.

Saint Emilien (émule)

Évêque de Nantes, il se fit guerrier et vint avec des Bretons repousser les Sarrasins qui assiégeaient Autun. Un fois Autun libéré, il se dirigea vers Chalon où il mourut en donnant l'assaut en 725.

Saint Ladislas

Très saint Roi de Hongrie qui voulut accompagner la croisade de Pierre l'Ermite. Mais la mort l'en empêcha en 1095. C'est un roi très mythifié. On le voyait toujours accompagné de deux anges. C'est ainsi qu'on le représente, ou encore, frappant sa lance contre un rocher pour désaltérer ses soldats.


28 juin

- S'il pleut à la veille saint Pierre, la vigne est réduite au tiers.

Saint Irénée (paix)

Docteur de l'Église et martyr à Lyon, il mourut en 202. Il naquit en Grèce et vécut à Smyrne (aujourd'hui Izmir en Turquie) où il se forma et devint prêtre sous la houlette de saint Polycarpe.

Il acquit de vastes connaissances sur les systèmes théologiques des hérétiques ou des païens et laissa des ouvrages qui les décrivaient.

Saint Pothin, évêque de Lyon, fit appel à saint Polycarpe afin de lui envoyer de l'aide. Irénée partit vers Lyon. Après le martyre de Saint Pothin, Irénée devint évêque de la ville.

L'empereur Commode succédant à Marc-Aurèle, les chrétiens vécurent un moment de paix. Irénée fit de Lyon un foyer vivant pour le christianisme. Il combattit particulièrement les doctrines Gnostiques.

L'empereur Septime Sévère, succédant à Commode, protégea les chrétiens pendant quelques temps puis changea sa politique en raison d'une révolte des lyonnais. Ceux-ci, pour se faire pardonner de leur rébellion, accusèrent les chrétiens et suscitèrent des persécutions épouvantables.

Des milliers de chrétiens furent assassinés, livrés à la merci de bandes belliqueuses qui parcouraient la ville en massacrant tout ce qui bougeait. Irénée, qui avait 80 ans, tomba sous les coups de ces barbares en 202.

Saint Léon II

Il est né à Piano-san-Martino, près de Reggio. Il était médecin et devint pape après une vacance du siège papal de plus d'un an et demi. On ne sait pas pourquoi l'Église n'eut pas de Pape pendant si longtemps. On pense qu'une éclipse de soleil suivie d'une éclipse de lune puis d'un grande épidémie de peste firent que les gens n'osaient plus se rassembler.

Cultivé et polyglotte, Léon réorganisa l'Église, confirma le sixième concile oecuménique, rendit obligatoire le souhait de paix que les fidèles se donnent à la messe, fit bâtir trois nouvelles églises à Rome, et réforma le plain-chant mis en place par Saint Grégoire.

Il était doux, affable et extrêmement charitable. Il fut pape pendant dix mois et dix-sept jours. Il mourut le 4 juillet 683. On le représente embrassant un mendiant ou tenant un livre sur lequel on voit des portées musicales.


29 juin

- S'il pleut le jour de la saint Pierre, le grain bientôt enchérira, s'il vente, c'est signe de guerre, s'il fait beau, tout réussira.

- De saint Paul la claire journée annonce une bonne année, s'il fait vent aurons la guerre, s'il pleut de l'eau, tout sera cher, s'il fait un bien épais brouillard, mortalité de toutes parts.

- Pierre et Paul lavent la place pour saint Martial (30 juin)

- Saint Pierre lave les rues de saint Martial

- Saint Pierre pleure toujours

- Saint Pierre donne à boire à ses poissons

- Pierre pleure toujours.

- Saint Pierre pluvieux, trente jours douteux.

Saints Pierre et Paul

Mon ami Pierrot

Mais le bon Dieu lui vint en aide
car les barbus sont syndiqués
il changea l'étoile en planète
et fit de Saint Pierre un portier
et de ses anges déplumés
par les amours du bon Saint Pierre
afin de tout récupérer
il fit les démons de l'enfer
ceux qui crient ceux qui pleurent
à l'heure où naissent les nuits
ceux qui crient ceux qui pleurent
dans un coin de votre esprit
.

Jacques Brel.

Dans la ville de mon enfance, où coule la Meuse, la période de la Saint Pierre provoquait l'anxiété. On disait : "chaque année, Saint Pierre a son poisson !" Étrangement, cette assertion se révélait parfois juste et l'on repêchait un noyé.

Le moins qu'on puisse dire est que Saint Pierre à un rapport avec l'eau. Dans sa prison, il fit jaillir du roc une source pour baptiser ses compagnons prisonniers.

