Mars

Saints

Saintes

Le nom "mars" provient sans doute du nom du Dieu "Mars",
Dieu de la guerre.

Aussi : Déformation d'Arès

- Soit au commencement, soit à la fin, mars nous montrera son venin.

- Fleur de mars on ne tient compte, non plus que de femme sans honte.

- En mars quand il fait beau, prends ton manteau.

- Quand mars est sec, le grain fait touffe.

- Mars pluvieux, an disetteux.

1 mars

- A la saint Aubin c'est du vin quand le buisson goutte au matin.

- S'il pleut à la saint Aubin, l'eau est plus chère que le vin (Dordogne)

- Neige ou pluie à la saint Aubin, année sans paille ni grain. (Beauce, Gâtinais)

- Taille au jour de saint Aubin, pour avoir de gros raisins.

Saint Aubin évêque d'Angers au 6ème siècle, tuait les gardiens de prison en soufflant sur eux.


2 mars

Saint Charles le Bon

Patron des comtes et des croisés.

Comte de Flandre, fils du roi St-Canut du Danemark et d'Alize de Flandre. (1083-1127)

A la mort de son père, il fut conduit à Bruges à la cour de Robert le Frison, Comte de Flandre.

Beaudoin à la Hache, ayant succédé à Robert, n'avait pas d'enfant. Il porta son dévolu sur Charles et lui fit épouser Marguerite, fille du Comte de Clermont. Cela lui apporta le comté d'Amiens.

Les jalousies se manifestèrent sous l'impulsion de la comtesse Clémence, mère du défunt Beaudoin et avec la complicité de Geoffroy le Barbu.

Mais Charles administrait ses territoires avec sérénité et justice. Il était très apprécié du peuple.

Il institua la "Trêve de Dieu" qui interdisait tout acte de guerre du mercredi soir au lundi matin.

Le 11 août 1124, une éclipse partielle de soleil suscita la crainte de malheurs à venir. L'hiver suivant fut si rigoureux et si long que les semailles ne levèrent pas. Il s'en suivit une terrible famine qui affama les gens de Bruges à Gand mais aussi de toute la Flandre.

Charles n'arrêtait pas de procurer ce qu'il pouvait aux affamés.

Mais la famille de Bertulphe (Erembald ou Van der Straten) avait accaparé les réserves de blé et les vendait à des prix exorbitants.

Charles y mit bon ordre et la disette se fit moins sentir en attendant la prochaine récolte.

Bertulphe, prévôt de la ville de Bruges jura de se venger. Il parvint à convaincre plusieurs familles de se joindre à lui pour assassiner Charles. Le 2 mars 1127, ils gagnèrent la galerie qui conduisait du palais du comte à l'église saint Donatien. Charles priait dans la partie qui donnait sur l'église. Les conjurés lui fracassèrent le crâne et la cervelle jaillit sur les dalles. Puis ils l'achevèrent et lui coupèrent le bras droit..

Quelques jours plus tard, les gens de Gand voulurent s'emparer du cercueil de Charles mais les citoyens de Bruges s'y opposèrent.

Peu de temps après, sous la vindicte populaire, une conspiration vengeresse se trama sous la conduite du chevalier Gervais. Le prévôt Bertulphe fut obligé de fuir mais il fut rattrapé.

Le 5 avril le roi de France et le nouveau comte de Flandre arrivèrent à Bruges. Le 11, Guillaume d'Ypres livra Bertulphe qui fut exécuté après de cruelles tortures. Tous ses comparses furent pendus ou brûlés vifs. Wilfrid Knop, un des assassins, fut jeté au bas d'une tour avec 28 des ses complices.

Le corps de Charles le bon reçu les honneurs qui lui étaient dû. On l'invoquait pour guérir des fièvres. Les fiévreux devaient boire l'eau qu'on avait versée dans son crâne.

Son culte à pratiquement disparu aujourd'hui.

- Mars est capable de tuer les bêtes à l'étable.

- Mars bon ou méchant, ton boeuf à l'herbe, ton chien dedans.

(chien destructeurs de couvées de perdrix, perdreaux...)


3 mars

Saint Guénolé ou Gwénolé (blanc) Abbé de Landévenec.

Saint Breton, mort en 504 en chantant "l'Ite missa est". Frère de Saint Jacut et de Saint Winoc, sa mère avait trois mamelles pour nourrir ses trois gars.

Un jour, sa soeur courait après une oie sauvage mais celle-ci lui arracha un oeil et le goba. Guénolé éventra l'oie et retrouva l'oeil intact qu'il revissa dans l'orbite de sa soeur.

Ni sa soeur ni l'oie ne s'en trouvèrent plus mal. C'est pour ça qu'il est patron des oculistes.

Lorsque la ville d'Ys fut noyée, c'est lui qui, d'un coup de crosse, jeta Dahut la fille impudique diabolique du roi Gradlon à la mer.

Il est patron des femmes de marins pêcheurs.

Sainte Cunégonde

Fille de Sigefroy, premier Comte du Luxembourg au 11ème siècle.

Elle fut mariée à Henri, duc de Bavière, couronné empereur le 2 juin 1002. Tous deux allèrent à Rome en 2014 pour y recevoir la couronne impériale du Pape Benoît VIII.

Un an après la mort d'Henri, elle se fit religieuse. Elle mourut en 1040.

- S'il tonne à la sainte Cunégonde, il faut encore porter des gants.

- Le soleil de mars donne des rhumes tenaces


4 mars

Saint Casimir

Patron de la Lituanie et de la Pologne.

Fils de Casimir III, Roi de Pologne et grand Duc de Lituanie. Sans doute de faible complexion mais surtout sujet aux extases et aux ravissements, il refusa d'accéder au trône. Il mourut de tuberculose à l'âge de 25 ans le 4 mars 1483. On l'enterra en grandes pompes dans la cathédrale de Vilna.

- Autant de gelées en mars, Autant de rosées en avril.

- Mars venteux, pommiers plantureux.


5 mars

Saint Gérasime, moine près du Jourdain. (5ème siècle)

Un jour, il se trouva nez à nez avec un lion qui marchait sur trois pattes en tenant la quatrième en l'air. Une épine qui s'était enfoncée dans la chair le faisait horriblement souffrir. Il rugissait de douleur devant Gérasime qui, touché de compassion lui retira l'épine et banda la plaie puis renvoya le lion vers le désert.

Mais celui-ci ne voulut plus quitter Gérasime. Il resta au monastère, comme un animal domestique, sans causer de frayeur à qui que ce soit.

Quand Gérasime mourut, le lion refusa de prendre toute nourriture et vint mourir sur le tombeau de celui qui l'avait soigné.

On confond souvent son nom avec Jérôme que l'on écrit quelquefois "Gérôme". A tel point que le miracle du lion fut appliqué à Saint Jérôme qui est souvent représenté avec un lion à ses côtés.

Sainte Olive : vierge et martyre à Rome mais illustre inconnue.

- Si mars commence en courroux, il finira tout doux, tout doux.


6 mars

- Au jour de sainte Colette, commence à chanter l'alouette.

Sainte Colette ou Nicole

Son père habitait la cité de Corbie près d'Amiens. Il s'appelait Robert Boellet et exerçait le métier de charpentier. Sa mère s'appelait Marguerite Moyon. Ils pratiquaient l'hospitalité et recueillaient des pauvres chez eux. Mais ils n'avaient pas d'enfant et ils en étaient bien malheureux.

A force de prier saint Nicolas, Marguerite, qui avait 60 ans, mit au monde une petite fille. Ils l'appelèrent Colette ou petite Nicole, en l'honneur de Saint Nicolas.

Ce n'est pas qu'elle ressemblait à Tom Pouce, mais elle n'était pas grande. Si elle grandissait en vertus, elle ne grandissait pas en taille.

En compensation, dès l'âge de quatre ans, on put remarquer qu'elle avait des prédispositions particulière pour devenir une sainte.

Elle se mortifiait, elle se privait de manger pour donner son repas aux pauvres, elle priait longtemps la nuit puis s'endormait sur un lit qu'elle rendait plus dur en mettant des morceaux de bois sur ou dans le matelas. Mais elle restait petite.

A l'âge de 14 ans, ça la contrariait. Un jour, elle partit en pèlerinage à Albert. Mais laissons son dernier confesseur, Pierre Devaux, raconter ce qui se passa (1448)

"Colette considérant les paroles désolables qu'on disait à son père à l'occasion de sa petitesse, en fut dolente. Et, une fois, comme elle était allée par dévotion en pèlerinage en l'église de quelque Saint (sans doute à Albert) en faisant son oraison devant le Seigneur, elle lui dit "Hélas, sire, s'il vous plaît-il que je demeure aussi petite !" Et incontinent, l'oraison terminée, elle trouva qu'elle était creuhe (accrue) et qu'elle était plus grande au retourner qu'elle n'avait été au venir."

Colette avait alors 14 ans. Cet accroissement subit a donné lieu au dicton que répétaient autrefois les petites filles de Picardie :

Sainte Colette
tire-moi les jambettes
rends-moi sage et parfaite.

Son capital-vie s'était soudain accru d'une plus-value considérable tout en lui fournissant une assiette plus confortable. Terminés les complexes, finies les peurs devant le grand démon qui lui apparaissait pour la tourmenter, elle pouvait maintenant viser les hauteurs.

Après la mort de ses parents, (elle avait 18 ans) elle donna tout ce qu'elle possédait aux pauvres, Elle voulut entrer chez les Béguines qu'elle ne trouva pas assez mortifiantes. Puis elle alla chez les bénédictines puis chez les Clarisses et enfin, avec le consentement de l'abbé de Corbie (Raoul de Roye), elle se fit construire une petite cellule contre les murs de l'église Notre Dame de Corbie. Elle fit profession du Tiers ordre de Saint François, fit voeu de réclusion. On mura la porte de la cellule.

Elle resta quatre ans recluse dans sa cellule, se mortifiant sans cesse, dormant par terre, la tête appuyée sur un rondin de bois, se ceignant d'une chaîne de fer armée de pointes aiguës.

Un jour, elle fut transportée devant le trône de Jésus-Christ. Là, elle put papoter avec Saint Jean et Sainte Marie-Madeleine qui lui demandaient de poursuivre sa vie en solitaire. Mais il y avait là Saint François et Sainte Claire qui n'étaient pas d'accord et qui lui demandaient de réformer leur ordre.

