Saint Benoît de Nurcie

(Béni)

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Calendrier mars

 

21 mars

 

Premier abbé du Mont-Cassin - Fondateur des bénédictins.

 

 

B

enoît naquit vers l'an 480 dans la région de Nurcie, en Italie. (Norcia) Aujourd'hui, on appelle cette province : Ombrie.

Son père s'appelait Eutrope et sa mère Abondance.

 

Tout jeune enfant, il était déjà bien vertueux. A l'âge de 7 ans, on l'envoya étudier à Rome. Il y demeura 7 ans, après quoi, écoeuré de la débauche qui y régnait, il quitta Rome, suivit de sa nourrice qui se nommait Cyrille. En passant dans un village (Afide), il fit son premier miracle : une femme avait emprunté un vase de terre à de pauvres gens. Le vase s'était cassé. Benoît prit les morceaux et rendit au vase sa forme originale. En mémoire de ce miracle, les gens attachèrent le vase à la porte de leur église où il resta jusqu'à l'invasion des Lombards.

Comme sa réputation de sainteté nuisait à son humilité, il quitta Afide, en y laissant sa nourrice, et se dirigea dans la montagne de l'Anio, à 50 Km de Rome en un lieu appelé Subiaco. Là, vivaient quelques moines dans la plus stricte austérité.

Hildegarde de Bingen, qui avait pas mal de révélations, assure qu'il y fut conduit par deux anges.

 

 

C

omme il grimpait la montagne, il rencontra un des moines qui s'appelait Romain et qui promit de l'aider à s'installer en ce lieu.

On était en 494. Romain fit cadeau d'un habit religieux à Benoît puis l'emmena dans une grotte profonde et l'y fit descendre.

Benoît vécu là, dans le silence et l'isolement total. Romain, à l'aide d'un panier et d'une corde, lui descendait de temps en temps un morceau de pain pour qu'il puisse se sustenter. Cela pendant trois ans.

Il avait attaché une sonnette au panier, de façon à ce que Benoît soit averti de la chose. Un jour, le Diable cassa la sonnette, mais cela ne découragea pas Romain.

Un jour de Pâques, le curé de Monte-Préclaro, un village situé à près de quatre milles de la grotte, s'était préparé un succulent repas. Dieu lui apparu et lui dit : "mon serviteur meurt de faim dans une caverne, et toi tu te goinfre de mets délicieux ?" A ces mots, le curé se lève, place ses victuailles dans un panier et se met en chemin pour chercher ce "serviteur inconnu".

Après avoir marché longtemps dans la montagne, il finit par trouver une grotte dans laquelle il descendit et y trouva Benoît avec qui il partagea son festin.

Benoît se promenait souvent à l'extérieur de sa grotte. Comme il était vêtu de peaux de bêtes, il effrayait les bergers de la montagne. Ceux-ci n'osaient l'approcher car ils le prenaient pour un monstre.

Ils finirent cependant par l'approcher pour reconnaître qu'il s'agissait bien d'un homme et d'un homme plein de sagesse. Sa réputation de sainteté s'étendit et le gens venaient lui apporter ce dont il avait besoin tout en quémandant quelques paroles réconfortantes.

Mais Satan veillait. Jaloux de cette sainteté naissante, il prit la forme d'un merle et vint voltiger autour de Benoît à qui l'idée d'attraper le merle était bien étrangère. Mais, se doutant que quelque chose n'était pas bien clair dans cette situation, il fit un signe de croix sur le merle qui disparut d'un coup. C'était le Diable.

Au même instant survint en lui une furieuse tentation de la chair. Il était prêt d'y succomber lorsqu'un souffle de l'Esprit lui donna le courage de se mettre à nu puis de se rouler dans un champ d'épines et de ronces. Il s'y roula longtemps et en sortit sanglant mais calmé. Sa concupiscence s'était évanouie.