Mais surtout, il fut pêcheur.

Tout d'abord, il s'appelait Simon. (l'exaucé, le signe) Un jour, Jésus lui dit "tu es Pierre et sur cette Pierre, je bâtirai mon église". Il s'appela alors Pierre. Mais c'est aussi pour ça qu'il est devenu patron des maçons. "Ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel."

Mais on l'invoque aussi quand on a mal aux pieds puisque son premier miracle a été de guérir un boiteux. On l'invoque aussi pour pêcher puisqu'il est aussi patron des pêcheurs.

A ce propos, un poisson porte son nom : le "Saint Pierre". Edwige Sartori, dans son beau livre sur Saint Pierre (Pierre, Éd. Christine Bonneton; 1985) rappelle une série de légendes concernant l'origine du nom du poisson. Ce serait Saint Pierre qui aurait laissé la marque de ses doigts de part et d'autre du corps du poisson sur lequel on voit nettement deux marques noires.

On le prie aussi lorsqu'on a une fièvre ardente (Cf. le miracle de Capharnaüm)

Il est patron des bouchers dans le Perche et en Normandie.

Mais il est aussi patron des moissonneurs en raison des liens qu'il faut pour lier les gerbes. Or, les moissons se font aux environs de la fête de Saint Pierre-au-Liens du 1er août. La fête de Saint Pierre-aux-Liens rappelle que, dans sa prison, Pierre était entravé par des chaînes qui finirent par se rompre.

S'il est fêté avec Saint Paul, c'est qu'il est mort le même jour que lui. On l'a crucifié la tête en bas alors que Paul subissait la décollation. Curieusement, on parle plus de la Saint Pierre que de la Saint Paul. Pierre semble plus populaire. Est-ce par la complicité de Paul (Saul) avec la lapidation de Saint Etienne ? Est-ce parce qu'il est plus "intello" ?

Si Pierre est placé au 29 juin, c'est peut-être parce qu'après la saint Jean-Baptiste, il inaugure la période de chaleur de la canicule. Or, quand il fait chaud, on a besoin d'invoquer la protection de Saints qui ont des rapports étroits avec l'eau, ou en tous cas des spécialistes du calorifique. (Jean-Baptiste, Pierre, Marguerite, Marie-Madeleine, Jacques, Christophe, Marthe, Abdon et Sennen, re-Pierre au liens du 1er août, Laurent, Marie au 15 août)

Arnold Van Gennep note qu'un peu partout, il y avait autrefois des feux de la Saint Pierre qui faisaient écho à ceux de la Saint Jean.

Dans le grand cycle temporel de l'année, la Saint Jean inaugure l'ouverture d'une des portes du ciel. Il y en a deux : La porte du Capricorne, "Porte des dieux", et la porte du Cancer, "Porte des Hommes". Les deux signes zodiacaux contiennent deux ouvertures du ciel, deux passages obligés par lesquels les âmes descendent pour s'incarner (cancer-canicule) ou remontent après leur mort. (Capricorne-printemps)

Pierre et tous les papes suivants auront dans leurs armoiries les deux clefs qui ouvrent ou qui ferment ces portes. C'est pourquoi Pierre est représenté avec deux clefs. Il est aussi le patron des portiers, huissiers et serruriers.

Edwige Sartori raconte la jolie histoire bretonne de l'alouette :

Au temps des premiers hommes, l'alouette allait ouvrir la porte du ciel à l'âme des morts. C'est de là que lui vient son nom de Alc'houeder, "porte-clefs".  Elle faisait deux voyages par jour : le matin pour ceux qui mouraient dans la nuit; le soir pour ceux qui mouraient le jour.

Mais quand Jésus-Christ monta au ciel, il ne voulut plus d'elle pour portière parce qu'elle jurait souvent; Din ! et il la remplaça par Saint Pierre.

Depuis, de temps en temps, elle veut encore pénétrer dans le séjour céleste et on la voit monter à perte de vue en chantant et en protestant qu'elle ne jurera plus; mais quand elle a vainement supplié Saint Pierre, elle se met en colère et redescend à tire d'aile en jurant de plus belle.

Pierre est toujours présenté comme étant solide et chaleureux, mais parfois il s'emporte.

Edwige Sartori rapporte aussi une autre histoire qui montre que Saint Pierre peut avoir aussi mauvais caractère :

Un jour, une femme se battait avec le diable. Il y avait, des deux parts, un égal acharnement. Le bon Dieu dit à Saint Pierre : "Je les connais, ils n'en finiront qu'en s'exterminant réciproquement. Va et tâche de les séparer."

