Dominique
(seigneur)

chien du Seigneur, Seigneur chien

4 août

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Calendrier août

Saint Dominique de Gusman

 

Les historiens sont d'accord pour fixer la date de la mort de saint Dominique au 6 août.
Mais comme le 6 août est la fête très importante de la Transfiguration, Dominique s'est vu rétrograder au 5 août.
Ensuite, on s'est aperçu que Dominique occultait quelque peu la fête de Notre Dame des neiges au 5 août. Or, cette fête est une des plus ancienne de la chrétienté. Elle fête la première église de Rome consacrée à la Vierge Marie. Un noble romain et sa femme, sous le pontificat de Libère, vers 368, étaient tristes de ne pas avoir d'enfant. Il décidèrent alors que la Vierge Marie serait l'héritière de tous leurs biens. Celle-ci leur apparut et leur demanda de construire une église sur le mont Esquilin. Pour preuve, elle leur dit qu'en y montant, ils trouveraient de la neige là où elle voulait que l'église soit construite.
Ils y allèrent et trouvèrent de la neige. L'église fut construire et reçu le vocable de Notre Dame des neiges. Elle devint ensuite Sainte Marie Majeure.

C'est donc une des raisons pour laquelle saint Dominique rétrograda encore au 4 août. Le pape Grégoire IX, en 1234 à fixé la fête au 4 août.

La date du 8 août a été choisie pendant le concile de Vatican II. Il ont changé pas mal de dates sans qu'on puisse savoir exactement pourquoi.

Ceux qui sont pour le nouveau calendrier fêteront les Dominique au 8, les traditionnels le fêteront au 4 août. Ceux qui n'ont plus de rapport au temps le fêteront n'importe quand.

On a beaucoup écrit sur lui, c'est un Saint bien historicisé, donc difficile à mythifier. Quoi qu'il en soit, il est resté dans la zone caniculaire. Il fait partie des Saints caniculaires. Dominique contient implicitement "Domini canes" : chiens de Dieu.

Sa mère, étant enceinte, fit un rêve dans lequel il lui semblait porter dans son sein un petit chien qui avait une torche enflammée dans sa gueule. En sortant du ventre de sa mère, il embrasa la terre entière. C'est un thème que l'on retrouve à d'autres endroits dans la mythologie. La mère enceinte de Saint Bernard de Clervaux rêva d'un chien blanc au dos roussâtre. On lui prédit qu'il serait un grand prédicateur qui aboierait contre les hérétiques. (Voir aussi la légende de Pâris)

Il faut dire que la mère de Dominique fit son rêve après avoir été en pèlerinage à Saint Dominique de Silos, bénédictin fêté au 20 décembre. Elle donna à son fils le nom du grand Saint de Silos.

Saint Dominique de Gusman naquit en Espagne à Calahorra, de famille noble. Il était le troisième fils après Antoine et Mannès. C'était aussi un espagnol pur et dur. On dit même que la pluie ne le mouillait pas et qu'après une averse il restait toujours aussi sec.

Les petits Bollandistes disent "qu'il n'eut presque rien de l'enfance que la petitesse et l'impuissance corporelle. Son esprit s'ouvrit en peu de temps et ce fut avec bonheur qu'on voyait dès lors en lui la présence et la maturité d'un vieillard."

Bien sûr, il était encore en nourrice qu'il commençait déjà les mortifications. C'est déjà à ces âges que la Vierge lui proposa les ingrédients pour fabriquer le Rosaire, un super-chapelet de 15 dizaines d'Ave Maria. Il ne buvait jamais de vin, sauf coupé d'eau, en raison de la faiblesse de son estomac, et dormait sur le plancher de sa chambre. A l'âge de 14 ans on l'envoya à l'université de Palencia où il fit de grands et rapides progrès.

Il prit l'habit religieux à 25 ans et devint prêtre. Il se lança alors dans une vaste campagne de lancement du Rosaire.

Il prêcha sur toute la côte de la Galice. Il y ressuscita une fille nommée Alexandre qui était morte cinq mois auparavant sans avoir pu se confesser. Elle ressuscita pour bénéficier de la confession. On ne dit pas si elle mourut à nouveau.

Un jour qu'il prêchait sur le bord de la mer, des pirates Turcs le firent prisonnier et l'embarquèrent. Mais à peine Dominique était-il dans le bateau qu'une forte tempête éclata. Les pirates eurent peur et se convertirent au vrai Dieu, alors la tempête s'apaisa.

Il prêcha ensuite en Castille et en Aragon. Alphonse VIII, roi de Castille se convertit et se mit à dire assidûment le Rosaire. Sa vie changea alors. Il fit une grande bataille à Miramolin où il massacra deux cent mille hommes puis il revint paisiblement dans ses possessions pour y réciter tranquillement le Rosaire .

Dominique avait beaucoup écrit et partait en guerre contre les écrits des impies qu'il jetait dans de grands feux. (Ce fut une habitude prise par ses successeurs) Les écrits s'y consumaient en un instant mais lorsque les impies jetaient dans le feu les livres de Dominique, le feu les rejetaient systématiquement sans les brûler.