 

 

P

lus tard, Saint François, en visitant la grotte de Subiaco, embrassera les ronces dans lesquelles s'était roulé Benoît et les transformera en roses. Ces roses ont servi à guérir de nombreux malades.

Depuis cet événement, Benoît fut doué d'une pureté évangélique et Satan n'eut plus aucun pouvoir de le tenter.

Plusieurs habitants de la région vinrent se placer sous son autorité. Comme l'abbé du monastère voisin de Vico-Varo était décédé, il fut élu abbé. Mais comme les moines étaient assez débauchés, il supportèrent mal ce nouvel abbé qui leur imposait la discipline. Ils résolurent donc d'attenter à ses jours et lui présentèrent une boisson dans laquelle ils avaient mis du poison. Benoît fit le signe croix sur la coupe qui vola en éclat.

Benoît dit alors qu'il ne resterait pas plus longtemps en ce lieu. Il retourna alors dans sa grotte.

Mais beaucoup de monde vint en ce désert afin d'imiter Benoît et se mettre sous sa coupe. Il fonda alors 12 monastères dans la province de Valéria. Dans chacun des monastères, il plaça 12 religieux avec, à leur tête, un supérieur. Il fonda aussi un monastère pour sa soeur Scolastique.

Trois des monastères étaient bâti sur des rochers et n'avaient pas d'eau. Péniblement, les moines devaient aller chercher l'eau très loin. Mais Benoît, en frappant sur le roc, fit jaillir un source abondante.

Un jour, un moine qui travaillait avec une hache, donna un si grand coup que le fer se détacha du manche et plongea dans l'eau du lac. Benoît prit le manche, le trempa dans l'eau du lac et le fer remonta à la surface puis revint vers le manche auquel il se fixa. Le moine put continuer son travail.

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E

quice, lui apporta son fils Maur, âgé de 12 ans et Tertulle, un Patrice, lui amena son fils Placide qui avait seulement 7 ans, afin qu'il vivent avec Benoît.

Un jour, Placide, qui était allé puiser de l'eau, glissa et tomba dans l'eau et fut emporté. Benoît fut averti en songe et commanda à Maur d'aller sauver Placide. Maur courut et s'engagea sur l'eau en marchant. Arrivé là ou se noyait Placide, il le tira par les cheveux et le ramena sur la berge.

Un moine se livrait toujours à des activités futiles pendant que les autres étaient à la prière. Benoît en fut averti et alla visiter le monastère où vivait ce moine. Dès son arrivée, il vit qu'un petit enfant noir tirait le moine par le bord de son habit. Il dit au moine "voyez-vous qui tire votre frère par son habit ?" mais seul le moine Maur vit de qui il s'agissait. Plus tard, Benoît frappa le moine fugueur avec des verges et chassa ainsi le malin qui l'entraînait dehors. par peur des coups, Satan n'osa plus troubler le moine.

Un curé, qui s'appelait Florent, en était arrivé à haïr Benoît, lui envoya un pain empoisonné. Mais le saint donna le pain à un corbeau avec ordre de le porter là où personne ne pouvait le trouver. Le corbeau refusa de prendre ce pain empoisonné mais Benoît lui assura qu'il n'en subirait aucun dommage. Le corbeau prit alors le pain et disparut pendant trois jour après lesquels il revint pour trouver sa pitance au monastère.

Le curé furieux engagea 7 filles de mauvaise vie et les fit entrer secrètement au jardin du monastère. Elle y dansèrent et chantèrent toutes nues, de façon impudique. Benoît, dare dare quitta le monastère avec ses moines en cédant la place à l'envieux Florent. Celui-ci tout heureux, les regardait partir depuis une terrasse mais, tout à coup, la terrasse s'effondra et tua Florent.

Maur, tout joyeux, lui apprit la mort de Florent. Mais Benoît lui imposa une pénitence pour son manque de charité.