Un peu plus tard, elle vit pousser un grand arbre dans son habitacle. Il était couvert de fleurs brillantes comme de l'or. Ces fleurs d'or sentaient bon. Le grand arbre tout doré fit des petits autour de lui, et elle vit, avec intérêt, pousser des petits au pied de l'arbre central.

Elle croyait qu'il s'agissait là d'une manoeuvre diabolique. Elle arracha le grand arbre et ses rejetons et les jeta par la fenêtre.

Mais à terme, l'arbre repoussa. Chaque fois qu'elle les jetait par la fenêtre, ils repoussaient à un endroit différent. Finalement une parole divine lui enseigna que le grand arbre la représentait et que les arbrisseaux représentaient les âmes qu'elle allait sauver ou encore les monastères qu'elle allait fonder.

Colette devait être relevée de son voeu de réclusion. Elle devint abbesse du monastère des Clarisses de Besançon.

Puis ce fut la kyrielle de créations de nouvelles maisons : Auxonne, Poligny, Bellegarde, Seurre, Moulins, Aigueperse, Decize, Vevay, Le Puy, Castres, Lézignan, Béziers etc. Elle devint célèbre et fréquenta tous les grands de ce monde.

Puis commencèrent les extases.

Un jour, elle était assise par terre au milieu des religieuses, on vit apparaître les douze apôtres qui l'entourèrent jusqu'au moment où elle s'arrêta de parler. Alors, ils commencèrent à monter vers le ciel et Colette avec eux, jusqu'à ce qu'ils disparaissent. Souvent elle entrait en extase et lévitait si haut qu'elle disparaissait quelquefois pendant plusieurs jours.

Saint Jean l'évangéliste lui apparut et lui passa au doigt une bague en or (pas en argent) qui la protégeait de tous les maux et la consacrait épouse du Christ.

En 1441, elle reparti vers le Nord et fonda un monastère à Hesdin puis un autre à Gand et aussi à Amiens.

Le jour de la Saint Nicolas 1446, elle revint à Gand où elle annonça sa mort prochaine.

Le 6 mars, elle expira.

- Autant de brouillard en Mars, autant d'orages en été.


7 mars

- Le jour de la Sainte-Félicité se voit venir avec gaieté. Car, on l'a toujours remarqué, c'est le plus beau jour de l'année.

Félicité & Perpétue (3ème siècle) Carthage.

Perpétue avait 22 ans et Félicité guère plus. Perpétue allaitait un jeune bébé et Félicité était enceinte.

Elles furent arrêtées avec quelques-uns de leurs amis chrétiens.

On permit à Félicité d'être délivrée de sa petite fille qui fut adoptée par une chrétienne.

Le lendemain on les livra tous aux bêtes.

La description de leur martyre est si horrible que le dicton du jour paraît bien étrange s'il ne désignait un jour de beau temps, à l'opposé de ce qui s'est passé à Carthage au milieu d'une foule odieuse et sanguinaire.

Saint Paul dit le simple

Au 4ème siècle, il voulut vivre sous la houlette de saint Antoine. Il alla frapper à sa porte mais Saint Antoine le fit attendre trois jours dehors.

Puis il lui fit subir bien des épreuves pour jauger son obéissance. Il lui fit faire des paniers puis les défaire pour les refaire, coudre des habits puis les découdre pour les recoudre. Il lui ordonna de casser un pot de miel puis de ramasser le miel avec une coquille, sans qu'il s'y soit mêlé d'ordures etc. Un modèle d'obéissance quoi !

C'est à soixante ans qu'il voulut vivre au monastère de saint Antoine. La mauvaise conduite de sa femme l'avait poussé à vivre dans la solitude.

Saint Thomas d'Aquin, dominicain et docteur de l'Église. (13ème siècle)

Né près du Mont Cassin, en Italie.

Grand orateur mais surtout auteur de la Somme Théologique qui devint un livre de référence.

Il a déménagé au 28 janvier.


8 mars

- Au mois de mars, vent fou ou pluie, que chacun veille bien sur lui.

- Mars est fou.

- Fou comme la lune de mars.

- En mars qui n'a pas de souliers va nu-pieds, et qui les a, les porte encore au-delà.

Saint Jean de Dieu ou "Sous le seuil de pauvreté". (Jean : "grâce de Dieu")

Curieux personnage né le 8 mars 1495 à Monte-Mayor-el-Nuovo, au Portugal. Il s'appelait Jean Ciudad. Un jour, ses parents reçurent un voyageur qui allait à Madrid et qui cherchait l'hospitalité. Après son départ, Jean, fasciné par l'aventure, quitta la maison paternelle pendant la nuit et fugua vers Madrid, espérant retrouver l'étranger.

Le père se lança dans des recherche infructueuses. Bien des jours après, il revint vers la maison où sa femme était moribonde.Elle expira peu après.

Jean était arrivé en Castille. Il vivait de mendicité. A Oropeza, affamé et fatigué, il s'assit le long du chemin et se mit à pleurer. Un chef de bergers l'interpella. Après lui avoir raconté son aventure, il l'engagea pour garder les troupeaux. Il travaillait bien, avec intelligence. Un moine lui apprit à lire.

Après plusieurs années, le chef de bergers voulut lui faire épouser sa fille. Mais Jean n'en voulut pas. Tôt le matin, il partit sans se faire remarquer. En route, il rencontra une compagnie de miliciens qui partait combattre les français à Fontarabie. Il s'engagea à leur coté.

Jeté parmi ces soudards, il devint effronté, pillard, dévergondé comme eux. Un jour, la jument qu'il montait s'emballa et le jeta sur un tas de pierre où il resta sans connaissance. A son réveil, il était blessé. On le mit à garder le butin des rapines militaires. Mais d'adroits voleurs parvinrent à dérober une bonne partie du butin. Il fut alors chassé de l'armée pour incompétence.

Il revint à Monte-Mayor-el-Nuovo pour découvrir que ses parents étaient morts. Désespéré, après s'être persuadé qu'il était responsable de leur mort. Il décida de payer sa faute par le sacrifice de sa personne. Il quitta le Portugal et partit alors pour l'Afrique afin d'aider les esclaves chrétiens.

A Gibraltar, afin de traverser le détroit, il se mit au service d'un prisonnier, le comte Da Silva, et partit avec lui pour l'exil.

En Afrique il se mit à vendre des livres pieux afin de subsister. Un jour, il rencontra un enfant pieds-nus et mal vêtu. Il en eut compassion, le mit sur ses épaules. Mais l'enfant devenait de plus en plus pesant. Il le fit descendre devant une fontaine. Mais l'enfant lui dit : "je suis Jésus" ! Il avait à la main une grenade dans laquelle était plantée une croix qu'il donna à Jean en lui disant : "Grenade sera ta croix" ! Et il disparut.

Jean se rendit donc à Grenade où il continua à vendre ses livres.

Un jour de la saint Sébastien, il assista à un prêche de Jean d'Avila. Il fut si touché par ses paroles qu'en sortant de la chapelle, il se mit à crier "Miséricorde, Seigneur, pour un si grand pécheur qui vous a offensé !" En même temps, il s'arrachait les cheveux, se frappait le visage et se roulait dans la boue. On le prit pour un fou et on le conduisit à l'hôpital des insensés où il continua à faire le fou.

On lui infligea de durs traitements. On le fouettait tous les jours. Mais Jean d'Avila le fit sortir.

Il se mit à vendre du bois qu'il allait chercher dans la forêt. Avec l'argent gagné, il ouvrit une maison pour y recevoir des malades. Pour nourrir ses patients, il parcourait la ville avec une hotte (un pot de terre pendu à son dos avec des courroies) en demandant la charité. Il était habillé d'une tunique de gros drap et allait toujours pieds nus.

Il n'arrêtait pas de se dépenser pour ses malades et pour tous les pauvres qu'il rencontrait. Il s'occupait même des morts. Un jour, dans la rue, il vit un cadavre qui était sans sépulture. Il frappa à la porte d'un riche personnage afin de lui demander de quoi faire de dignes funérailles au mort. Mais il fut mal reçu. Qu'a cela ne tienne, il alla chercher le cadavre qu'il plaça sur son dos et le porta devant la porte du riche. Celui-ci fut tellement épouvanté qu'il donna une grosse somme d'argent pour les funérailles.

Son hôpital regorgeait de pauvres en tous genres. On lui reprocha d'héberger des fainéants et des personnes de mauvaise vie. Il fut convoqué chez l'archevêque de Grenade afin de se justifier. Il lui répondit qu'il ne connaissait personne, à l'hôpital, qui ne fut de bonne vie; et que lui-même était si inutile et si vicieux qu'il ne méritait pas d'y loger. L'archevêque lui fit alors entièrement confiance.

A la fin de l'hiver 1550, le Genil inondait Grenade à la suite de la fonte des neiges de la Sierra-Névada. Jean entra dans l'eau pour essayer de récupérer les troncs de bois que le fleuve transportait. Un serviteur de l'hôpital s'avança imprudemment et fut emporté par le flot. Jean voulu le secourir en vain. Il sortit du fleuve très accablé et transi de froid. Il tomba gravement malade et s'avança rapidement vers la mort. Le samedi 8 mars, peu après minuit, il sortit de son lit, s'agenouilla, puis mourut.

L'ordre des frères de la charité de saint Jean de Dieu s'occupe principalement des aliénés.

Il est patron des imprimeurs.

Les institutions créées par l'ordre devinrent, en France, ce qu'on appelle aujourd'hui l'Assistance Publique.

- En mars tout fou va nu-pieds (Provence)


9 mars

- Si mars ne fait pas d'averses, toute l'année il en garde l'envie.

- Beau temps de mars se paye en avril.

- Taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars.

Sainte Françoise Romaine (Franche)

Elle naquit à Rome en 1384. A peine mariée, elle tomba gravement malade et fit connaître le déplaisir qu'elle avait à être mariée sous la pression de ses parents. Elle s'entendait pourtant très bien avec Laurent, son mari. Elle eut un fils qu'elle appela Jean-Baptiste et qui mourut de la peste à neuf ans.

Elle eut un deuxième fils : Évangélista qui prédit la mort de son père.

Laurent mourut peu après dans une bataille contre les napolitains.

Elle fut très active dans le secours aux malheureux de Rome.

Elle fonda l'ordre des Oblates.

Elle a laissé 92 textes, dictés à son confesseur, dans lequel elle raconte ses visions. Le plus remarquable est le "Traité de l'enfer" dans lequel elle raconte avec force détails les supplices des damnés et l'organisation bien compliquée de cet endroit sinistre.

