Saint Boniface de Lausanne

19 février

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Que voulez-vous que la bonne y fasse ?

(Bonne face) 13ème siècle

Oui, je reconnais, c'est un calembour facile, mais la mythologie n'est-elle pas une immense chaîne de calembours libidineux et copulatifs, rassemblant les contraires en de savants oxymorons. Elle assure sa pérennité par les néologismes et les forgeries, les anagrammes, les apocopes, les aphérèses et autres prosthèses, paragogues, épenthèses, métathèses, paranomases, verlans ou argots. (oui ! regardez dans un dico, c'est riche de possibilités)

Boniface était un Belge émigré en Suisse. Ca ne change pas tellement. Ce n'est pas vraiment un oxymoron. Il était né à Bruxelles vers 1188.

Notez que ce Boniface n'est pas celui des saints de glace du 14 mai. Pourtant, il y serait mieux placé car le Boniface de mai est bien plus chaud que celui-ci. Figurez-vous que, quand il était petit, le Boniface d'aujourd'hui, il était si "attiré par la pureté" (attiré ou atterré ?) que lorsque ses parents l'embrassaient, il s'essuyait ou se lavait la figure. Il devait être glacial.

Boniface était tellement culpabilisé qu'il était sans cesse en train de regretter ses fautes en pleurant abondamment. Tout ce qui pouvait lui donner un peu de plaisir, il le compensait par des macérations infinies. Il portait toujours une ceinture de crins piquants.

Vers l'âge de 17 ans, Boniface se rendit à l'université de Paris. A l'époque, il n'y avait pas d'université dans les Pays-Bas.

Il s'y distingua, devint professeur et aussi prêtre.

Il y avait sept ans qu'il enseignait à Paris. C'est alors que survint une révolte des "écoliers".. On n'en voulait plus. Comme plus personne ne venait à son cours, il partit pour Cologne où il enseigna pendant deux ans, jusqu'en 1232.

Puis, ayant appris sa réputation, la Suisse le nomma d'office évêque de Lausanne.

Après quelques années, on ne sait quel pape, excommunia Frédéric II. (ça ne l'a pas empêché de faire partie de la 6ème croisade) Or Frédéric II avait tout pouvoir sur la Suisse. Quand il apprit que Boniface avait voté pour son excommunication, il envoya 200 de ses soldats pour le tuer. Deux cavaliers l'attachèrent à un cheval pour l'emmener hors de la ville et le faire tomber dans une embuscade. Mais un des cavaliers, favorable à Boniface, parvint à le délivrer.

Désolé que tant de misères lui arrive dans un pays pourtant si propre et si discipliné, il résolut de rentrer en Belgique. Il s'installa à l'abbaye de la Cambre près de Bruxelles.

Il prédisait des événements qu'il voyait en songe. Il prédit ainsi la défaite de Saint Louis, roi de France. Ca le vengeait un peu de ses malheurs parisiens. Mais il prédit aussi la défaite du Comte de Flandre.

Il continuait à être obsédé par ses fautes. Il demandait constamment à Dieu de lui pardonner. Un jour, Dieu devait en avoir marre, il lui apparut pour lui confirmer qu'il était entièrement pardonné.

Il se mit alors à désirer voir la Sainte Vierge. Elle finit par se présenter à lui. Elle était vêtue d'habits somptueux et accompagnée d'un cortège de vierges et de Saint Jean Baptiste vêtu somptueusement, lui aussi. Ca ne lui ressemble pas, lui qui préfère toujours la peau de mouton et les poils crasseux. Boniface conversa toute une nuit avec ce beau monde.

Une nuit de Noël, alors qu'il ne pouvait assister à la messe de minuit en raison de sa faiblesse, la Vierge lui apparut et posa son enfant sur le lit de Boniface. "Il put le contempler à loisir".

Il guérit de nombreuses personnes, énergumènes, épileptiques, fiévreux, et même il rendit la parole à un homme dont le démon avait lié le larynx pour qu'il ne puisse pas confesser ses fautes.

Il mourut le 19 février 1265 après avoir tout confessé et protesté de ce qu'il avait toujours vécu conformément aux maximes évangéliques.

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