Saint Grégoire qui fut le premier à écrire la vie de saint Benoît affirme qu'il était rempli de l'esprit de Moïse en faisant jaillir de l'eau d'un rocher, de l'esprit d'Élie en se faisant obéir par un corbeau, de celui d'Élisée en faisant nager le fer sur les eaux, de l'esprit de Saint Pierre en faisant marcher Maur sur les eaux, de l'esprit de David en pardonnant à celui qui voulait sa mort.

 

 

D

ieu lui fit connaître qu'il devait se rendre à Monte Cassino (Mont Cassin) dans le royaume de Naples. Deux anges en forme de jeunes hommes l'y conduisirent.

Après quarante jours de jeûne sur la montagne, Benoît se mit à renverser l'autel du temple d'Apollon puis à transformer le lieu en un oratoire auquel il donna le nom de Saint Martin. Puis il en bâtit un autre au nom de Saint Jean-Baptiste. Puis il travailla à convertir la population des environs. Nous sommes en 529, sous le règne d'Athalaric, roi de Goths d'Italie et sous le pape Félix IV.

Satan était horrifié. Il se mit à persécuter Benoît à tous moments. Il jetait du feu par les yeux, la bouche ou les narines. Mais Benoît n'y faisait pas attention.

Un jour que les frères bâtisseurs voulurent soulever une pierre, Satan se mit dessus et rendit la pierre si lourde qu'il était impossible de la soulever. Benoît vint et par un signe de croix sur la pierre, la rendit très légère à transporter.

Sous la pierre, on trouva une petite statue en cuivre qu'on transporta dans la cuisine. Mais il y apparut un très grand feu qui semblait vouloir consumer tous les offices malgré l'eau qu'on jetait dessus. Benoît vint encore et fit comprendre au moine qu'il s'agissait d'une flamme imaginaire et que c'était un prodige de Satan qui voulait leur faire peur.

Un jour, le démon entra dans la cellule de Benoît pour lui dire qu'il allait visiter ses travailleurs. Or, des moines étaient en train de monter un mur. A peine avait-il quitté la cellule que le pan de mur s'effondra sur les moines et tua un enfant. On amena l'enfant à Benoît qui le ressuscita puis commanda qu'on reconstruisit le mur. La maison fut ainsi achevée.

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Totila, roi des Goths, ravageait l'Italie. Ayant appris l'existence de Benoît et sa réputation de grand prophète, il décida de le rencontrer. Pour mieux éprouver le saint, il fit revêtir les habits royaux à un de ses écuyers afin de voir si Benoît s'y laisserait tromper. Mais Benoît, en le voyant lui dit "Mon fils, quittez ces ornements royaux, ils ne vous appartiennent pas". Alors devant ce miracle, tous se prosternèrent puis allèrent raconter le fait à Totila.

Totila vint alors et se prosterna devant Benoît qui lui dit de se relever. Comme Totila restait prosterné, Benoît vint lui-même relever Totila. Puis il le reprit de ses crimes : "vous avez fait beaucoup de mal !" "il est temps que vous mettiez fin à vos iniquités. Vous entrerez dans Rome, vous passerez la mer, vous régnerez neuf ans et au dixième vous mourrez !"

Un jour, un personnage de haute condition avait fait envoyer deux flacons de vin par son valet. En route, le valet en cacha un et se contenta d'offrir l'autre. Comme il s'en allait, Benoît lui demanda de faire attention à ne pas boire le contenu du flacon qu'il avait caché sans s'assurer de ce qu'il y avait dedans. Le jeune homme en fut bien étonné. Plus loin, il ouvrit le flacon et en vit sortir un serpent.

Benoît pénétrait les pensées de ceux qui venaient le trouver. Un jour qu'il avait envoyé un de ces moines exhorter des religieuses, celles-ci lui firent cadeau de petits mouchoirs qu'il prit et les cacha dans son sein. Dès qu'il fut de retour et sans avoir rien dit, Benoît le réprimanda et lui reprocha d'avoir failli au voeu de pauvreté et à celui d'obéissance. Le pauvre religieux se prosterna pour demander pardon et jeta au loin les mouchoirs des religieuses.