Chaque soir, un ange lui apparaissait. C'était un ange "rayonnant". Selon l'éclat qu'il avait, elle su que Dieu était plus ou moins contente d'elle. Elle n'avait pas besoin de chandelle pour lire la nuit car son ange rayonnant suffisait amplement.

Saint Oculi

Fils présumé de Saint Éloi, naïf ou débile, il prenait tout à la lettre. Un jour, à la forge, un client voulait faire ferrer son cheval, Oculi scia la patte du cheval pour la porter à saint Éloi. Sans s'émouvoir, celui-ci ferra la patte puis vint la recoller tranquillement sur le cheval.

La chanson raconte : "Le bon saint Éloi forgeait et son fils Oculi soufflait."

Sainte Catherine de Bologne (Purification)

Une des patronnes des peintres. Au XVème siècle, née à Bologne, elle ne "cria point à sa naissance et resta trois jours sans prendre de nourriture"

A vingt ans, elle entra dans une congrégation religieuse où elle peignait des images pour décorer le monastère. Elle se fit un bréviaire tout écrit de sa main et qu'elle illustra par ses images.

Elle mourut en 1463.

Saint Cyrille et Méthode naquirent à Thessalonique au 9e siècle. Cyrille s'appelait d'abord Constantin. Ce n'est que lorsqu'il se fit moine qu'il emprunta le nom de Cyrille.

Il fit des études à Constantinople où il devint philosophe. Il fut remarquable pendant les séances de discussions.

Ce fut l'époque où les Khazares, une tribu turque d'Asie qui s'était installée en Moravie (aujourd'hui, capitale : Brno) voulait se faire chrétienne. on mandata Cyrille pour mener l'affaire à bien. Il partit en Crimée (Chersonèse) pour y apprendre la langue turque, puis revint prêcher au Khazares.

Ensuite, il eut pour mission de convertir la Bulgarie. Il s'y rendit alors avec son frère Méthode.

Comme Bogoris, roi des Bulgares, voulait décorer son château, l'impératrice Théodore mandata Méthode qui avait beaucoup de talent pour la peinture. Bogoris lui demanda de peindre des sujets qui pourraient glacer d'effroi les spectateurs. Il entreprit alors de représenter le jugement dernier. A l'explication de la peinture, Bogoris se convertit et se fit baptiser sous le nom de Michel.

Mais lorsqu'ils en eurent pris connaissance, les grands de sa cour excitèrent le peuple qui vint l'assiéger dans son château. Bogoris, accompagné de quarante huit hommes, sortit pour combattre et tua cinquante deux des grands puis pardonna au reste du peuple qui se convertit à son tour. Cette conversion de Bulgares arriva en l'an 865.

Puis, Cyrille et Méthode partirent pour convertir la Moravie. C'est là qu'ils inventèrent un alphabet slavon destiné à traduire la Bible et d'autres écrits pour les Moraves. Cet alphabet, conservé de nos jours s'appelle "alphabet cyrillique".

Vers 867, les deux frères vinrent à Rome où Cyrille se fit moine et mourut peu de temps après. Méthode fut alors élu évêque de Moravie et de Pannonie (Hongrie) par le pape Adrien II. Il serait mort vers 890.

On les représente vis-à-vis l'un de l'autre et tenant une église, ou tenant le tableau du jugement dernier peint pour Bogoris.


10 mars

- S'il gèle aux quarante martyrs, il gèlera encore quarante nuits.

- Le jour des quarante martyrs, si le temps est mauvais, il faut se résoudre à le supporter pendant six semaines.

- S'il pleut aux quarante martyrs, il pleuvra encore quarante jours.

Les quarante martyrs de Sébaste (Sivas, en Turquie)

Quarante soldats qui faisaient partie de ce qu'on a appelé "La légion fulminante" furent convoqués devant le tribunal sous prétexte qu'ils étaient devenus chrétiens.

Comme ils ne voulaient pas renier leur foi, ils furent étendus, nus, sur un lac gelé où ils moururent de froid dans la nuit.

Le matin, le gouverneur de Cappadoce fit retirer les corps, morts ou mourants, et leur fit briser les jambes puis les jeta sur un bûcher. Leurs cendres furent semées au vent afin qu'on ne leur rende pas d'hommage. Cela se passait au 3ème siècle.

Saint Vivien (vivant)

Faisait partie des quarante martyrs

Sainte Anastasie (né une nouvelle fois)

Au 6ème siècle, elle faisait partie de l'establishment de Constantinople. Poursuivie par les assiduité de l'empereur Justinien, elle s'enfuit au désert de Scéthé pour demander protection à l'abbé Daniel. Celui-ci lui donna un habit d'homme et la fit appeler "Anastase l'eunuque". Puis il l'enferma dans une caverne avec ordre de ne pas mettre les pieds dehors. Chaque semaine, un serviteur allait lui porter un seau d'eau sans lui adresser la parole.

Elle y vécut 28 ans dans le jeûne et la prière. Avec Sainte Eugénie, sainte Euphrosine et sainte Marine, elle fait partie des saintes travesties afin de cacher leur sexe.


11 mars

- La pluie de mars est de l'or pur.

Saint Euloge (Bonne parole : Eu-Logos)

Patron des charpentiers d'Espagne, il vécut au 9ème siècle à Cordoue. Il convertit Lucrèce, la fille d'un notable de la ville. Mais les parents se plaignirent aux autorités de ce qu'Euloge avait enlevé leur fille. Il fut arrêté et fouetté. Puis on lui coupa la tête.

Il est représenté avec le crâne fendu par un glaive et le coeur percé d'une épée.

Il a laissé un écrit sur le Mémorial des martyrs.

Sainte Rosine

Le calendrier des postes a placé une sainte Rosine inconnue de l'Eglise et absente de tous les travaux d'hagiographie.


12 mars

- A la saint Marius, on voit clair à l'angélus.

Un Marius est fêté au 19 janvier. Je ne sais pas si le dicton d'aujourd'hui s'applique au 19 janvier ou à ce jour. nous n'avons aucun renseignement sur le Marius d'aujourd'hui, sauf qu'il fut martyr à Nicomédie.

- A la saint Grégoire, taille ta vigne pour boire, et tonds le mouton si tu veux m'en croire.

Saint Grégoire le Grand (éveillé - rapide)

Il naquit à Rome vers l'an 540, d'un père notable et considérablement riche. Il est le petit fils du Pape Félix III. Après de longues études, il fut porté à la haute magistrature.

A la mort de son père, Gordien, il alla fonder des monastères en Sicile et un autre à Rome. Il était très sévère avec la règle. Il jeta à la rue le corps d'un moine mort sur qui on avait trouvé 3 pièces d'or. C'était surtout un administrateur soigneux, vigilant et infatigable.

Ce fut un grand réformateur de la Liturgie et participa à l'élaboration du missel romain. On lui attribue faussement l'invention du chant dit Grégorien.

Il mourut le 12 mars de l'an 604.

Il a laissé quelques écrits importants qui font de lui un docteur de l'Église.

Sainte Justine (juste)

Recluse à Arrezzo, morte en 1319.


13 mars

- A la sainte Euphrasie, pointe la fraise. (Valable seulement dans certaines régions)

Saint Rodrigue (Roderic) (Gloire et puissance)

Au 9ème siècle, près de Cordoue, à Cabra (Agabra) Rodrigue avait deux frères. Le premier abjura sa religion afin de se faire musulman. Le second était un fort mauvais chrétien.
Rodrigue, bon chrétien, était devenu prêtre en cachette car il n’était pas bon de clamer sa religion en cette période où les Maures contrôlaient la région. Les deux frères se disputaient souvent au sujet de leur foi.

Une nuit de grande dispute, Rodrigue essaya d’apaiser ses frères. Ils se jetèrent sur lui et le battirent à mort. Rodrigue essaya de se coucher sur son lit, mais il n’en eut pas la force. Son frère musulman le plaça sur une civière et le porta dans les rues du voisinage en disant bien fort à tout le monde : Voici mon frère qui a abjuré sa religion, quoiqu’il soit prêtre. Comme il est à la dernière extrémité, comme vous le voyez, il n’a pas voulu mourir sans déclarer publiquement sa conversion à notre religion.

Quelques jours plus tard, Rodrigue retrouva la santé. Mais il n’avait aucun souvenir de ce qui lui était arrivé pendant qu’il se trouvait sans connaissance, tant il avait été accablé par les coups qu’il avait reçus.
Il se retira à la campagne pour se reposer et éviter de nouveaux conflits.

Quelque temps après, Il alla à Cordoue. Par hasard, il y rencontra son frère musulman qui le força à venir avec lui chez le Cadi auquel il présenta son frère comme un renégat de la religion musulmane. Rodrigue protesta en disant qu’il n’avait jamais embrassé cette religion. Le Cadi fit mettre Rodrigue en prison. Il y rencontra Salomon, emprisonné parce qu’il était chrétien. Il se lia d’amitié avec lui.

Le Cadi fut informé de ce qu’ils prêchaient autour d’eux. Il les fit séparer, puis, après avoir essayé vainement de les convertir, il les condamna à mort. On coupa d’abord la tête à Rodrigue, puis, après avoir décollé celle de Salomon, on jeta leurs cadavres dans le fleuve Bétis (Guadalquivir). Mais les vagues ramenèrent les corps sur la rive. Rodrigue fut inhumé au monastère de Saint Genesius. Salomon, retrouvé plus tard, fut enseveli dans la basilique de saint Côme et Damien.
Cela se passait à Cordoue en 857.

Rodrigue est dérivé du germanique " Hrodric " , forme espagnole de Rodéric signifiant " Hrod , la gloire , et " Rik , le chef.
Rodrigue a été illustré dès le  XIème siècle par le célèbre héros  Rodrigue de Bivar , vainqueur des maures qui servit de modèle au " Cid de Corneille ".
Ce nom fut très répandu en Espagne ou il s'est perpétué sans discontinuer dans les pays d'Amérique latine. En France , il n'a jamais été fréquent hors des familles espagnoles. 7.458 personnes portent ce nom en France, actuellement.

Un autre saint Rodrigue :
Saint Rodrigue Aguilar Aleman prêtre et martyr (mort en 1927)

Né en 1875 à Sayula (Jalisco, diocèse de Ciudad Guzman). Durant la persécution contre l’Église, il continua son ministère en cachette, fut découvert sur dénonciation et pendu à un arbre par une escouade de soldats à Ejutla au Mexique. Il fut béatifié en 1992, canonisé le 21 mai 2000 par Jean-Paul II.