Saint Pierre descend sur la terre et ne se met pas en frais d'éloquence, il tire son grand sabre et coupa net la tête aux deux combattants puis revient trouver le bon Dieu.

"As-tu réussi, Pierre ?"
"Oui Seigneur"
"Et comment ?"
"Je leur ai coupé la tête"
"Tu as été un peu loin, dit le bon Dieu; va bien vite remettre les têtes à leurs places."

Le bon Saint Pierre, désolé d'être allé un peu trop loin, courut exécuter l'ordre du Seigneur; mais dans sa précipitation, il se trompa et plaça la tête du diable sur le cou de la femme et la tête de la femme sur celui du Diable.
Un conteur fit le commentaire suivant :" Cette erreur de Saint Pierre qui n'a pas été rectifiée, depuis, explique bien des choses".

Les histoires de Saint Pierre sont légions. Figurez-vous qu'il payait les impôts de Jésus en trouvant des pièces de monnaie dans la bouche des poissons qu'il pêchait.

Son succès vient sans doute de ce qu'il était faillible puisqu'il renia, par 3 fois, le Christ. Il  a une histoire avec le coq. Protestant de sa fidélité à Jésus, celui-ci lui dit : "avant que le coq n'ai chanté, 3 fois tu me renieras." C'est ce qu'il fit au Mont des Oliviers. Il se défila et, par peur des représailles, il fit savoir qu'il ne connaissait pas Jésus.

Il avait, auparavant, coupé l'oreille droite (oreille de la mémoire) d'un des serviteurs du grand prêtre, un nommé Malchus. (en hébreux, Mélek : Roi)

Que vient donc faire ce coq ? Ce Gal, gallinacé Gallicque, Gallika, ce Gault, ce Geaud, ce moitié de Jo comme raconte Yannick Jaulin dans l'histoire avec la Raymonde. Il a la couleur du lait, il est blanc, il est galactique.

C'est que son chant fait rappeler aux morts le souvenir de leur vie antérieure, contrairement au rugissement du lion qui les fait oublier. Il permet aux pèlerins du ciel de retrouver ce qu'ils cherchent lorsqu'en suivant la voie lactée, ils remontent vers le ciel.

Au 25 juillet, nous aurons Saint Jacques, autre grand "lieur délieur" avec son ami Saint Christophe le passeur de voie lactée. Tous deux sont aussi des gens de l'eau. Nous serons en pleine canicule.

Bonne fête à tous les Pierre, Pierrot, Pierrette, Perrine etc.


30 juin

- Saint Martial, priez Dieu qu'il garde nos raves, nos châtaignes et nos femmes.

- En fin juin, vent du soir, pour le blé bon espoir.

Saint Martial (Mars, guerrier)

Martial, Hébreu de la tribu de Benjamin, naquit à Rama en Palestine. C'était au temps où Jésus prêchait. Martial le rencontra, s'attacha à lui et devint un de ses apôtres. Certains disent que c'est Martial enfant qui rapporta à Jésus les cinq pains d'orge et les deux poissons que Jésus multiplia.

Après la mort de Jésus, il accompagna Pierre à Rome.

Ensuite, avec Austriclinien et Alpinien, il partit vers le pays de druides. En route, Austriclinien mourut mais Martial le ressuscita en le touchant avec son bâton. Après un voyage pendant lequel Martial fit plusieurs miracles, il arrivèrent à Limoges.

Une noble Dame les reçut dans sa maison. Il y avait là un énergumène possédé par un esprit furieux. On était obligé de le tenir avec des chaînes. Martial le guérit et convertit la Dame et sa fille Valérie. Elles se firent toutes les deux baptiser.

Valérie qui était promise au Gouverneur de la Province, refusa de le revoir. Il lui fit trancher la tête. On lira sa vie au 10 décembre, jour de sa fête.

Martial prêcha dans toute la région. Il se trouvait à Poitiers lorsque, dans un songe, Dieu lui apparut pour lui annoncer la crucifixion de saint Pierre.

Une tradition veut qu'il soit mort en l'an 40. Il fut enterré avec sainte Valérie au lieu fondateur de l'abbaye de saint Martial.

En 994, un épidémie de "mal des ardents" (sans doute le feu saint Antoine, une sorte de lèpre horrible due à l'ergot de seigle) assaillit l'Aquitaine. Des gens moururent par milliers. Dès leur vivant, les corps se décomposaient et tombaient en morceaux. Un prière fervente à saint Martial arrêta la contagion.

On représente saint Martial avec douze anges qui, dit-on l'accompagnaient dans toutes ses démarches.

Mais on le représente aussi recevant la tête tranchée de sainte Valérie.