Par un temps de famine, des religieux s'inquiétèrent de ce qu'ils allaient manger le lendemain. Benoît leur reprocha leur peu de foi. Le lendemain, on trouva deux cent mesures de farine, à la porte du monastère, sans qu'on pût savoir qui les avait apportées.

Dans un couvent qu'il avait fait construire pour des religieuses, deux soeurs de grande naissance maltraitaient souvent le religieux qui faisait office d'aumônier. Benoît leur demanda de corriger leur langue - sous peine d'excommunication - mais elles ne se corrigèrent pas. Elles moururent deux jours après. On les enterra dans l'église, mais chaque fois que le diacre disait - comme à l'ordinaire - "que ceux qui sont excommuniés sortent de cette église", on les voyait se lever de leurs tombeaux et sortir de l'église.

Un autre histoire semblable est arrivée à un moine qui aimait fort ses parents. Un jour; il alla les voir sans la permission de l'abbé. Il mourut en arrivant chez eux. On l'enterra mais la terre le rejetait à chaque fois ??? Alors, on mit une hostie consacrée sur le ventre du mort et la terre ne le rejeta plus.

Un autre qui voulait quitter le monastère se vit rejeter sa demande. Alors il se mit à vivre licencieusement et avec scandale dans le cloître. Il subit donc le bannissement. Mais à peine fut-il dehors qu'il vit arriver un grand dragon furieux qui voulait le dévorer. Il appela à l'aide et on le rattrapa pour le remettre à l'intérieur du monastère. Là, il se calma et vécu dans la sainteté.

Benoît guéri aussi un jeune garçon couvert de lèpre ainsi qu'un homme qu'on avait empoisonné. Un jour un homme vint le trouver en lui disant qu'il devait une forte somme d'argent mais qu'il n'avait pas de quoi payer. Benoît exhorta l'homme à la patience. Le lendemain, l'homme revint et trouva, sur le coffre du monastère, la somme dont il avait besoin. On ne su jamais qui l'avait apportée là.

Un soir qu'il voulait quitter le monastère dans lequel il avait passé la journée avec sa soeur Scolastique, elle le pria de passer la nuit et de s'en aller seulement le lendemain. Comme il refusait, elle appuya sa tête sur ses mains pour prier et répandre un torrent de larmes. Dès qu'elle se releva, l'orage éclata et la pluie tomba si fort que Benoît accepta de rester avec elle. En pleurant, elle avait fait venir la pluie. Il resta avec elle toute la nuit.

On ne sait pas exactement quand il composa sa règle, mais Hildegarde de Bingen, dans ses "révélations" affirme qu'il la composa alors qu'il était encore à Subiaco. Sa règle servi de modèle à beaucoup de fondations. Elle fut transportée en France par Saint Maur, en Sicile par saint Placide et en Sardaigne par saint Raynère

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I

l mourut debout, le samedi saint de 543. Il fut inhumé dans la chapelle de saint Jean-Baptiste. Mais le religieux de Fleury, en France revendiquent la possession de ses reliques. Comme d'habitude, les querelles ont fait rage autour des restes sacrés.

La famille de Orsini (des Oursins) le revendiquent comme membre de leur sang.

On l'invoque contre les maléfices, les empoisonnements, l'érésipèle, la pierre et la gravelle. Henri II, empereur d'Allemagne fut guéri de la pierre en invoquant saint Benoît.

Il paraît que dans la grotte de Subiaco, il y a un statue de saint Benoît à l'âge de 15 ans. De temps en temps, elle sue, surtout la veille de calamités. On peut récupérer la sueur pour se l'appliquer où l'on veut et obtenir ainsi de nombreuses grâces.

 

On prête bien d'autres merveilles à saint Benoît, mais ce serait trop long à raconter ici.

 

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