Sainte Euphrasie (bonne parole)

Il y a plusieurs Euphrasie, celle d'aujourd'hui était la fille d'un sénateur de Constantinople appelé Antigone. A la mort de celui-ci, la mère d'Euphrasie - qui s'appelait aussi Euphrasie - demanda l'aide de l'empereur Théodose le jeune. Il fiança la fille à un des principaux sénateurs. Elle n'avait que 5 ans.

Le contrat passé, le mariage fut différé en attendant la maturité d'Euphrasie. La mère, importunée par un autre sénateur, alla vivre en Egypte où elle possédait des biens. Elle y visitait des monastères. Un jour, Euphrasie ne voulut pas quitter le monastère dans lequel les deux femmes étaient en visite et fit voeu d'y rester toute sa vie. Elle avait 7 ans.

On raconte que le démon la menaçait. Il la précipita d'un troisième t-étage mais elle se releva saine et sauve. Un jour qu'elle tirait l'eau du puits, il la poussa dedans. Elle fut sauvée par un ange. Un autre jour, elle coupait du bois et la hache lui entailla douloureusement le pied. Elle tomba évanouie puis se relevant, elle reprit son fagot sur les épaules et rentra.

Elle mourut à trente ans en 412.


14 mars

Sainte Mathilde ("math" : puissance et "hild" : combat.)

Mathilde - ou Mahault - est issue d'un généalogie royale. Elle fut impératrice d'Allemagne.

A la mort de son mari, Henri Ier, dit l'Oiseleur, elle prit la charge de l'État en main. Elle faisait tant de largesses aux pauvres que son fils Othon lui demanda des comptes et l'exila en Westphalie. C'est alors que toutes sortes de malheurs s'abattirent sur le pays.

Finalement, on la fit revenir et tout alla mieux.

Elle mourut après une maladie inconnue, en 968. Mais pas dans son lit. Juste avant de mourir, toute princesse qu'elle était, elle se fit vêtir d'un cilice et coucher sur la cendre.

Elle avait l'habitude de réciter tout le psautier avant le chant du coq.

- Mars sec, Mai mouillé

Saint Lubin (de "lupus" : loup)

Saint Lubin n'a pas fait grand chose à part naître près de Poitiers du temps de Clovis Ier, obéir à ses parents de façon édifiante, labourer la terre et faire paître ses boeufs. Après quoi, il a demandé à un religieux de Nouaillé de lui imprimer les lettres de l'alphabet autour de sa ceinture, c'est ainsi qu'il les a mémorisées pendant ses champêtres activités. Puis, il est entré à Ligugé pour y étudier et devenir moine.

Mais Lubin avait des lubies. Il n'était bien nulle part. Il quitta Ligugé pour aller trouver Saint Avite, ermite dans le Perche.

En chemin, il rencontra Saint Calais qui lui conseilla de ne s'attacher à rien ni à personne et que de toutes façons, dans les communautés, il n'y avait que ragots et volontés de puissance, parce que chacun voulait y être le maître. Après avoir vu Saint Avite, il partit vers Lérins. En route, un moine lui affirma qu'à Lérins, l'air était malsain. Ils allèrent alors à Javoux où Saint Hilaire les mit dans sa communauté. Mais rapidement, ils allèrent à Lyon, à l'île Barbe. Il y resta 5 ans sous la houlette de Saint Loup.

En 525, l'Île Barbe fut envahie par des soldats. Il n'y trouvèrent que Lubin, les autres avaient fui. Il lui demandèrent où étaient les trésors de l'abbaye. Comme il ne répondait pas, les soldats le ligotèrent et le plongèrent à plusieurs reprises dans un gouffre où ils le laissèrent pour mort.

Sorti de là, il partit à nouveau vers le Perche. Puis, après la mort de Saint Avite, il se retira dans une cabane de la forêt de Montmirail, entre la Beauce et le Maine. C'est là qu'il commença à faire des miracles. Comme il avait attrapé un cancer dans les narines, il y appliqua de la cire bénite. Il en fut guéri au bout de 11 ans.

La nuit, on le voyait parler avec un personnage resplendissant de lumière, c'était Saint Avite, un revenant.

Après bien des péripéties, dont un voyage à Arles chez Saint Césaire, il fut élu évêque de Chartres.

Il guérit un hydropique, des fiévreux, un aveugle. Il délivra des énergumènes. Il ressuscita une fille de Chateaudun (la fille à Baudelin). Il éteignit un grand incendie qui s'était allumé dans Paris. Etc.

Il mourut en 557. Il est patron de Rouvray en Normandie et de plusieurs églises du pays de Blois.

- Quand mars se déguise en été, avril prend ses habit fourrés.

- À la mi-mars, le coucou est dans l'épinard


15 mars

Sainte Louise

Est venue récemment à ce jour. Il s'agit de Louise de Marillac, fondatrice des filles de la Charité (Saint Vincent de Paul) qui promenaient, il n'y a pas si lontemps, leurs cornettes blanches en guise de chapeau. Elle mourut en 1660.

Saint Longin le Doryphore (porteur de lance)

Appelé aussi, populairement "Saint Long j'y vas", patron des pieds plats.

Ce serait la personnification de la lance qui a perçé le flanc du Christ en croix. Certains le prétendent apocryphe. Au moment où il s'apprêtait à percer le flanc, il devint aveugle, mais le sang du Christ l'élaboussa et lui rendit la vue.

Un "saint Longin" désigne un personnage nonchalant ou paresseux. Dans la province de Namur, on trouve "l's-èfants londjins" désignant un enfant en retard de croissance.

Un lambin est considéré comme né le jour de la Saint Longin.

Au Moyen-Âge, on invoquait Saint Fer (de la lance de Longin) pour guérir les points de côté. A Bergerac, on trouve une dévotion à Sainte Pointe.

Il était invoqué pour les enfants en retard pour la marche. (Cf. Merceron)

Sainte Matrone

Vers 304, elle était servante chez Dame Plautilla, à Thessalonique. Chaque fois que sa patronne s'absentait, elle filait à l'église pour prier. Elle fut dénoncée par une autre domestique. Enfermée trois jours sans boire ni manger, elle survécut facilement. Déçue de ne pas la retrouver morte, sa patronne excédée la tua à coups de bâton.

- De mars la verdure, mauvais augure


16 mars

Sainte Bénédicte

Succéda à Sainte Claire en 1253, à Saint Damien, au monastère des Clarisses près d'Assise.

- Quand mars bien mouillé sera, beaucoup de fruits cueilleras

Sainte Eusébie ou Ysaïe

Il y a plusieurs Eusébie. Celle d'aujourd'hui serait de la famille de sainte Gertrude de Nivelles. Elle passa sa vie au monastère de Marchiennes et mourut en 660.

A moins que ce ne soit la Dame Eusébie qui retrouva le corps de saint Quentin noyé dans la Somme. Il y fut retrouvé 55 ans plus tard, dans les eaux, par Sainte Eusébie, pieuse veuve romaine et aveugle, qui eut la vision d'un ange. L'ange lui indiqua où se trouvait le corps de Quentin. Elle partit en Gaule, et s'arrêta le long de la Somme à l'endroit prévu par l'ange. Elle se mit en prière et le corps de Quentin, qui était au fond, chargé d'une masse de plomb, se mit à flotter. Sa tête d'un côté et son corps de l'autre. Les deux parties se rassemblèrent et Eusébie pu retirer le corps de la Somme. Elle recouvra la vue après l'avoir retiré.

- La vigne me dit :
En mars me lie, en mars me taille, en mars, il faut qu'on me travaille !


17 mars

- Quand il fait doux à la saint Patrice, de leur trou sortent les écrevisses.

Saint Patrice ou Patrick

Un jour, Patrick prêchait devant le roi des Scots. (Autrefois, l'Irlande était le pays des Scots : la Scotie) Il avait mis, par inadvertance, son bourdon (bâton) sur la pointe du pied du roi, il le perça. Le roi n'osa rien dire et souffrit cela avec patience. Enfin, Patrick, s'en apercevant, guérit le roi par une prière et obtint, en même temps, qu'aucun animal venimeux ne pût vivre en Irlande. Il obtint aussi que les bois et les écorces du pays servent de contre-poison.

Un jour qu'on s'était aperçu qu'une brebis avait été volée, Patrick rassembla les gens afin que le coupable se dénonce. Comme personne ne se dénonçait, Patrick enjoignit au mouton de pousser un bêlement depuis le ventre de celui qui l'avait mangé. C'est ce qui arriva. Le coupable se fit pardonner.

Patrick adorait Dieu 100 fois par jour les genoux en terre. en récitant chaque heure du bréviaire, il faisait sur lui 100 signes de croix. Partageant la nuit en 3 parties, pendant la première il récitait 100 psaumes et faisait 200 génuflexions; il passait la deuxième à réciter les cinquante autres psaumes, plongé dans l'eau froide. Il consacrait la 3ème à un léger repos étendu sur la pierre nue.

Un jour, il traça un grand cercle avec son bâton. La terre s'ouvrit et apparut un puits profond. Patrick, selon une révélation, apprit que c'était là le purgatoire où quiconque descendrait n'aurait plus à souffrir pour ses péchés dans un autre purgatoire. Ceux qui y descendraient devraient y séjourner d'un matin au matin suivant.

Un certain Nicolas y descendit un jour. Il rencontra alors des démons qui poussaient des cris horribles. Plus tard, il vit un feu énorme dans lequel il fut jeté. Puis il vit des hommes être brûlés vifs et flagellés avec des lames de fer rouge au point de découvrir leurs entrailles. Ensuite il en vit d'autres dévorés par des serpents et auxquels les bourreaux attachaient et arrachaient les entrailles avec des crochets enflammés. Puis il arriva dans un lieu où l'on faisait frire des hommes sur des poêles. Puis, il vit une immense maison dans laquelle étaient creusées des fosses pleines de métaux en ébullition. Des hommes y étaient enfoncés jusqu'aux genoux, d'autres jusqu'au ventre, ou jusqu'au cou ou jusqu'aux yeux.

Ensuite il arriva devant un puits très large d'où sortaient des hommes rouges comme du fer et d'où s'échappait une puanteur intolérable. Nicolas fut jeté dans le trou. Puis il arriva devant un pont très étroit, poli et glissant comme de la glace. En dessous coulait un fleuve de soufre et de feu. Il passa en disant sa prière à chaque pas. A chaque fois, à chaque épreuve, la prière faisait tout disparaître.

