Saint Corentin - Kaourintin - Kaour

12 décembre

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(Celtique : "Carent" : parenté, entourage ou "kar" : ami)

 

Joli nom Corentin. Il tourne autour de "coeur", comme Corinne. C'est un saint qui fut si populaire en Bretagne que parfois, on en vint à appeler les Bretons des Corentins.

On le fait naître vers 375 dans le pays de Kerné. Il est probable que son père fut un "beur", émigré de Grande-Bretagne, alors que Corentin est né en Bretagne.

Le père Lobineau le fait mourir en 530 ? Les petits Bollandistes en 460.

Il fut évêque d'une ville qui par la suite pris son nom : "Quimper-Corentin". Kemper, en breton signifie "confluent". La cathédrale de Quimper est bâtie au confluent de l'Odet et du Frout.

Les révolutionnaires de 1789 avaient appelé la ville "Montagne sur Odet" ??? Une manière d'occulter le sens, l'origine et de supprimer Corentin.

Le petit Corentin était très pieux et devint assez vite un amoureux de la solitude. Dès qu'il eut obtenu les ordres sacrés, il se retira dans un ermitage de la région de Plomodiern. Là, il devint grand ami avec un autre solitaire : saint Primaël. A eux deux, ils vivaient dans les bois sans s'occuper trop de leur nourriture car Dieu y pourvoyait.

Corentin savait faire jaillir des fontaines. Ainsi, Primaël, âgé et plein de rhumatisme, devait aller très loin de sa cabane pour aller chercher de l'eau, mais Corentin fit sourdre une fontaine tout près de la cabane. Pratique non ? l'eau courante à domicile pour pas un rond.

Mais la qualité majeure de Corentin était de trouver du poisson partout. Il en voyait même là où il n'y en avait pas. Mais il en pêchait un et le multipliait pour nourrir les animaux qui venaient lui rendre visite dans son ermitage. Pas besoin d'aller au supermarché.
Mais c'est aussi de cette façon qu'il nourrissait ses hôtes.

Il avait un poisson dans sa fontaine. Chaque matin, il se levait et allait se couper une tranche de son poisson afin de se sustenter. Puis il remettait les arêtes dans la fontaine et, le lendemain, il retrouvait son poisson reconstitué et tout frais. Il faut dire qu'il avait soin de ne pas abîmer la tête.

Un jour, Gradlon, roi de Cornouailles vint le visiter. Le poisson alors se démultiplia tout seul et il put nourrir abondamment le roi et sa suite.

Une autre fois, ce furent les évêques saint Mélaine et saint Paterne qui vinrent chez lui. Dans la fontaine affluèrent alors un nombre considérable d'anguilles. Il put non seulement monter une belle table mais aussi varier le menu en y rajoutant des anguilles

Même, paraît-il, que cette fois là, la fontaine aurait donné du vin.

A la mort d'un évêque, Gradlon lui demanda d'accepter la responsabilité de l'évêché. Corentin accepta et partit à Tours pour se faire sacrer et faire reconnaître son évêché.

Gradlon ravi lui fit cadeau d'un palais qu'il avait fait bâtir au confluent de l'Odet et du Frout, afin qu'il y fit bâtir une église et qu'il y fonde un chapitre de chanoines.

Il passa son temps entre la direction de l'évêché et des séjours dans son ermitage.

Quand il mourut, on l'enterra dans la cathédrale. Il y eut, comme d'habitude, beaucoup de miracles sur son tombeau.

On raconte qu'une femme ayant promis d'offrir de la cire à l'église, afin d'y fabriquer des cierges, arriva à l'église pour y faire son cadeau. Comme elle tendait la main qui tenait le paquet de cire, elle se rétracta par avarice. Mais sa main se ferma si fort qu'elle ne put l'ouvrir. Il fallu deux apparitions de Corentin pour qu'elle soit guérie de son mal, et, sans doute aussi, de sa cupidité.

Un autre jour, des malfaiteurs avaient enfermé un homme dans un coffre pour le faire mourir de faim. Mais Corentin lui apparut et ouvrit la serrure qui maintenait le coffre fermé.

Au moment de l'invasion normande, en 878, les reliques de saint Corentin furent emmenées en France par Salvator, l'évêque d'Aleth. Il emmenait d'ailleurs avec lui une série impressionnante de cadavres de saints de toutes sortes afin de les soustraire aux féroces Normands. Ca devait faire un beau cortège !

Les reliques furent disséminées dans plusieurs églises après qu'on eut coupé ces saints en morceaux. Il y en a même qui sont parvenues jusqu'à Paris, à Saint Jacques-du-Haut-Pas.

Mais, en 1625, après bien des péripéties dans les compétitions nombreuses pour récupérer des morceaux de saints, Quimper triompha en recevant un bras de saint Corentin. Pendant la révolution, il fut sauvé de la Cathédrale par des fidèles. Curieusement, les petits Bollandistes disent qu'en 1809, Tours qui ne possédait plus qu'un petit ossement de saint Corentin, en fit cadeau à l'évêque de Quimper : Monseigneur de Dombidau de Crouseilhes. Celui-ci déposa la relique dans sa Cathédrale. Alors, est-ce un bras, ou un petit os ?

Si quelqu'un d'entre vous habite Quimper, et s'il n'est pas noyé par les inondations, il peut aller à la Cathédrale pour se renseigner sur les morceaux de saint Corentin qui y restent. Ca m'intèresserait bien. De toutes façons, c'est un bel objectif de balade un dimanche après-midi de pluie.

Il pourra y remarquer une statue du roi Gradlon sur son cheval.

On le représente en train de faire jaillir une source ou couché dans sa cabane et découvert par un prince chasseur.

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