Il prêcha longtemps contre les albigeois. Grâce au Rosaire ils furent nombreux à se convertir.

Le 22 décembre 1216, le Pape Honorius consacra l'ordre des frères prêcheurs : les Dominicains.

A Toulouse, Simon de Montfort et l'évêque Foulques lui construisirent un monastère. Les vocations commencèrent à arriver en même temps que la flamme du combat contre les hérétiques.

Il vint à Paris où il retrouva quelques religieux qui avaient déjà quelques bâtiments pour y loger ainsi que la chapelle Saint Jacques (qui donna son nom à la rue Saint Jacques) On les appela les Jacobins.

Un jour où il devait prêcher sur le Rosaire, la Vierge lui apparut et lui imposa le thème de son sermon : l'Annonciation. Quatre libertins le raillèrent, mais le lendemain, ils s'entre-tuèrent et moururent misérablement. Or Dominique, dans son sermon, avait dit que quelques-uns de ses auditeurs, s'ils ne se convertissaient pas, ne verraient pas la fin du jour suivant.

"Dominique était joyeux et doux. Il était de taille moyenne, son visage était beau et un peu coloré. Ses mains étaient longues et belles, sa voix claire et noble. Il ne fut jamais chauve. Il faisait beaucoup de miracles." A Rome, il ressuscita 3 personnes. (Petits Bollandistes)

Son ordre prospérait surtout en Espagne. Le pape Grégoire IX chargea les dominicains "de rechercher les erreurs religieuses, de les mettre au grand jour et de provoquer leur répression." En Espagne, le tribunal de l'inquisition était toujours dirigé par un dominicain.

Au moment de sa mort, il ne voulut pas qu'on le couche sur un lit. Il accepta une paillasse puis voulut reposer sur la terre. "Il fit sa confession générale avec autant de larmes que s'il eût commis tous les péchés du monde". Il reçut les derniers sacrements puis donna sa bénédiction à ses frères. On dit qu'alors "il fulmina en malédiction contre ceux qui corrompraient ou altéreraient les constitutions de son ordre". Puis il mourut le 6 août 1221. On l'inhuma dans son église de Bologne.

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Les petits Bollandistes n'écrivent pas un mot sur les bûchers de l'inquisition. Favorisés par l'action et les prêches des dominicains, ces supplices enfournèrent des milliers de pauvres gens, surtout des femmes, qui n'avaient que le tort d'être roux, marginaux ou encore gêneurs. Ils furent, pour la plupart dénoncés par des enfants.

On a certainement exagérément diabolisé les faits de l'inquisition. Mais il y avait de quoi. N'empêche que le concile de Vérone en 1183, ordonnant aux évêques de livrer à la justice ceux qui refuseraient de se convertir, ouvrit la porte à une immense rôtisserie qui s'étendit à toute l'Europe et qui fut seulement abolie par Napoléon Ier en 1808, puis rétablie de 1814 à 1834.

Le pape Grégoire IX organisa, en 1233, un tribunal spécial qu'il confia aux dominicains. Ceux-ci ne se privèrent pas de répandre abondamment le poison de cette activité tout de même pas très catholique. Les grands manitous de ce mouvement furent, en Espagne, Thomas Torquémada ainsi que François Jiménès de Cisneros et à Bordeaux, Pierre de Lancre qui, à lui tout seul, s'occupa de quelques milliers de dites "sorcières".

Les auteurs du "Malleus maleficorum" sont deux dominicains du nom de Henri Institor (Kraemer) et Jacob Sprenger. Ce traité fut un sorte de "manuel" du bon inquisiteur. Un autre dominicain catalan, Nicolas Eymerich rédigea vers 1376 le "Directorium inquisitorium" véritable mode d'emploi inquisitorial.

Peut-on ne pas être ambigu devant le personnage de Dominique qu'il est difficile d'approcher avec nos catégories mentales d'aujourd'hui ? (nos mythes)

Comme tous ces grands "magnats" de l'industrie institutionnalo-religieuse, on peut le suspecter de s'être livré à sa volonté de toute-puissance, c'est-à-dire à ce qu'il y a de plus sauvage en nous et qu'il métamorphosait en un Dieu exigeant. On dit qu'un de ses "passe-temps" favoris était de fixer, pendant des heures, un Christ en croix, image de sa mélancolie profonde. Mais si les "domini-chiens" du seigneur aboient, la caravane ne fait pas que passer. Ils ont entraîné avec eux une kyrielle de crimes, souffrances et misères et l'institution a "marché".

Les faits obéissent à des mythes forts ? Quand je dis "mythe fort", j'entends "Parole forte" et convaincante. Dominique était d'abord un grand "parleur", donc un fabriquant de mythes. Un conteur prestigieux qui enflamma l'Europe toute entière avec le feu purificateur. A quels mythes obéissait-il ? Quelles étaient les multiples facettes des mythes qui l'avaient constitué ? Qu'est-ce qui les différencie des mythes qui nous constituent ?

Et puis, est-il possible que les Hommes fonctionnent autrement qu'a travers les mythes dans lesquels ils baignent, eux qui sont constitués par la parole toute-puissante de leurs parents et qui, possédés, n'ont qu'un seul désir : la répéter ?

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