Puis il se trouva alors dans une verte prairie printanière. (Voir l'île du lac de Dergh où se trouve le Puits ou le Purgatoire de Saint Patrick. Un pèlerinage y est encore très vivant)

Patrick serait né à "Bonaven Taberniae", tout près de Boulogne sur mer. On dit qu'il fut éduqué à Lérins et qu'il devint curé d'Auxerre. Puis il partit évangéliser l'Irlande.

Cela dit, Patrick raconte qu'à l'âge de 16 ans, il fut rapté par des pirates, mis dans une barque et conduit en Hibernie (Irlande). En captivité, il avait une sainte horreur des études. Il ne se plaisait que dans les travaux des champs.

Il eut une vision lui ordonnant d'aller vers un port où il trouverait un bateau qui le ramènerait en France. C'est ce qu'il fit. Il eut alors différentes visions qui, toutes, lui prédirent un retour en Hibernie.

Peu après, ses parents durent faire un voyage en Armorique. Ils y furent égorgés et Patrice fut capturé comme esclave. Il fut vendu à des Pictes qui l'emmenèrent vers la Grande Bretagne. Mais des navires gaulois les interceptèrent.

Patrick fut alors emmené à Bordeaux. On le racheta et on l'emmena au monastère de Saint Martin de Tours. Puis il partit vers l'Hibernie pour y prêcher mais fut accueilli comme un ennemi et dût rentrer en France. Il passa neuf ans à Lérins. etc.

Puis, sous l'égide de Germain d'Auxerre, il partit en Irlande en 432 et se fit consacrer évêque.

C'est parmi les bardes irlandais, dont Ossian, qu'il se fit des disciples. Comme ils étaient un peu trop Celtes, Patrick se fâcha souvent.

Il mourut le 17 mars 464 et fut enterré, dans le cimetière de Down.

Saint Patrick semble être le doublet celtique de Saint Antoine (17 janvier). Il a comme lui une caverne de laquelle sort du feu et où vivent des démons de cauchemar. Ce n'est pas sans rapport avec Jean de l'ours qui, lui aussi descend dans un trou vers les enfers. Ou encore avec Jean Paulu qui permet à Sabine de sortir du trou où elle avait été plongée plusieurs années.

La déshibernation de l'ours, au 2 février, est sans doute à l'origine de ces contes.

- Gertrude amène les cigognes, Barthémémy vide leur nid (24 août)

- A la sainte Gertrude plante tes choux.

Sainte Gertrude (lance fidèle)

Quant à Gertrude, (626-659) elle est la fille de Pépin de Landen, née dans le Brabant en Belgique, sans doute à Nivelles. Elle fut religieuse chanoinesse.

Elle est invoquée contre les rats, les souris, les loirs et les mulots, pour les chats, pour un bon gîte en voyage, contre la fièvre et la folie. Elle est d'ailleurs souvent représentée avec des rats qui courent autour d'elle et qui montent sur sa crosse. Dans l'abbaye de Nivelles, autrefois, il y a avait un puits sous la crypte de l'Église. On se servait de son eau pour asperger les champs infestés par les rongeurs des campagnes.

Elle est patronne des agonisants. On dit : "Madame Gertrude te prépare le chemin".


18 mars

Saint Édouard II (gardien des richesses) ou le coup de l'étrier.

Édouard II avait pour père Edgar le Pacifique, roi d'Angleterre. C'était le préféré de son père qui le désigna rapidement pour son successeur.

Mais Elfride, sa troisième mère, dépitée et jalouse, aurait bien voulu que son fils Ethelred (demi frère d'Édouard) soit roi à sa place.

Comme toutes les belles-mères des contes et d'ailleurs, elle le persécutait. Elle racontait qu'Édouard avait un caractère violent et qu'il allait jusqu'à frapper ses serviteurs. Elle fomenta un parti pour défendre l'accès à la royauté d'Ethelred et jura la perte d'Édouard.

Pourtant, Édouard, affable, plein de douceur et de bonté, aimait tendrement son petit demi-frère et ne s'inquiétait pas des complots de sa belle-mère.

Édouard avait douze ans lorsque son père mourut. C'était le 8 juillet 972. Ethelred avait sept ans.

Édouard, grâce à la constance de Dunstan de Cantorbéry et d'Oswald d'York, fut sacré roi, malgré les menaces des partisans d'Ethelred.

Il devint un excellent roi, réprimant les ennemis de l'État et récompensant les fidèles sujets. Il était très charitable et très judicieux dans ses conseils.

Un jour, il partit à la chasse. Passant près du château de Wareham, qui appartenait à sa belle-mère, il désira aller dire bonjour à son petit demi-frère. Elfride était là. Le voyant venir, elle courut à sa rencontre et lui présenta une coupe afin qu'il se rafraîchisse. Elle faisait semblant d'être ravie mais elle était accompagnée d'assassins.

Édouard, ne se méfiant de rien, porta joyeusement la coupe à ses lèvres. Et pendant qu'il était en train de boire le coup de l'étrier, un domestique, payé par Elfride, lui donna un coup de poignard dans le côté. Dès qu'il se sentit blessé, il piqua son cheval pour rejoindre les siens mais le sang coulait à flot et Édouard tomba du cheval pour mourir. C'était le 18 mars 978. Il était roi depuis trois ans.

Elfride fit jeter le corps dans un marais proche puis se retira dans un autre château de sa possession, loin du lieu du crime.

Un an après, personne n'avait retrouvé le corps d'Édouard. Mais un jour, Dieu suscita quelques fidèles qui se rendirent vers les marécages où ils virent une grande colonne de feu. Intrigués, ils vidèrent le marais et découvrirent le corps d'Édouard que l'on retrouva aussi frais que le jour de sa mort. Il fut ramené dans l'église de la Sainte Vierge à Wareham le 13 février 979. Plus tard, il fut conduit au monastère de Shaftesbury le 18 février 981.

Plus tard aussi, la perverse Elfride fut touchée par le repentir. Elle voulut visiter les reliques d'Édouard mais chaque fois qu'elle s'avançait pour les voir, une force l'empêchait de passer. Elle ne put les visiter ni à pied ni à cheval.

Néanmoins, en pénitence, elle fit construire deux monastères : Wherwell et Ambresbury, et finit ses jours dans le premier.

Ethelred, nommé roi, fut lâche et malheureux. Toutes sortes de calamité envahirent l'Angleterre, dont l'invasion des Danois.

Voir Saint Édouard


19 mars

- Pour la saint Joseph, chaque oiseau bâtit son château

- Chaud à la saint Joseph, l'été sera bref.

- Pour la Saint Joseph, mon cousin, taille les arbres du jardin.

Saint Joseph (Dieu ajoute)

On a déménagé Saint Joseph au 1er mai ??? A la fête du travail ! Bien sûr, Joseph était un travailleur, mais est-ce une raison pour bouleverser ainsi une série de rituels agricoles ? C'est pour cette raison que je préfère le garder aujourd'hui, jour où il faut planter les choux.

Il faut dire que Saint Joseph n'est vraiment apparu officiellement qu'à partir du XVe siècle, au moment de l'essor de la société industrielle. Et encore, il a fallu le 17ème siècle pour que sa fête soit chômée. Ce n'est que tout récemment qu'on en parle à la messe.

Il est patron des travailleurs du bois. Charpentier ou menuisier. Saint Augustin dit qu'il bâtissait des maisons.

Sa qualité principale est l'humilité -, SDF sans le sou, qui se fait jeter de partout avec une femme en passe d'accoucher un Dieu - qu'il n'a même pas fabriqué lui-même - et qui ne trouve qu'une grange pour y mettre son petit. En plus, Sainte Brigitte, qui était servante de la maison voisine, a aidé à accoucher gratuitement. Pourtant, elle n'avait pas de bras ? Bien lui en a pris car grâce à sa B.A., ses bras ont repoussé.

On le représente avec un lys blanc. On pourrait prendre ça pour de la mièvrerie, pourtant certains comparent ses attributs au bâton fleuri de Saint Christophe, notre grand Gargantua.

C'est donc qu'il annonce aussi le printemps - on y arrive. C'est pourquoi, je pense qu'il sera toujours au 19 mars.

- A Saint Joseph beau temps, promesse de bon an.

- Saint Joseph au beau, toute l'année au beau

- S'il fait chaud à la Saint Joseph, c'est signe que l'été sera sec.

- Si le vent se lève à la Saint Joseph, la mer se couvre d'écume : c'est la barbe de Saint Joseph. Il est préférable de rester au port.

- A la Saint Joseph, on marie les oiseaux. A la Saint Benoît, on cherche les nids. (21 mars)

Saint Joseph est invoqué par ceux qui cherchent un logis, par les fuyards et par ceux qui sont en tentation d'adultère.

On raconte beaucoup de choses sur Saint Joseph. Une légende dit qu'il ressuscita et apparut à Jérusalem en même temps que le Christ et que, 40 jours plus tard, il fit une ascension vers les cieux.. A Florence, on garde son bâton. A Joinville sur Marne, on montrait autrefois sa ceinture.

Un évangile apocryphe "la mort de Joseph le charpentier" (IVe siècle) raconte que Jésus était devant son père Joseph moribond. La mort s'approcha avec "les puissances de l'abîme, leurs armées et leurs satellites. Leurs vêtements, leurs bouches et leurs visages jetaient du feu." Quand Joseph les vit venir, il poussa de tels soupirs que Jésus repoussa la mort et ses ministres.

Tous les conteurs connaissent le conte de Grimm : "Saint Joseph dans la forêt". Une femme avait trois filles. L'aînée méchante, la seconde plus gentille et la troisième très gentille. Elle ne supportait pas la cadette.

La petite se perdit un jour dans la forêt. Elle finit par trouver une cabane dans laquelle vivait un beau vieillard avec une barbe blanche, c'était Saint Joseph. Il l'accueillit et lui demanda de faire une soupe avec des racines car il n'avait que ça à manger. Quand elle eut fini, Joseph, qui avait grand faim, lui demanda un peu de la soupe. Elle lui donna plus pour lui que pour elle. Puis, le soir, Joseph lui dit qu'il n'avait qu'un lit mais qu'il coucherait dans la paille et elle dans le lit. Elle refusa et voulut coucher dans la paille. Il la prit et la coucha de force dans son lit. (oh le vilain !). Le lendemain, Joseph avait disparu et elle trouva un gros sac d'argent qu'elle s'empressa de ramener à sa mère (Oh la naïve !).

Vous connaissez la suite, c'est un peu comme dans le conte "les Fées". Pas besoin d'en rajouter pour les conteurs. A la fin, tout de même, la mère et la fille qui avaient pensé qu'en imitant la cadette elles trouveraient le magot (oh les garces !) furent attaquées par des serpents et des lézards. La fille aînée en mourut et la mère fut piquée au pied.

Bonne fête aux Joseph, Joséphine, José, Jo, Joe, Josiane, Josette, Josie, Jef, Giuseppe, Fine, Fieneke, Youssef, Youssouf, Pepito, Pepita, Peppone, Joos, Sefa, Seffi etc.


20 mars

- Printemps secs, étés pluvieux

- Printemps tardif, précoce hiver

- Printemps pluvieux, beaucoup de foin, peu de blé

Saint Cuthbert

Cuthbert fut évêque de Lindisfarne (Holy Island)

Tout jeune, il gardait les troupeaux. Après avoir eu une vision, il se rendit au monastère de Mailros et se fit moine. Plus tard il fut envoyé au monastère de Rippon où il exerça la charge d'hôte. Un abcès survenu au genou l'empêchait de marcher, mais un ange le guérit.

Revenu à Mailros il fut frappé par la peste qui décimait le pays. Contre toute attente il en guérit mais garda des douleurs vives.

Il devint alors abbé du monastère. Il opéra beaucoup de guérisons. Après plusieurs années, il se retira dans une île appelée Farne où jamais personne n'avait pu habiter à cause des spectres et des fantômes qui la hantaient.

Il creusa deux cellules dans le roc, l'une pour lui servir d'oratoire et l'autre pour y habiter. Il les entoura de si hauts murs qu'on ne pouvait y voir que le ciel. Il y fit jaillir une fontaine d'eau douce. Des gens venaient le visiter. Au commencement, il leur permettait d'entrer, puis, au bout de quelques temps, il ne leur parla plus que par une fenêtre. Finalement, il fit boucher la fenêtre.

Ce sont des corbeaux qui venaient le nourrir.

Il eut des compagnons avec qui il voyagea sur mer. Un aigle les ravitaillait en leur apportant un grand poisson. Un jour que leur bateau avait été renversé par la tempête, ils trouvèrent sur l'eau trois morceaux d'un dauphin qui les sustentèrent pendant trois jours.

Une autre fois, ayant besoin d'une pièce de bois de douze pieds de long pour boucher une fente que les vagues de la mer avaient fait à sa cellule, les flots lui en apportèrent une telle qu'il la désirait. C'est pourquoi on a pu dire que la mer lui obéissait.

Puis il devint évêque de Lindisfarne pendant quelques années. Enfin il se retira à nouveau à l'île de Farne. Il y trépassa le 20 mars 687.

Il est représenté de différentes manières mais son principal attribut est le cygne. Oiseau silencieux qui ne chante que lorsqu'il se dirige vers l'au-delà, après la mort. D'autres disent qu'il s'agit de "l'oie à duvet" ou encore "oiseau de Saint Cuthbert."

Il est aussi représenté avec des loutres essuyant l'eau qui baignait ses pieds. On raconte que deux loutres allaient le réchauffer, sur le bord de la mer, lorsqu'il sortait des flots où il avait coutume de se plonger pour chanter son office.

Saint Wulfran est né à Milly en Gâtinais.

Son père Fulbert fut un homme de la cour de Dagobert 1er. Wulfran fut nommé évêque de Sens.

Un jour il décida d'aller vers la Frise pour évangéliser. Les Frisons faisaient des sacrifices humains. Un enfant nommé Ovon fut conduit à la boucherie. On le pendit. Deux heures après, les cordes se rompirent. Wulfran courut et lui ordonna de se lever. Ovon se leva en parfaite santé.

Plus tard, le sort tomba sur les enfants d'une pauvre veuve. Ils avaient 5 et 7 ans. Ils furent jetés dans la mer. Mais Wulfran intervint et les eaux se séparèrent en deux et servirent de murailles pour protéger les petits. Alors Wulfran marcha sur les eaux et alla quérir les deux enfants qu'il ramena sur terre.

Le prince des païens, le duc Radbod, se déclara vaincu devant ces miracles. Il voulut se faire baptiser. En ce temps là, on baptisait en plongeant les postulants dans un bassin d'eau. Mais le prince avait à peine mis son pied dans l'eau qu'il le retira en disant qu'il ne voulait pas se priver de la compagnie de ses ancêtres dans l'au-delà.

Wulfran revint au monastère de Saint Wandrille. Il y mourut le 23 mars 720.

On le représente souvent avec une corde dans la main pour avoir ressuscité un pendu.


21 mars

- Jamais pluie de printemps n'a passé pour mauvais temps.

Sainte Clémence d'Hohenberg, morte en 1176.

Elle est surtout vénérée en Allemagne. Après la mort de son mari, elle se fit religieuse à Trèves.

- Pour la saint Benoît, le coucou chante aux bons endroits, sinon il est mort de froid.

- Pour la saint Benoît, le coucou chante à bon droit.

- S'il pleut le jour de la saint Benoît, il pleut trente-sept jours plus trois.

- Quand au printemps la lune est claire, peu de noix espère

- Si la lune est trouble, la noix redouble.

Saint Benoît de Nurcie (Béni)

Premier abbé du Mont-Cassin - Fondateur des Bénédictins.

Il paraît que les déménagements de saints ont été fait (pendant le Concile de Vatican II) pour les placer le jour anniversaire de leur mort.

Saint Benoît a été envoyé au 11 juillet ??? Or, il est mort à la date d'aujourd'hui.

De nouveau, les dictons de son jour de fête ne sont plus valables. On se demande à quelle logique ont obéi les membres réformateurs du calendrier lors du Concile ?

Benoît naquit vers l'an 480 dans la région de Nurcie, en Italie. (Norcia) Aujourd'hui, l'Ombrie.

A l'âge de 7 ans, on l'envoya étudier à Rome. Il y demeura 7 ans, après quoi, écoeuré de la débauche qui y régnait, il quitta Rome, suivit de sa nourrice qui se nommait Cyrille. En passant dans un village (Afide), il fit son premier miracle : une femme avait emprunté un vase de terre à de pauvres gens. Le vase s'était cassé. Benoît prit les morceaux et rendit au vase sa forme originale.

Comme sa réputation de sainteté nuisait à son humilité, il quitta Afide, en y laissant sa nourrice, et se dirigea dans la montagne de l'Anio, à 50 Km de Rome en un lieu appelé Subiaco. Là, vivaient quelques moines dans la plus stricte austérité.

Benoît vécu là, dans le silence et l'isolement total. Romain, un des moines, lui descendait de temps en temps un morceau de pain, à l'aide d'un panier et d'une corde, pour qu'il puisse se sustenter. Cela pendant trois ans.

Il avait attaché une sonnette au panier, de façon à ce que Benoît soit averti de la chose. Un jour, le Diable cassa la sonnette, mais cela ne découragea pas Romain.

Comme il était vêtu de peaux de bêtes, il effrayait les bergers de la montagne. Ceux-ci n'osaient l'approcher car ils le prenaient pour un monstre.

Ils finirent cependant par l'approcher pour reconnaître qu'il s'agissait bien d'un homme et d'un homme plein de sagesse. Sa réputation de sainteté s'étendit.

Mais Satan veillait. Jaloux de cette sainteté naissante, il prit la forme d'un merle et vint voltiger autour de Benoît à qui l'idée d'attraper le merle était bien étrangère. Mais, Benoît, il fit un signe de croix sur le merle qui disparut d'un coup. C'était le Diable.

Au même instant survint en lui une furieuse tentation de la chair. Il était prêt d'y succomber lorsqu'un souffle de l'Esprit lui donna le courage de se mettre à nu puis de se rouler dans un champ d'épines et de ronces. Il s'y roula longtemps et en sortit sanglant mais calmé. Sa concupiscence s'était évanouie.

Plusieurs habitants de la région vinrent se placer sous son autorité. Comme l'abbé du monastère voisin de Vico-Varo était décédé, il fut élu abbé. Mais comme les moines étaient assez débauchés, il supportèrent mal ce nouvel abbé qui leur imposait la discipline. Ils résolurent donc de l'empoisonner. Benoît fit le signe croix sur la coupe qu'on lui présentait, elle vola en éclat.

Benoît dit alors qu'il ne resterait pas plus longtemps en ce lieu. Il retourna alors dans sa grotte.

Mais beaucoup de monde vint en ce désert afin d'imiter Benoît et se mettre sous sa coupe. Il fonda alors 12 monastères dans la province de Valéria. Dans chacun des monastères, il plaça 12 religieux avec, à leur tête, un supérieur. Il fonda aussi un monastère pour sa soeur Scolastique.

Equice, lui apporta son fils Maur, âgé de 12 ans et Tertulle lui amena son fils Placide qui avait seulement 7 ans, afin qu'il vivent avec Benoît.

Un jour, Placide, qui était allé puiser de l'eau, glissa et tomba dans l'eau et fut emporté. Benoît fut averti en songe et commanda à Maur d'aller sauver Placide. Maur courut et s'engagea sur l'eau en marchant. Arrivé là ou se noyait Placide, il le tira par les cheveux et le ramena sur la berge.

Un curé, qui s'appelait Florent, en était arrivé à haïr Benoît, lui envoya un pain empoisonné. Mais le saint donna le pain à un corbeau avec ordre de le porter là où personne ne pouvait le trouver. Le corbeau refusa de prendre ce pain empoisonné mais Benoît lui assura qu'il n'en subirait aucun dommage. Le corbeau prit alors le pain et disparut pendant trois jour après lesquels il revint pour trouver sa pitance au monastère.

Le curé furieux engagea 7 filles de mauvaise vie et les fit entrer secrètement au jardin du monastère. Elle y dansèrent et chantèrent toutes nues, de façon impudique. Benoît, dare dare quitta le monastère avec ses moines en cédant la place à l'envieux Florent. Celui-ci tout heureux, les regardait partir depuis une terrasse mais, tout à coup, la terrasse s'effondra et tua Florent.

Dieu lui fit connaître qu'il devait se rendre à Monte Cassino (Mont Cassin) dans le royaume de Naples. Deux anges en forme de jeunes hommes l'y conduisirent.

Après quarante jours de jeûne sur la montagne, Benoît se mit à renverser l'autel du temple d'Apollon puis à transformer le lieu en un oratoire auquel il donna le nom de Saint Martin. Puis il en bâtit un autre au nom de Saint Jean-Baptiste. Puis il travailla à convertir la population des environs. Nous sommes en 529, sous le règne d'Athalaric, roi de Goths d'Italie et sous le pape Félix IV.

Satan était horrifié. Il se mit à persécuter Benoît à tous moments. Il jetait du feu par les yeux, la bouche ou les narines. Mais Benoît n'y faisait pas attention.

Un jour que les frères bâtisseurs voulurent soulever une pierre, Satan se mit dessus et rendit la pierre si lourde qu'il était impossible de la soulever. Benoît vint et par un signe de croix sur la pierre, la rendit très légère à transporter.

Benoît pénétrait les pensées de ceux qui venaient le trouver. Un jour qu'il avait envoyé un de ces moines exhorter des religieuses, celles-ci lui firent cadeau de petits mouchoirs qu'il prit et les cacha dans son sein. Dès qu'il fut de retour et sans avoir rien dit, Benoît le réprimanda et lui reprocha d'avoir failli au voeu de pauvreté et à celui d'obéissance. Le pauvre religieux se prosterna pour demander pardon et jeta au loin les mouchoirs des religieuses.

Un autre histoire semblable est arrivée à un moine qui aimait fort ses parents. Un jour; il alla les voir sans la permission de l'abbé. Il mourut en arrivant chez eux. On l'enterra mais la terre le rejetait à chaque fois ??? Alors, on mit une hostie consacrée sur le ventre du mort et la terre ne le rejeta plus.

On ne sait pas exactement quand il composa sa règle, mais Hildegarde de Bingen, dans ses "révélations" affirme qu'il la composa alors qu'il était encore à Subiaco. Sa règle servi de modèle à beaucoup de fondations.

Il mourut debout, le samedi saint de 543. Il fut inhumé dans la chapelle de saint Jean-Baptiste. Les religieux de Fleury, en France revendiquent la possession de ses reliques.

On l'invoque contre les maléfices, les empoisonnements, l'érésipèle, la pierre et la gravelle. Henri II, empereur d'Allemagne fut guéri de la pierre en invoquant saint Benoît.

Il paraît que dans la grotte de Subiaco, il y a un statue de saint Benoît à l'âge de 15 ans. De temps en temps, elle sue, surtout la veille de calamités. On peut récupérer la sueur pour se l'appliquer où l'on veut et obtenir ainsi de nombreuses grâces.

- Veux-tu oignons, seigle, petits pois, sème les vers la saint Benoît.


22 mars

- Une hirondelle ne fait pas le printemps

Saint Léa (la vache) (4ème siècle)

Aujourd'hui, 22 mars, bonne fête aux Léa (la vache sauvage). Ce n'est pas la Léa, première épouse de Jacob. Il s'agit de Saint Lée ou Léa, veuve romaine, qui, en dehors de passer ses nuits en prière, n'a pas fait grand chose sauf de se faire passer pour folle aux yeux du monde. C'est la patronne des veuves.

Quant à la Léa de Jacob, (c'est vraiment un aléa) elle était fille de Laban. Moins belle que sa cadette Rachel, elle lui fut substituée dans le lit nuptial de Jacob qui préférait Rachel. Il devait faire bien noir ?

N'empêche qu'elle lui a fait 6 fils, Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Issachar et Zabulon et une fille : Dina.

Saint Aphrodise

Non, ce n'est pas Aphrodite, et d'ailleurs c'est un homme. Il arriva à Béziers monté sur un chameau. C'est peut-être pour ça qu'il est invoqué contre la sécheresse, au mois de mai, par les vignerons.

Sainte Catherine de Suède

On l'a déménagée au 24 mars, jour de la saint Gabriel Archange. Lui-même a déménagé au 29 septembre pour rejoindre Michel et Raphaël.

Elle était la fille de Sainte Brigitte de Suède. Jeune, on lui fit épouser un mari dont elle ne voulait pas et qui s'appelait Edgard. Elle réussit à le persuader de rester vierges tous les deux. Edgard mourut assez vite et Catherine partit à Rome sur les pas de sa mère Brigitte. On dit qu'elle y mourut..

Une dame qui avait fait sept fausses couches vint prier sainte Catherine de l'aider. Catherine lui donna un morceau du vêtement de sa mère Brigitte. La femme eut ainsi un 8ème enfant mais qui naquit bien vivant.

On raconte beaucoup d'histoires de bêtes à propos de sainte Catherine : des taureaux qui la jettent de son berceau et des cerfs qui la protègent d'un violeur etc.

Elle est invoquée contre l'avortement et les inondations.


23 mars

Saint Victorien (5è siècle) (Victoire)

Il était proconsul de Carthage. Il fut martyrisé avec plusieurs autres personnes chrétiennes par son roi Huméric.

- S'il pleut le jour de saint Victorien, on peut compter sur bien du foin.

Sainte Philothée (qui aime Dieu ou qui est aimée de Dieu)

On ne sait rien de Philothée. Il a bien fallu qu'on lui donne un nom mais ce n'est pas le sien. On ne sait pas où elle a vécu. On sait tout juste qu'elle a vécu vers les années 1430.

On dit qu'elle est née non loin de Nuremberg, en Allemagne. Mais ce n'est pas certain.

On dit aussi qu'elle était pauvre mais qu'elle était belle.

A l'âge de quatorze ans, elle offrit à Dieu, "comme un bouquet de fleurs suaves, le lis de sa virginité", disent les petits Bollandistes. Mais le Diable veillait, il envoya des centaines de démons pour essayer de lui faire peur, comme il le fit pour saint Antoine. Ils épouvantaient la jeune Philothée le jour et la nuit en faisant de grands bruits. Mais rien n'y fit. Elle garda son calme.

Elle avait un petit jardinet qu'elle cultivait amoureusement. Dès potron-minet, elle se levait puis bêchait, semait, arrosait, nettoyait, admirait puis récoltait des petits légumes qu'elle savourait avec délices.

Un jour, en automne, elle se demanda si Dieu l'aimait vraiment, quand tout à coup, elle vit, dans un coin du jardinet, se lever une grande quantité de violettes qui parfumèrent tout le jardin.

Tout le monde sait que les violettes, ça veut dire "je t'aime" !

Elle y vit une réponse à sa question. Elle cueillit alors les violettes et les serra très fort contre son coeur. Elle se dit qu'elles préfiguraient le jardin des délices.

Mais un peu plus tard, elle se mit à douter.
Et si les violettes étaient venues naturellement ? Et si ce n'était pas Dieu qui les avait fait pousser ? Et si c'était un artifice du démon ? Et si c'était des fausses violettes ? Et si elles n'étaient pas vraiment violettes ? Et si ceci, et si cela ?

Philothée avait besoin d'une preuve supplémentaire pour la démonstration. Elle demanda donc à son fiancé céleste de lui confirmer son amour par une expérimentation de plus.

Dans sa sainte scientificité, Dieu ne la déçut point. A l'endroit où avaient poussé les violettes, des anges messagers vinrent déposer un anneau rempli de diamants étincelants. Sur le chaton étaient gravées deux mains entrelacées.

Philothée se mit à genoux, ramassa la bague qu'elle mit à son doigt pour ne plus la quitter.

Quelques temps plus tard, Dieu lui apparut sous la forme d'un enfant qu'elle serra bien fort dans ses bras pour le couvrir de baisers. Peu après, elle mourut et s'envola vers le jardin du paradis.


24 mars

Saint Gabriel

- Saint Gabriel apporte bonne nouvelle.

Aujourd'hui, c'est la fête de l'Archange Gabriel qui concevra demain la Vierge Marie par l'oreille, ce qui fait qu'elle enfantera Jésus par les voies normales.

Une Annonciation sculptée au tympan du portail de la Marienkapelle, à Würzburg (Bavière), montre un tuyau qui part de la bouche de Dieu et aboutit à l'oreille gauche de Marie.

Gabriel, grand baroudeur du ciel, associé à Mercure, apparaît à Jérémie, à Daniel, à Joachim, et à Zacharie, le père de Saint Jean-Baptiste et à Marie. Il dit à Marie et à Zacharie : "vous aurez un enfant" et sa parole féconde est suivie d'effets. Même que Zacharie, qui doute des paroles de Gabriel, sera muet jusqu'à la naissance de son fils. Il invente le "Je vous salue Marie".

Gabriel est un des sept archanges qui se tiennent toujours debout devant le trône de Dieu. La racine GBR indiquant la "virilité" et par là même la "force" .

Il est associé à Orion, la constellation qui précède le grand chien avec Sirius (chien) et le petit chien avec Procyon (pré-chien). Orion était chasseur.

Le père Cahier raconte que Gabriel, avec son cor de chasse, poussa la Licorne dans le giron de la vierge. C'est là seulement qu'elle lâche prise en oubliant sa force indomptable.

Voir Saint Gabriel


25 mars

- Si pour l'Annonciation la pluie est là, pour toutes les fêtes de la Vierge elle y sera.

- S'il pleut le jour de la bonne Dame, il pleut à toutes ses fêtes. (Allier)

- Annonciation mouillée craint les giboulées.

- S'il gèle à Notre Dame de mars, chaque mois aura sa part. (Haute Loire)

- A l'Annonciation, les hirondelles annoncent la belle saison, à la Nativité (8 septembre) elles nous quittent avec l'été.rs, le compagnon, rend la chandell

Annonciation

C'est une des plus anciennes fêtes de la chrétienté.

C'est le jour où Gabriel apparaît à Marie et lui annonce qu'elle aura un enfant. L'Annonciation faite à Marie, placée à l'équinoxe de printemps, fait écho à celle faite à Zacharie, père de Jean-Baptiste, placée à l'équinoxe d'automne

C'est la fête de l'équinoxe de printemps.

A minuit, entre le 24 et le 25, l'âne brait. Comme il est ami du démon, il crie, parce que la lumière gagne sur le noir. Le démon perd du terrain.

Le 24 à minuit serait l'anniversaire de la création du monde.

Attention, concevoir des enfants le 25 mars est dangereux. Ils naissent à Noël ! Ils deviennent fous... et se font mettre en croix trois mois plus tard.

- Le vent du jour de l'Annonciation est le vent dominant toute l'année. (Savoie)

Saint Melchisédech, roi de Salem. (Melki-tsedeq = Roi de Justice)

Contemporain d'Abraham, il lui offrit le pain et le vin consacrés et le bénit. Il était Grand-Prêtre.

Peut-être la fête de ce "roi de justice" a-t-elle été placée à l'équinoxe en raison du juste équilibre entre les jours et les nuits ?

"Tsedek" est aussi le nom de la planète Jupiter dont l'ange est Tsadqiel-Melek. (Le "El" est la terminaison du nom des anges, il signifie "Dieu". En Inde Jupiter s'appelle Brihaspati, ce qui signifie "Pontife céleste".

"Salem" signifie : "cité de la paix" et aurait été l'ancienne Jérusalem.

Notre Dame des oeufs à Gréoux-les-Bains

Les épouses qui trouvaient leurs époux peu virils venaient en pèlerinage à Gréoux avec des oeufs frais qu'elle faisaient bénir. Elles en gobaient un et enterraient l'autre près de l'église. Elles venaient rechercher l'oeuf enterré le 8 septembre, jour de la nativité de la vierge.

Saint Disme ou Dysmas : bon larron crucifié avec Jésus.

- A la Marchesse, coucou est mort s'il ne prêche

- Si pour Notre Dame le coucou n'a pas chanté, il est tué ou bâillonné.

- Au 25 mars, prés et treille tu nettoieras, ou la peau du dos y laisseras.


26 mars

Sainte Larissa

Placée à ce jour depuis 1970, elle est surtout vénérée par les Grecs; Les Goths lui coupèrent la tête au IVeme siècle.

Sainte Eugénie de Cordoue ou Ginette

Martyre espagnole au 10ème siècle.

- Pluie de Mars, n'engraisse ni oie, ni jars


27 mars

Saint Habib

Vatican II a placé un saint Habib, persan qui fut brûlé vif en 327.

Sainte Lydie

Martyrisée avec d'autres sous l'empereur Adrien au 2ème siècle.

Saint Jean d'Égypte

Ermite en Thébaïde. Il se mit sous la coupe d'un ancien solitaire qui lui ordonna d'arroser tous les jours un bâton tout pourri qu'il avait planté en terre. Il devait aller chercher de l'eau à trois kilomètres de là. Cela dura un an. On ne sait pas si le bâton finit par fleurir.

A quarante ans, il se retira dans une grotte d'un accès difficile. Il y resta jusqu'à l'âge de quatre vingt dix ans.

Après trente ans de réclusion, il reçut le don de prophétie. Beaucoup de gens vinrent le trouver. A lui tout seul il était une vraie station météorologique : il prédisait les débordements du Nil, l'état de futures récoltes etc.

Il mourut après avoir passé trois jours à genoux, en prière. On l'appelle aussi Jean l'Obéissant et on le représente en train d'arroser un bâton.

Sainte Augusta

Au 5ème siècle, du côté de Venise, Augusta ne cessait pas d'essayer de convertir son père au christianisme. Il en fut si agacé qu'il lui trancha la tête.

- Printemps tardif, précoce hiver.


28 mars

- La gelée du jeudi saint gèle le sarrasin.

- Le temps de Saint Gontran voit l'hirondelle arrivant.

Saint Gontran, roi de Bourgogne.

Petit-fils de Clovis, il fut d'abord paillard et meurtrier. Il ne s'unissait qu'à ses servantes. Vénérande lui donna un fils Gondebaud qui fut empoisonné très jeune par Marcatrude.

Gontran s'unit alors à Marcatrude qui lui donna un fils qui mourut très tôt. Puis Marcatrude mourut peu après. Il épousa alors Austrechilde dont il eut deux fils qui moururent en bas-âge. Gontran la fit mourir ainsi que deux des frères de Marcatrude. Il assassinat son Chambellan.

Puis son frère, Charibert mourut et Gontran reçu une part du royaume en héritage.

Finissant par se calmer, Gontran s'efforça d'atténuer les effets d'une suite de déboires familiaux faits de jalousies, d'assassinats et de meurtres de toutes sortes. Il était fondamentalement bon et avait un profond respect pour les gens. Il faisait de larges aumônes.

En 580, après des incendies et des inondations, survint une épidémie de feu saint Antoine qui ravagea la Bourgogne. Il passait ses jours et ses nuits à soigner les malades. Il devint très populaire et considéré comme un saint.

Il mourut à Chalon le 28 mars 593 après une fin de vie faite de privations et de prières.

Quelle époque !

- S'il gèle à la saint Gontran, le blé ne deviendra grand.


29 mars

Saint Jonas

Ce n'est pas le Jonas de la baleine mais un martyr qui vécut en Perse au 4ème siècle. Comme le fouet ne lui faisait rien, on le coupa en morceaux en commençant par la langue puis on le scia en deux.

Sainte Gladys ou Gouladys qui fut mise au calendrier en 1969. Il paraît qu'elle fut reine et femme légère qui finit par changer de vie. Cela se passait dans une province du pays de Galles au 5ème siècle.

Saint Hugues de Vaucelles qui possédait un vautour superbe à qui il rendit la liberté lorsqu'il se fit moine. On dit qu'il continua à être entouré d'oiseaux qui venaient manger dans sa main, mais on n'en sait pas plus.


30 mars

Saint Rieul,

Évêque d'Arles puis de Senlis.

Il guérit la fièvre des jeunes filles en fleur qui rêvent de lui.

Saint Jean Climaque, appelé ainsi parce qu'il composa un ouvrage qui s'appelle "l'échelle du Paradis". (Klimax, en grec, veut dire "échelle".) On le représente avec une échelle à la main.

Son livre décrit les trente degrés de vertus nécessaires pour arriver au ciel.

Il vécut au 6ème siècle dans la région du Mont Sinaï.

Saint Mammertin, vécut dans la région d'Auxerre au 5ème siècle.

Avec son disciple Marien, il appelait les petits oiseaux qui venaient manger dans sa main. Il parlait aux animaux et renvoyait les bêtes sauvages.


31 mars

 

- A la saint Benjamin, le mauvais temps prend fin.

Saint Acace

Évêque d'Antioche mort en 250. Il fut arrêté pendant la persécution de l'empereur Dèce. Il soutint remarquablement ses idées devant le préfet Marcien. Celui-ci, après l'avoir longuement écouté l'acquitta. Les actes de cet interrogatoire existent toujours.

On le représente avec une couronne d'épines. Il est invoqué pour guérir les maux de tête.

Saint Benjamin

Diacre qui, après avoir eut des pointes de roseaux enfoncés sous les ongles, il fut empalé, en Perse au 5ème siècle.

Saint Guillaume d'Oulx, le manchot des Hautes Alpes

Écrit pour le site "Les amis du conte et de l'imaginaire" :
http://www.egroups.fr/group/amisduconte Willy Bakeroot 31/3/00

Guillaume est né à Eygliers, tout près d'Embrun (05) au 12ème siècle.

Le pauvre, il n'a pas eu beaucoup de chance. Ses parents étaient miséreux, et de plus, il est né sans sa main droite. On verra qu'elle naîtra plus tard.

Mais son père et sa mère ne se laissèrent pas aller à la tristesse. Ils élevèrent leur fils dans la droiture, sans gauchissement, et avec la crainte de Dieu.

On lui confia vite la garde des troupeaux. C'étaient les religieux du monastère de Calme qui l'avaient engagé. Ce monastère était construit au confluent de la Durance et du Guil. Les nombreuses donations faisaient qu'ils possédaient de vastes pâturages et beaucoup de bêtes. Guillaume partait pour la saison d'été sur une montagne non loin d'Embrun - montagne devenue d'ailleurs le Mont-Guillaume - et passait le plus clair de son temps dans des paysages grandioses.

Il s'habitua à la contemplation et, grimpant l'échelle mystique que lui offraient les constellations, il se mit à converser régulièrement avec les anges.

Un jour, un ange lui demanda d'aller avertir les moines du monastère de Calme de ce que les bâtiments allaient bientôt être renversés par une inondation. En outre, l'ange leur demandait de reconstruire leur abbaye, un peu plus haut, sur le Mont-Dauphin.

Guillaume alla trouver l'abbé de Calme pour lui faire part du message. L'abbé de Calme lui dit "cool Guillaume, on a le temps de voir !"

Mais Guillaume reçut à nouveau la visite de l'ange qui lui demanda une seconde fois d'aller insister auprès des moines. Guillaume s'empressa de réitérer sa demande. Puis, l'ange lui apparut une troisième fois. Mais pour que le prieur de Calme soit convaincu de ce que Guillaume ne racontait pas n'importe quoi, l'ange fit cadeau à Guillaume d'une belle main droite bien vivante. Cette main miraculeuse fut appelée "la main envoyée du ciel".

"Vous savez, je n'avais qu'une main, mais pour vous persuader que je viens de la part de l'ange, il m'a fait repousser la main droite." L'abbé était suffoqué. Il remercia Guillaume puis courut dare dare faire construire de nouveaux bâtiments sur le Roc du Bouchet devenu le Mont Dauphin, de même que l'abbaye, par une déformation de "Calme", devint l'abbaye de Notre-Dame de Chalp. Quelques temps plus tard, ce fut un désastre. Non seulement l'abbaye fut emportée mais on ne put rien replanter sur le terrain dévasté par les eaux.

Grâce à sa nouvelle main, Guillaume fut admit chez les moines. Bien qu'on le considérât comme un peu simplet, on remarqua qu'il s'intéressait à la philosophie et à la théologie. Il fit de grand progrès. On l'envoya alors faire des études à Embrun puis à Avignon, après quoi il reçut la prêtrise.

Vous voyez que les gens sont tous bien intelligents. Pourtant, il suffit qu'ils montrent une petite différence avec ce qui est considéré comme normal pour qu'on les prennent tout de suite pour des fous. Pour exister et avoir une place au milieu des humains, leur seul expédient qui leur reste alors est, bien sûr, de devenir fous. Jusqu'à ce qu'une merveilleuse histoire reconstruise leur intégrité.

Finalement, il devint prieur de Notre-Dame du Calme et mourut vénéré de tous.

On l'enterra dans la paroisse d'Eygliers.
Le lendemain de ses funérailles, les moines virent une main qui sortait de sa tombe. C'était la main droite, la "main envoyée du ciel". On décida de la recouvrir de terre.

Mais le lendemain, la main droite apparut à nouveau en se dressant vers le ciel. De nouveau on la recouvrit de terre. Mais le surlendemain, la main réapparut encore. Qu'est-ce qu'il fallait faire ?

On alla consulter l'archevêque d'Embrun qui proposa de couper la main et de la garder comme une relique. On la conserva dans l'église d'Eygliers.

On la promenait aux cours d'ostentions qui se tenaient le lundi de Pâques et le dimanche de Quasimodo, avec le concours des paroisses de Guillestre, Saint Clément, Risoul, Réotier.

On représente Guillaume avec son seul bras gauche.

Aujourd'hui, c'est aussi la fête de Nicolas de Flue. Mais c'est une autre paire de manche.